Maniac (2012)

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L’industrie hollywoodienne du divertissement horrifique continuant sa lente et longue descente aux enfers à base de suite de portes paranormales qui claquent et autres remakes/reboots insipides, c’est toujours (et bizarrement) avec un mélange d’appréhension (pour la probable destruction du mythe) et d’excitation (pour le plaisir que l’on va prendre à défoncer l’ « œuvre » une fois la projection terminée) qu’on se penche sur le n-ième remake d’un monument du film de genre des années 80, le toujours fendard et néanmoins troublant Maniac de William Lustig.

Avant la trilogie des Maniac Cop, Lustig via sa première réalisation en 1980 nous plongeait dans le quotidien d’un tueur en série. Alors que la mode des slashers pointait le bout de son nez (Halloween, Vendredi 13), Lustig surprenait son monde en changeant le point de vue habituel, associant description d’un quotidien cradingue et meurtres graphiques sous la houlette d’un Tom Savini qui se faisait plaisir.

Bien que les projets de tels remakes ne donnent jamais vraiment envie, il était intriguant de voir que Lustig serait présent en tant que producteur, associé à Alexandre Aja, le réalisateur qui commence à se faire un petit nom et qui avait déjà rendu un hommage plaisant au premier Maniac dans sa deuxième mise en scène, Haute Tension.

Ce Maniac 2012 reprend donc le concept de son ainé, à savoir la plongée dans le quotidien d’un tueur en série sérieusement ravagé par un œdipe mal réglé avec sa génitrice accessoirement prostituée. Le choix d’Elijah Wood pouvait surprendre à la vision des trailers, minet assez propre sur lui dans l’inconscient collectif qui allait souffrir pour faire oublier feu Joe Spinell. Mais contre toute attente c’est la proposition de cinéma qui s’avère plaisante dans ce Maniac. Véritable relecture du film culte d’origine, ce remake prend le parti pris de la vue subjective. Si l’on peut prendre peur quand on connait les tentatives souvent lourdaudes du cinéma de s’inspirer d’une mise en scène issue directement du jeu video, force est de constater qu’ici le choix est maitrisé d’un bout à l’autre du métrage.

Toujours renouvelée, réinventée, aérée par diverses astuces de mise en scène (des scripts ?!), cette tentative risquée du tout subjectif convainc et renforce l’empathie malsaine qui pouvait s’instaurer vis-à-vis du personnage malade de Franck.

Le Maniac originel, comme bon nombre de productions des années 70/80, proposait la description d’un univers urbain sale et glauque, à la fois menace et environnement accentuant les névroses du tueur. Plutôt que tenter le même coup en 2012 et assurément le rater, Ce Maniac nouvelle version dépeint un univers dont l’avancée technologique n’a d’égale que sa froideur, ou le téléphone portable joue son rôle de voyeur. Un univers renforcé par un score original aux sonorités electro  particulièrement glaciales.

Avec son parti pris radicalement diffèrent, ce remake réussi pourtant le pari du film totalement dans le respect du film originel, toujours sur le fil entre la description malsaine d’un quotidien et l’expérience fun d’exécutions stylisées et graphiques et surtout sans passer par l’uniformisation teenesque. Bien que le principe soit toujours discutable, il est appréciable de voir un remake qui, sans prétention mais avec une vraie idée simple et bien menée, réussit à la fois l’hommage et la proposition d’une expérience nouvelle.

Rating: ★★★★★★★½☆☆ 

Derf

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