La Désintégration

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Encensé par quasiment toute la presse traditionnelle et spécialisée, la désintégration proposait en février 2012, un mois avant les tueries perpétrées par Mohamed Merah (oh ben ça ça tombe bien alors…) de nous plonger dans la dérive radicalisante d’un jeune issu de l’immigration de la banlieue lilloise. Certainement projeté de force à toutes nos chères têtes blondes et crépues via notre sacro-saint système scolaire,

le film rempli à merveille sa fonction, du moins si vous êtes fan de SOS racisme et de Bernard De la Villardière.

Tourné avec peu de moyen (et ça n’a jamais fait office d’excuse, demandez à Big John Carpenter…) et mettant en tête d’affiche le frère de notre regretté humoriste national au pantalon

(à une jambe…) baissé Jamel Debouze, le film raconte l’histoire d’Ali, jeune issus de l’immigration de 2e génération basculant brutalement dans l’intégrisme primaire. Interprété assez brillamment par Rachid Debbouze (seul point positif du film), le personnage d’Ali ainsi que ses amis enfilent les clichés sous sponsoring des medias dominants. Tout y passe, le méchant français blanc raciste, cause de tous les maux et particulièrement de la recherche intensive et infructueuse de stage de notre héros et plus généralement du chômage en général en tête. Evidemment aucun de nous ici n’a dans son entourage quelqu’un avec un nom à consonance non arabe qui galère pour trouver un job.

 

Sous couvert du fameux cinéma réalité, le film ne propose aucun travail de mise en scène et résume son point de vue à celui qu’on nous vend à longueur de journée sur TF1 et autres. Les personnages secondaires du film qui, en étant plus travaillés, auraient pu amener une réflexion intéressante (l’ami « gaulois » néo islamisé, pourquoi ? comment ?) et une image bien plus positive de, même si je n’aime pas ce mot, la communauté (les parents, le frère) sont sacrifiés sur l’autel du message qui doit inéluctablement passer, aux forceps si besoin. Sur 1h17 de film, la descente du héros parait même ultra rapide, un p’tit tour en 4/4 dans une carrière locale, un ou deux coups de feu sur des bouteilles vides (on échappe à la session de GTA ou autre…étrange)  mais c’est crédible vous pensez bien… il suffit de lire les passages du Coran adéquats.

Alors oui ce genre de situation existe, le racisme existe, les passages du Coran cités existent mais lorsqu’on s’intéresse de près aux affaires des néo-ré-islamisés à tendance terroriste récentes (Merah en tête évidemment), on s’aperçoit que c’est quand même un poil plus compliqué que ça…Les Renseignements Généraux, les tampons israéliens sur les passeports…Non ! Non ! Non ! Conspiration ! Nazi !

 

Dommage pour Rachid Debbouze, acteur au potentiel non négligeable d’avoir débuté dans cette pantalonnade instrumentalisante et instrumentalisée. La Désinformation…pardon la Désintégration est un film qui fait passer American History X, film culte pour pas mal d’entre nous mais non dénué de défauts, pour un chef d’œuvre absolu. A éviter de toute urgence !

Rating: ★★★☆☆☆☆☆☆☆ 

 Derf

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