The Lone Ranger

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The Lone Ranger avait de quoi nourrir toutes les craintes en cette saison estivale encore plus pauvre qu’à l’accoutumée. Le nouveau Gore Verbinski, produit par Bruckheimer et avec la star maison Depp dans son rôle de folle maquillée habituel, annonçait un rip off western pas bien original de la saga Pirates des Caraïbes. Ce qu’il est, mais en partie seulement. La formule n’a pas fonctionné, le film marquera davantage par son échec inattendu chez les yankees, en plein week-end du 4 juillet, que par ses qualités, dont, ô surprise, il ne manque pourtant pas.

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Mariage contre nature du divertissement familial Disney et de l’épopée de l’Ouest avec un fond politique non feint, The Lone Ranger souffre avant tout des tares rythmiques des films du réalisateur. Un deuxième acte un peu fouillis, des seconds rôles féminins prétextes, et une petite demi-heure de trop. En dehors de ça, ce décalque d’Il Etait une fois dans l’Ouest, version burlesque hollywoodien en folie, tient étonnamment la route grâce en grande partie à la générosité des instigateurs, et à l’amour du genre qui transparaît à l’image.

A plus de 200 millions de dollars de budget, pas étonnant que costumes, décors et effets pyrotechniques soient impressionnants. Malgré tout on est heureux de retrouver la cohérence esthétique qui faisait aussi la force des grosses machines caribéennes. Un festin visuel appuyé par une belle galerie de sales trognes, et une photographie qui rend hommage aux sublimes décors naturels.

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Comme dans Rango on sent clairement que Gore aime le western, au point d’ajouter cette fois au spectacle une pointe d’émotion, et donc de profondeur, au faux personnage secondaire de Tonto. Attention, cela ne va pas chercher bien loin, cependant la construction en flashback, et la présentation du mythe de l’Ouest par la vision d’un « indigène », remise au goût d’une réalité historique sanglante, ne va pas franchement dans le sens de sa glorification. On ne pourra donc pas taxer scénario et personnages de bêtes ou simplistes, comme pour la plupart des blockbusters de la saison.

Quand cette approche se double d’une belle générosité dans la reprise des stéréotypes du western, magnifiés par  une volonté d’en mettre plein la vue avec des moyens (plus ou moins) à l’ancienne, on se demande bien pourquoi l’accueil du film fût si glacial.

THE LONE RANGER

Même Johnny Depp met un peu d’eau dans le vin de son interprétation, moins inutilement flamboyante qu’à l’accoutumée. Et l’humour, bien présent entre quelques sanglantes percées inattendues dans un tel divertissement, fait mouche dans la majorité des cas (à un cheval roteur près). Armie Hammer se défend plutôt pas mal en grand nigaud héros malgré lui, vu qu’il n’a pas la charge de porter tout seul un film qui ne cesse d’esquiver l’héroïsme basique, ce jusqu’à un final dantesque qui rend un bel hommage aux cascades à la Keaton.

La puissance de feu hollywoodienne retrouve alors de son efficacité à la limite du cartoon, sur une reprise inspirée de l’ouverture de Guillaume Tell (même Hans Zimmer participe à la fête sans nous casser les oreilles, miracle !). Un morceau de bravoure qui marquera l’année, où l’on retrouve la jubilation toute enfantine de l’affrontement cowboys, indiens, et grosses locos en furie. S’y rajoute un zeste d’absurdité bienvenue (un cheval volant, des lapins… cannibales !), péché mignon de Verbinski qu’il devrait encore plus appuyer.

The Lone Ranger

The Lone Ranger s’impose contre toute attente comme le divertissement le plus fréquentable d’une saison, jusque-là, très en dessous des promesses de grand spectacle. Seule sa structure un peu branlante est critiquable. C’est néanmoins bien peu à subir devant la réappropriation flamboyante d’un genre éternellement ressuscité, la deuxième réussie cette année après l’insurpassable Django Unchained. On serait presque amenés à regretter qu’elle soit classée sans suite.

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Rating: ★★★★★★★☆☆☆ 

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