Argo (post oscars 2013)

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C’est finalement assez intéressant de visionner Argo après les oscars. On comprend mieux le fonctionnement

de l’académie et la prestation anticipée du réalisateur en quête du Graal. Car finalement Argo avait tout pour remporter la mise, Hollywood et la CIA unis au secours de l’Amérique, basé sur une histoire vraie qui fut classée secret défense, un bon casting quatre étoiles (Bryan Cranston, Philip Baker Hall et Kyle Chandler…), un producteur de renom et pour finir Ben Affleck, le dernier petit chouchou qui en plus respecte ses ainés en faisant un joli signe à son maitre Spielberg lors de la remise des prix, c’est vraiment beau Hollywood. On comprends mieux pourquoi l’électron libre Tarantino nage à contre courant depuis tant d’années, on lui accordera une nouvelle fois le meilleur scénario original, c’est déjà ça comme diront certain…

Revenons à Argo, un film bien réfléchi  pour le public américain,

un bon film à suspens à mes yeux (alors que tout le monde connait la fin c’est un peu dingue). Ben Affleck confirme tout de même une certaine maitrise dans son sujet, diablement efficace pour embarquer tout son petit monde dans cette folle histoire d’extraction d’otages en Iran dans les années 80. L’époque est retranscrite de belle manière, que ce soit au US ou en Iran, Hollywood est clairement la partie la plus fidèle (sans doute celle qu’il connait le mieux) et sa mise en scène est franchement soignée, parfois réaliste (la partie des émeutes en Iran) parfois maladroite, dans l’utilisation de la musique notamment, quelques procédés risibles dans le crescendo final, et avec un script limite cliché : voir les billets d’avion ou le téléphone qui sonne sonne sonne…

Ce qui est le plus frustrant avec Argo, c’est que le film reste fortement en surface sur le contexte politique et institutionnel de l’époque. On ne rentre pas clairement au fond du sujet, l’ingérence américaine (à tous les niveaux). Certainement intelligent pour certain (on nous l’a vendu un peu comme ça aussi), on est tout de même loin de la rédemption des films américains sur la guerre au Vietnam. Actualité sans doute encore trop présente ? Non. On pense surtout à l’ insuffisance du Hollywood 2.0. 0n survole (mal)adroitement en un bref résumé historique pendant les dix premières minutes du films, on évite tout manichéisme, les américains ayant une grande part de responsabilité sur la situation. La mise en place du contexte était sans doute obligatoire, mais on aurait pu aller bien au-delà. Puis s’en suis un suspens haletant, on ne s’ennuiera pas, mais on ne réfléchira plus non plus. Argo est en ce sens surcoté.

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Ben Affleck est encore jeune. On le sent pas encore prêt à traiter un sujet en profondeur (c’est le cas de tous ces films jusque là). Il a une certaine maitrise dans sa mise en

scène sans avoir pour autant son propre style même si quelque chose se dégage dans ce dernier. Il place quelques références, comme un élève qui passe un examen. Maintenant qu’il la eu, il va falloir encore élever le niveau. Car certain sans diplôme, faisaient quand même déjà beaucoup mieux et étaient beaucoup moins procéduriers.

7/10

Rating: ★★★★★★★☆☆☆ 

 

 

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