Posté le 7 mai 2013 par
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Ce premier semestre 2013 nous a offert de grands films formalistes, de Korine à Malick, en passant par le retour gagnant de Wong Kar-Waï. Au point que l’histoire semble totalement secondaire, si fusionnée avec la réalisation, dirigée par la mise en scène. Park Chan-Wook, malgré sa réputation et son Old Boy culte (il y a 10 ans tout de même), est un cinéaste encore sujet à controverse, et quelque peu en perdition. Le fer de lance de la vague coréenne rappelle un peu Nicolas Winding Refn, des réalisateurs virtuoses de la caméra, pourtant régulièrement débordés par leur prétention formelle et leurs références. Artistes au demeurant intéressants, car leur œuvre ne cesse d’évoluer et de surprendre. C’est l’heure de la parenthèse américaine pour les coréens en vogue cette année, entre le retour raté de Schwarzy par Kim « le cinglé » Jee-Woon, et le très attendu Transperceneige de Bong « The Host » Joon-Ho pour cet été. Park Chan-Wook nous revient avec Stoker, œuvre envoûtante entre conte initiatique et thriller hitchcockien. [...]
Tags: 2013, Matthew Goode, Mia Wasikowska, Nicole Kidman, Park Chan-Wook
Posté le 3 mai 2013 par
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Le monde geek (aka la majorité des spectateurs d’aujourd’hui) se paluchait à l’approche du 3ème Iron Man. Effet post-Avengers, doublé de la présence de Shane Black aux commandes. Qui ? Shane Black. Inventeur du buddy movie. Scénariste-dialoguiste un poil surestimé (Le Dernier Samaritain, L’Arme Fatale, Last Action Hero, c’est lui ; oui, c’est pas tout jeune). Et réalisateur apprenti : 1 film, Kiss Kiss Bang Bang, fun, mais inconséquent. Ce qui résume parfaitement ce 3ème opus d’ailleurs, vendu sur une bande-annonce trop dramatique pour lui, le plaçant sur les faux rails de la nolanerie à la mode [...]
Tags: 2013, Etats-Unis, Shane Black
Posté le 18 avril 2013 par
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Suite à une greffe américaine aussi ratée esthétiquement que thématiquement, Wong Kar-Waï retourne au pays pour un faux biopic d’Ip Man, le héros chinois le plus en vogue actuellement. Après les innombrables films consacrés à Wong Fei Hung c’est au tour du maître du Wing Chun de multiplier les apparitions cinématographiques. Il est étonnant de voir le cinéaste hongkongais chouchou des festivals s’attaquer à un sujet qui sent la commande à la mode. Mais WKW ne fait rien comme les autres, et son Grandmaster une fois encore développé sur de longues années ne fait pas dans la banalité. Difficile à cerner, d’une ambition incontestable entre la biographie détournée, le film d’action, la fresque historique, et l’histoire d’amour manquée au spleen si cher au cinéaste, The Grandmaster témoigne à la fois des atouts et des faiblesses d’un homme au sommet de son art [...]
Tags: 2013, Action, kung fu, Wong Kar-Waï
Posté le 10 avril 2013 par
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Voir éclore des cinéastes intéressants dans le cadre ultra codifié du film de genre fait de nos jours figure de rareté. L’ennui avec la génération des années 2000 c’est qu’on a affaire à une armée de fanboys qui recopie ou remix – parfois bien – les grandes œuvres qui ont marqué leur jeunesse. Peu d’entre eux s’avèrent capables d’imposer une patte, un univers, une forme nouvelle. Joseph Kosinski avait tout pour faire partie de cette catégorie en s’attaquant au projet de Tron 2. Avec l’aide de Daft Punk et de son passif de designer architecte, il avait malgré tout imprimé un style bien à lui qui permettait de transcender un scénario perfectible dans un déluge de sons et de lumières, le plus époustouflant et inédit depuis Speed Racer. Au bord de la rupture expérimentale, ce Tron Legacy avait su convaincre et marquer les rétines autrement que par un hommage stérile au passé. En cela il s’imposait comme une expérience à part entière et faisait mentir son titre passéiste. C’est peu dire qu’on attend désormais Kosinski au tournant, surtout quand il remet le couvert de la science-fiction épurée, en adaptant son propre roman graphique, Oblivion [...]
Tags: 2013, Science Fiction, Tom Cruise
Posté le 18 mars 2013 par
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Sam Raimi n’est pas un manchot. On peut railler la tournure qu’a prise sa trilogie araignée, il n’empêche que le premier Spider-Man est un film bien plus solide et spectaculaire que 90% des super-héros movies qui sortent aujourd’hui. Le cinéaste d’Evil Dead est une valeur sûre du grand spectacle, et ce depuis ses premiers délires horrifiques, vers lesquels il aime encore revenir (voir son très bon précédent film, Jusqu’en enfer). Il ne s’est donc pas totalement embourgeoisé, ce qui le rend bien sympathique, à l’inverse d’un comparse lui aussi passé dans l’escarcelle Disney, au point d’influencer une vague de films basés sur des contes. Oui c’est encore vers ce « bon » vieux Tim qu’on revient avec cette prequel d’Oz, rien que pour sa direction artistique flashy kitsch post-Alice. Sam repasse à l’artillerie lourde avec ce prequel au Magicien d’Oz (Mickey n’avait pas les droits pour un remake, mais s’en sort toujours). On se dit chouette, on va en prendre plein les mirettes, car même si les images bariolées aperçues dans la bande-annonce ne mettaient pas forcément en confiance, on sait qu’un cinéaste digne de ce nom peut transcender n’importe quel emballage [...]
Tags: 2013, James Franco, Mila Kunis, Rachel Weisz, Sam Raimi
Posté le 11 mars 2013 par
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A la merveille nous arrive comme un petit miracle. Pas le temps de se remettre de son immense Tree of Life que Terrence Malick, autrefois si rare, nous revient déjà avec un film qui sonne comme un prolongement de sa Palme d’Or. Ou plutôt une variation, sur le même style aérien, moins radicalement structuré, plus radicalement poétique. Mais Terry ne fait pas les choses à moitié, il ne fait pas de « suite », il reprend la même vague stylistique, en ne nous proposant pas un film d’amour, mais un film sur l’Amour. Mis en scène de la même manière simple et naturelle. Maniérisme selon certains, qui trouveront plus que dans tout autre film de son auteur, matière ici à se moquer et à railler. A l’opposé de tout ce qui se fait aujourd’hui au cinéma, A la merveille avance à visage découvert, avec sa naïveté, ses répétitions, ses circonvolutions, ses figures esthétiques clairement établies, mais surtout sa confiance absolue dans le pouvoir de l’image [...]
Tags: Olga Kurylenko, Terrence Malick
Posté le 20 janvier 2013 par
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« Django Unchained » sonne comme la promesse d’un Tarantino exalté, libéré d’un carcan auteur un peu trop visible dans son dernier essai à la logorrhée extrêmement conceptuelle (même si brillante). Amusant de constater que le film qui cite directement une référence dans son titre (une première dans sa carrière) est l’un de ceux étalant le moins littéralement les influences du cinéaste recycleur le plus brillant n’ayant jamais existé. Le 8ème film de la rock star du cinéma US propose en effet un déferlement de coolitude absolue, retrouvant sa verve à la fois audiovisuelle et verbale, dans un équilibre qui terrasse tout sur son passage. Quentin visite enfin le western, genre dont on a longtemps senti l’influence dans son œuvre, et ses déclarations. Django Unchained se présente comme le récit de vengeance classique qui anime souvent les personnages iconiques de son cinéma, avec un fond politisé non feint, puisque moteur de son récit. Comme un enfant de la fureur de Kil Bill et des velléités des basterds [...]
Tags: 2013, Christoph Waltz, Jamie Foxx, Leonardo Di Caprio, Samuel L. Jackson
Posté le 22 décembre 2012 par
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La trilogie du Seigneur des anneaux s’est imposée dès sa sortie comme un classique du cinéma de divertissement. De ces sagas qui, une fois par décennie, imposent un succès populaire et critique incontestable, un nouveau standard à atteindre dans un genre moribond – et donc une vague de rejetons plus au moins réussis. Beaucoup moins que plus, c’est la règle de l’industrie cinéma (une trilogie mythique = à peu près 300 bouses mercantiles derrière). L’adaptation de l’œuvre de Tolkien par Peter Jackson n’a d’ailleurs, 10 ans après, toujours pas trouvé de concurrent à sa mesure. C’est tout un genre un peu has been, la Fantasy, qui fût rénové de fond en comble par ces films à la générosité gargantuesque [...]
Tags: 2012, Fantasy, Martin Freeman, Peter Jackson