The Murderer

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En manque de bon film asiatique ces derniers temps, je me suis lancé dans le deuxième essai de Hong-Jin Na récemment. Son premier long The Chaser avait suscité un certain intérêt dans les compétitions occidentales mais malheureusement la comparaison s’arrêtera là, ne l’ayant pas vu ! The Murderer donc, film coréen produit en grande partie par la Fox avec des droits sur un éventuel remake (à la mode anticipée donc), relate les faits d’un chauffeur de taxi de Yanji qui sans nouvelle de sa femme exilée en Corée du Sud, n’hésite pas pour la retrouver, d’accepter un contrat d’assassinat avec la mafia locale. Seule façon pour lui, de pouvoir passer la frontière très contrôlée entre sa colonie chinoise et la Corée du Sud.

La force du métrage ne se trouve pas forcément là où l’attend, c’est ce qui m’a le plus marqué avec ce film. Pour commencer par la partie qui fait tâche (la faute aux investissements étrangers ?) c’est les quelques  scènes d’action à la sauce américaine non contrôlées (voir la poursuite en voiture la plus maladroite de l’histoire du cinéma, j’exagère à peine) qui viennent nous casser le plaisir quand on s’y attend le moins. Car la force du métrage n’est pas là.
En effet, la trame de fond sous fond d’immigration des Joseon-hok en Corée, le portrait du tueur sous fond de mal être social, le parallèle entre les habitants de Yanji et

de la cité moderne coréenne donne la sensation d’un voyage dans le temps. C’est une telle réussite, que cela est sans doute encore plus fort avec des yeux occidentaux. La brutalité, l’animalité et l’humanité qui émane du personnage principal est tout simplement une belle réussite, le ton est juste, et les décors sont également des personnages à part entière.

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C’est dualité sociale est également présente chez les mafieux. On y retrouve les mafieux d’un autre temps moyenâgeux face à leurs équivalents Coréens qui ressemblent plus à des hommes d’affaires, complètement dépassés par cette force brute. Pour accentuer cette idée, les séquences de gun fight propre au cinéma asiatique ont été judicieusement remplacées par des séquences de machettes fight de toutes beautés. Dans cette

idée, s’il y en a bien un qui crève l’écran, c’est Kim Yun-seok. Dans le rôle de Myun, il impressionne de bout en bout, une performance proche (dans le personnage comme dans le jeu) d’un Choi Min-sik dans Old Boy. Myun est un pur salopard mais qu’on suit avec un plaisir évident, tant il fascine, tant il

a l’air indestructible. Passant d’un second rôle dans la première partie à un rôle de premier plan dans le seconde, il se retrouve impliqué dans les petites affaires de Corée du Sud par la force des choses, et va s’imposer à la force du poignet. Kim Yun-seok  impressionne beaucoup et tout du long, j’espère le revoir très bientôt.

Par ailleurs, force est de constater que le réalisateur ramène au tout premier plan la nouvelle vague de polar Coréen,  tant dans la contemplation que dans les scènes d’action, il confirme ici après The Chaser.
The Murderer est un bon film, dommage que le pourcentage de financement américain vient ternir un peu le tableau.

Rating: ★★★★★★★½☆☆ 

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