It Follows

IT+FOLLOWS

It Follows nous arrive entouré d’une réputation dithyrambique, développée sur une réussie tournée des festivals, et lui servant d’argument marketing. Difficile pour un tel film de résister à une telle hype, qui s’étale grassement jusque sur l’affiche. Il faut être costaud, avoir du répondant, de la matière, pour s’imposer et assumer tous ces superlatifs.

Bon, soyons un peu objectifs, It Follows n’y parvient pas.

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It Follows un petit film fragile, éthéré – et étiré pourraient dire certaines mauvaises langues…

Il bénéficie d’un bon pitch, c’est certain, mais développé petit bras façon indépendant qui se repose sur une maline idée. 80% du film semble répéter la même séquence, tournée de la même manière: lents travellings circulaires, bande son atmosphérique et nappes 80’s à la mode.

Heureusement cette ambiance fonctionne, mais trop appuyée, trop récurrente, elle ne permet de rentrer complètement dans un film qui semble se refuser à exploiter pleinement son concept. Il y avait tellement à faire, et le surplace est pourtant de mise. Les « règles » sont simples et ingénieuses, renouvelant un peu le genre du slasher. Tout en faisant des gros coups de coude formels à la matrice du genre, Halloween, référence de séduction massive. Et en filant la métaphore des maladies sexuellement transmissibles. Bingo, tout est là pour assurer la respectabilité.

L’angoisse aurait pu naître de manières tellement différentes. La transmission sexuelle est survolée, rappelant le pire du puritanisme américain, alors qu’elle est au cœur du film. On ne montre rien, et pire, on n’ose pas. Le film refuse le malsain, quel dommage avec un concept aussi angoissant. La chair est absente. Esquive du sujet. Contresens. Il fallait refiler ça à David Cronenberg (il y a 20 ou 30 ans).

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Enfin, je peux paraître un peu sévère, mais le film n’est pas mauvais. Seulement son pitch est meilleur que son développement et ses effets répétitifs. Dans le genre atmosphérique 80’s, on est assez loin de la maîtrise formelle d’un Drive ou d’un Virgin Suicides. Prenons la scène d’introduction, long panoramique qui suit une ado court vêtue en panique totale, la menace reste invisible. Et elle finit par y passer, de manière totalement mystérieuse. C’est un peu démonstratif, mais cela fait partie des codes du genre, installant l’ambiance et les règles du « jeu ».  On est plus interpellé dans cette scène par la tenue sexy de l’héroïne (on ne traite pas la sexualité au centre du film mais par contre le sexy gratuit est roi). Et surtout elle est en fuite, totalement effrayée, mais elle garde ses hauts talons…

On sent aussi que le réalisateur David Robert Mitchell, auteur  de The Myth of the American Sleepover, est davantage intéressé par les ados que par les frissons du cinéma de genre. Or dans It Follows le genre domine la chronique adolescente, cette dernière s’illustrant parfois maladroitement dans des interludes un peu mous, où les seconds rôles sont très peu caractérisés.

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It Follows se laisse suivre (pardon, c’était plus fort que moi). Mais je ne l’ai jamais trouvé flippant. Alors qu’il y avait de quoi faire péter le trouillomètre. Alors oui la peur est subjective (certains se contenteront d’une porte qui claque dans un Paranormal Activity…), mais même pour les plus réfractaires comme moi, un bon film d’épouvante fonctionne toujours sur l’angoisse et la tension. Et It Follows n’atteint pas les sommets.

J’en retiens quand même un joli petit film, pas abouti mais assez bien foutu pour intriguer et se démarquer du lot horrifique habituel. Et une actrice (déjà remarquée dans le sympathique The Guest), Maika Monroe, qui porte très bien cette angoisse permanente, et une sorte de mélancolie qui finit par toucher.

2501

Rating: ★★★★★★½☆☆☆ 

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2 Commentaires

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putain j’veux le voir ! mais faut que j’aille dans le pathé… :/

Comment by derf on 11 février 2015 10:40


Ça risque de te plaire ouais. Au moins sur son gros côté Halloween-like.

Comment by 2501 on 11 février 2015 11:15

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