Rentrée séries TV US 2011

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Depuis maintenant une bonne dizaine d’années la télévision américaine vit un âge d’or incontestable. Profitant de la notable baisse qualitative du cinéma hollywoodien, et de budgets plus élevés, le petit écran est devenu le refuge narratif de scénaristes inspirés. Les créateurs de séries sont désormais les nouveaux moguls, Marc Cherry, Vince Gilligan, Shawn Ryan, Davis Simon, Ronald D Moore, ils ont les coudées franches pour s’exprimer sur la longueur, dans un confort que le 7ème Art obsédé par une rentabilité toujours plus poussée ne peut plus offrir. Il n’empêche, malgré l’extrême liberté octroyée par les chaînes du câble, de la vétérante HBO à ses petites sœurs AMC, Showtime, ou Starz, qui ont parfois poussé les grandes chaînes nationales à s’ouvrir à plus de risques, le règne de l’audience est toujours le facteur premier [...]

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Shame

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Steve McQueen le réalisateur s’était fait un nom dès son premier long, Hunger, récompensé à Cannes par la Caméra d’or. Film coup de poing autant sur le fond que dans une forme brute et sensitive, parcourue de scènes dispositifs comme autant d’échos aux revendications et au martyr de son héros Bobby Sands, leader d’une grève de la fin dans une Irlande déchirée. Le déchirement intérieur est le thème parcourant aussi Shame, où l’on retrouve son acteur alter ego, Michael Fassbender. Hunger fût un premier film remarquable, mais pêchait peut-être justement par des parti-pris si tranchés qu’ils sonnaient parfois comme des gimmicks un peu forcés. Un deuxième film est souvent l’occasion de polir les défauts du premier essai, et Shame réussit avec brio cette transformation formelle. Il est alors vraiment paradoxal et décevant de constater à quel point le récit d’un film qui ne parle que de ça manque à ce point de corps [...]

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Time Out

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Andrew Niccol revient à la science-fiction, et c’est le souvenir lointain mais tenace de Bienvenue à Gattaca qui refait surface. L’une des œuvres d’anticipation les plus singulières et convaincantes de ces dernières années. C’est dire si l’on est confiant à l’approche de Time Out, dont le concept du temps comme monnaie du futur semble un écrin idéal pour que s’exprime avec acidité et mélancolie l’auteur de Truman Show et de Lord of War [...]

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Les Aventures de Tintin : le Secret de la Licorne

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Tintin fût très longtemps une chimère pour tous ceux, spectateurs ou réalisateurs, qui désiraient l’adaptation cinématographique idéale. La prise de vue réelle avait échoué à rendre l’univers d’Hergé crédible à l’écran. L’animation ne fît guère davantage qu’une plate illustration ne faisant pas vraiment honneur à un matériau d’une telle richesse. En sortant des Aventures de Tintin : le Secret de la licorne, on se rend compte à quel point Steven Spielberg était le parfait candidat pour s’emparer de cette œuvre, mais aussi, et surtout, pour se la réapproprier. Puisqu’on n’adapte vraiment qu’en trahissant (avec respect), au revoir la ligne claire, au revoir aussi les acteurs et l’animation, et célébrons dans une euphorie palpable l’avènement de la performance capture. [...]

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The Artist

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C’est un film en noir et blanc, muet, et français (aïe) qui a fait l‘évènement à Cannes en mai dernier. Ce film n’est ni une vieille reprise reliftée en HD, ni une précieuse trouvaille dénichée au fin fond du grenier d’une cinémathèque argentine. C’est simplement le pari fou d’un réalisateur qui trace discrètement un chemin remarquable, allié à la star la plus bankable de notre hexagone. The Artist, de par son parti-pris et les personnes engagées, est une curieuse anomalie, un évènement anachronique. Mais quelle utilité de donner un aussi grand coup de rétro ? Ne peut-on pas se passer de regarder sans cesse en arrière dans un 21ème siècle définitivement plus recycleur que spirituel ? Est-on en train de se faire salement buzzer la gueule sur un truc snob qui alimentait les soirées de l’ambassadeur et les parties des gratte-papiers en costards cravates ? Voir un long-métrage muet N&B dans la plus grande salle de l’UGC ciné cité sans lunettes qui piquent les yeux est-il un signe de fin du monde imminente ? Mais pourquoi diantre tant de questions pour un suspense introductif qui ne tient pas deux secondes ? [...]

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Drive

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Dans une vie de cinéphile, on entretient parfois des rapports assez complexes avec certains cinéastes, dont on suit l’évolution avec autant d’intérêt que de perplexité. Surtout en cette période où l’on cherche tout de même une certaine relève, à l’heure où nombre de réalisateurs ayant éclos dans les années 80 et 90 périclitent dans la redite où une retraite anticipée. Les années 2000 furent peu fructueuses en nouvelles jeunes pousses capables de confirmer sur la longueur. Nicolas Winding Refn explore à sa façon un cinéma de genre ayant un peu de mal à se relever du postmodernisme tarantinien. Il fût frappant dès ses premiers essais que le bonhomme n’était pas dénué de talent. Mais, personnellement, ses performances s’accompagnaient toujours d’une certaine réserve, justement par leur caractère un peu forcé, leur forme trop appuyée. Les pères tutélaires Scorsese et Kubrick notamment, planent lourdement au-dessus des épaules d’un élève doué, qui peine quand même pas mal à trouver SA touch. On retrouve dès les premiers plans de Drive, sa première commande américaine (mais pas son premier film yankee, voir Inside Job), un sens esthétique certain, un amour de la belle image, une capacité à embarquer le spectateur dans une ambiance particulière [...]

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Terra Nova

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Depuis le 20 septembre c’est la rentrée télé aux USA, une période où des dizaines de nouvelles séries vont au casse-pipes, un embouteillage de shows avec mort au tournant inévitable pour une bonne portion. Car c’est le royaume de la concurrence des audiences, et chaque année de nombreuses séries n’auront même pas le droit à une première saison entière ! Grâce à mon Oncle d’Amérique (Burt, super sympa), je peux suivre quasiment en temps réel cette actualité surchargé et jouer au chercheur d’or. Mais comme au temps du Far West, et même si la production américaine est encore la meilleure au monde, il y a plus de mauvaise terre que de métal précieux. Certaines séries font l’évènement bien avant le mois de septembre, attendues comme des blockbusters ciné pendant des mois, voire des années. Terra Nova est une série de SF mise en chantier début 2010. [...]

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Super

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James Gunn est l’iconoclaste auteur du remarqué Horribilis, petit film d’horreur au gore potache, assez bien troussé et suffisamment inventif et comique pour marquer les esprits. Le côté sale gosse du réalisateur est de retour avec un projet qui rappelle le récent Kick-Ass de Matthew Vaughn. En effet, Super raconte les (més)aventures d’un homme comme les autres (bon ok, encore une fois un loser, qui perd sa femme droguée par un gangster, mais merde, sa femme c’est quand même Liv Tyler !… [et ta soeur, paye tes rimes en –er] même si c’est plus la fraîche elfe d’antan… hmmmm… fin de la parenthèse, c’est bien long comme parenthèse pour une intro) pauvre homme qui va, grâce à une intervention divine, littéralement (à noter que dieu est la voix de Rob Zombie), trouver la révélation qui lui permettra de reprendre du poil de la bête : il est l’élu, tadaaa ! Et donc, va se déguiser comme dans un mauvais cosplay. Et s’armer d’une clé à molette. Logique. Shut up crime ! [...]

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Melancholia

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Jadis cinéaste inventif qui savait ruer dans les brancards avec malice et intelligence, on ne sait plus trop si on doit attendre quoi que ce soit de l’iconoclaste Lars von Trier. Lui qui se dit hypocondriaque et dépressif chronique s’est longtemps nourri de cette personnalité torturée pour livrer des œuvres esthétiques et polémiques. Rare auteur évitant de s’enfermer dans un style, il fût longtemps le fer de lance européen d’une recherche visuelle en perpétuelle mutation. Mais depuis quelques années, l’abonné du festival de Cannes peine à convaincre et à se renouveler, comme si la Palme d’Or acquise en 2000 pour son mélo musical lui maintenait une pression telle qu’il en avait perdu une certaine liberté, et sa spontanéité créative. Dogville se débarrassait alors des oripeaux visuels jusqu’au moindre décor pour mettre à nu une mécanique sadique bien trop connue. Il a ensuite appuyé la manœuvre avec une suite passée inaperçue. Le Direktor, comédie pas drôle et pas filmée (grâce à un procédé inutile de « cadrage automatique »), a fait logiquement un flop. Et enfin, Antichrist marquait un retour maladroit vers de la provocation si facile qu’elle en devenait ridicule [...]

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La Planète des singes : les origines

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La Planète des singes. Un titre aujourd’hui synonyme d’une saga trop exploitée en films et série tv médiocres, jusqu’au coup de grâce du remake burtonien, réalisé il y a maintenant 10 ans. Beaucoup ne se rappellent du film original que de son traumatique twist final. Tout portait à croire que la franchise avait été sucée jusqu’à la moelle, et qu’on pouvait laisser reposer les singes en paix (dans les zoos là où ils doivent être, non mais !). Hollywood n’étant jamais à court d’idées foireuses en cette période de recyclage intensif, la Planète des singes aura donc son film « origines ». Soupirs et consternation compréhensibles à l’annonce du projet, et à la vision d’une bande-annonce peu engageante. Néanmoins, il faut toujours une exception à la règle… Et le film de Rupert Wyatt se pose comme le petit miracle d’un été, qui, peu après Super 8 (et par la faute d’une distribution frileuse) doit trouver ses surprises dans des revivals réussis [...]

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