Rentrée séries TV US 2011

Depuis maintenant une bonne dizaine d’années la télévision américaine vit un âge d’or incontestable. Profitant de la notable baisse qualitative du cinéma hollywoodien, et de budgets plus élevés, le petit écran est devenu le refuge narratif de scénaristes inspirés. Les créateurs de séries sont désormais les nouveaux moguls, Marc Cherry, Vince Gilligan, Shawn Ryan, David Simon, Ronald D Moore, ils ont les coudées franches pour s’exprimer sur la longueur, dans un confort que le 7ème Art obsédé par une rentabilité toujours plus poussée ne peut plus offrir.

Il n’empêche, malgré l’extrême liberté octroyée par les chaînes du câble, de la vétérante HBO à ses petites sœurs AMC, Showtime, ou Starz, qui ont parfois poussé les grandes chaînes nationales à s’ouvrir à plus de risques, le règne de l’audience est toujours le facteur premier. A chaque rentrée ses victimes express, parfois au bout de seulement 2 ou 3 épisodes, le verdict tombe, implacable. Il faut dire que c’est une guerre de tranchées, aux victimes inévitables, car parmi la trentaine de nouveautés qui vont se disputer les faveurs du public chaque mois de septembre/octobre, peu d’élus iront jusqu’au terme de leur première saison (environ une moitié) et encore moins auront droit au renouvellement. Entre déchirements (nombre de séries prometteuses passées trop tôt à la trappe) et bonnes surprises, et ce malgré une grosse baisse de régime depuis la grève des scénaristes en 2008, la rentrée des séries US est toujours un évènement, la bataille rangée pour la conquête de nos soirées, l’insoutenable suspense de la recherche des nouvelles histoires qui nous tiendront en haleine semaine après semaine.

Cette rentrée est assez lointaine aujourd’hui, mais c’est pas plus mal, car cela va me permettre de faire un bilan assez avancé sur cette nouvelle saison. Avant de repartir à l’aventure dès janvier pour le deuxième salve des nouveautés de mi-saison.

Pas de classements pour autant, mais pour mieux s’y retrouver, un ordre plus ou moins de la plus intéressantes aux plus anodines, voire ratées, puisque leur diffusion a aujourd’hui largement dépassé le stade du « prometteur ou pas », on peut donc commencer à émettre quelques jugements. Il va sans dire qu’il n’y aura pas de traitement équitable, je ne m’attarde que sur ce qui est bon (vu le temps perdu à pondre un article entier sur cette merdouille de Terra Nova…). NO SPOILERS of course, le but étant de vous faire découvrir ce qui mérite de l’être…

HOMELAND – Showtime (12 eps)

Ou comment la libération d’un soldat après 8 ans de captivité peut passer de miracle national à grosse crise de paranoïa.

Dans sa promo et de par sa thématique, Homeland se présentait un peu comme l’après-24. 8 ans de service pour un Jack Bauer nous promettant un retour au cinéma, mais qui de toute façon était déjà has been depuis quelques années. Homeland n’a pas grand-chose du thriller d’action, c’est un récit d’espionnage paranoïaque post-11 septembre. Qualifié comme cela ça peut faire un peu peur. Il faut dire qu’on en a soupé depuis cette fameuse date, les américains ne manquant pas une occasion pour tomber sur la gueule de leur histoire récente. Parfois pour rassurer leur ego, leur hégémonie, parfois pour mettre en évidence leur confusion, le mal qui les ronge de l’intérieur, comme ici.

Que dire si ce n’est que cette série nous offre un récit solide, surprenant sans jouer la carte du gros cliffhanger bourrin, humain sans tomber dans le cliché et le pathos, bref, addictif juste ce qu’il faut. Homeland n’a peut-être pas instantanément l’étoffe des grandes séries de ces dernière années, néanmoins elle possède ce qu’il est de plus en plus difficile à trouver, justement après le passage de ces fleurons : une évidence, un naturel à conter simplement mais brillamment une histoire complexe, sans faire ressentir le poids des aînés, sans en faire des caisses pour impressionner le chaland, sans tomber dans une formule, aussi bonne fût-elle. Bref, c’est de la qualité qui ne s’affiche pas, pas comme certaines productions du câble, luxueuses, mais programmées pour plaire, qui paraissent du coup vite artificielles (qui a dit Boardwalk Empire ?). Dans Homeland, l’histoire avance, évolue constamment, soutenue par un beau trio de comédiens, le toujours impeccable Damian Lewis ambigu à souhait, l’ex jeune première Claire Danes et un Mandy Patinkin en vieux loup blessé.

La valeur sûre de cette rentrée.

[youtube q4-KYAWPKzY]

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ENLIGHTENED – HBO (10 eps)

 

Ou comment gérer ses idéaux de vie dans un contexte social impitoyable.
Voilà ce que j’en pensais au sortir du pilote :

Mitigé. Passée la crise de nerfs, c’est assez niais quand même.
Je n’y vois pas un potentiel monstrueux. Mais il y a quelque chose, une ambiance.
Et c’est le show Laura Dern, que j’aime bien (Lynch, Jurassic Park, elle me rend nostalgique cette conne). Elle nous ferait tout avaler comme à l’époque, pétage de plomb comme illumination. Mais sur la durée… ça risque d’être un peu compliqué.
Puis heureusement que Regina Spektor vient porter la scène finale clichesque à mort.

Et voilà ce qui arrive 10 épisodes plus tard…

Un finale sans tambour ni trompettes, ou presque. A l’image d’une série simple, humaine et touchante. La fin annonce quand même la suite et j’espère vraiment qu’il y aura une saison 2 car cette série fait partie du peu de vraies bonnes surprises de cette rentrée pour moi.

Difficile d’en parler cependant, tant son ton léger, à la fois désabusé et optimiste est une petite merveille de douce-amère alchimie. Terriblement juste et dans l’ère d’un temps où trouver sa place dans la société sans trahir ses convictions est devenu un réel challenge.

Et Laura Dern est exceptionnelle.

Comme quoi.

[youtube LBq_J08srVA]

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PAN AM – ABC (13 eps ?)

Ou comment résister aux hôtesses de l’air et aux sixties ?

Un magnifique pilote. Et je pèse mes mots. Ca faisait un bail que j’en avais pas vu un de cette trempe. C’est du solide, c’est même plus que ça, c’est flamboyant. Réalisation impeccable qui donne un vrai cachet cinéma, avec une présentation « belle époque » qui rappelle Titanic. Thomas Schlamme sait faire monter la sauce, et apporter une belle densité en un rien de temps. L’ambiance, le traitement des différentes intrigues en flashback, c’est exemplaire. Ca réinvente pas la TV mais c’est du boulot de grande classe. Et la photo est superbe, comme les hôtesses. Qui foutent la honte aux bunnies de Playboy Club.

Une dizaine d’épisode plus tard la série n’a pas complètement transformé les promesses d’un récit un peu trop cantonné à l’exotisme des destinations et à une histoire d’espionnage fil rouge un peu ténu. Malgré tout, en pure série de divertissement c’est toujours un vrai bonheur àsuivre, léger, enchanteur, pas prétentieux et bien foutu. Les audiences n’ont pas suivi malheureusement, mais j’espère vraiment qu’ils iront au bout des 13 épisodes prévus.

[youtube EZeVxqRpWMo]

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BOSS – Starz (8 eps)

Ou comment concilier dégénérescence politique et personnelle.

Boss, c’est The Wire qui aurait bouffé The West Wing. Ou l’inverse. Références prestigieuses qui peuvent vite péter à la gueule d’une petite chaîne qui monte comme Starz, connue pour ses séries excessives (comme un Spartacus qui tâche).

Boss, avec son pilote dirigé avec une assurance tranquille par Gus Van Sant himself, choisit de développer ces influences dans un cercle plus réduit que ses aînées. Moins de personnages, moins de lieux, moins d’épisodes (8), pour cette série sur les méthodes quasi mafieuses d’un maire de Chicago condamné par la maladie. Comment va-t-il gérer ce secret et l’avancée implacable de cette dégénérescence ? Cela rappelle forcément la sclérose en plaques du président Bartlett dans The West Wing, mais le ton de Boss vire davantage vers la magouille et la politique hors-la-loi que vers une analyse réaliste et profonde de l’utilisation du pouvoir en temps de crise.

Boss se laisse vraiment regarder, d’autant que Kelsey Grammer possède le charisme nécessaire, et que sa secrétaire, la sublime Kathleen Roberston, n’hésite pas à donner de sa personne.

[youtube aGRf7vnSf04]

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AMERICAN HORROR STORY – FX (13 eps)

 

Ou comment marier petit musée des horreurs ricaines et psychologie fucked up.
Euh… c’est un condensé de la première saison ?! Ce pilote est incroyablement dense, il multiplie les personnages les situations et les histoires horribles à un rythme soutenu. Et pourtant ça marche. C’est même peut-être bien grâce à cette générosité que ça marche. Car rien n’est vraiment effrayant là-dedans (à part peut-être Jessica Lange).
Difficile de tenter l’épouvante et l’horreur au premier degré de nos jours. Où ce qui marche, c’est la boucherie ou la moquerie. Or Ryan Murphy tente un revival, toutes ses idées tiennent du déjà vu, et pourtant cela fonctionne plutôt bien, grâce à une belle efficacité narrative. On passe d’une tuerie à une hallucination en 2 secondes, mais tout est fluide, servi par des acteurs convaincant. L’ambiance, entre Hitchcock (on entend des BO de Bernard Herrmann) et Lynch (réal syncopée, apparitions mystèrieuses, séquences mentales dont le sens ne se trouve qu’à posteriori) maintient l’attention tout du long.
Puis y’a une sexy redhead housekeeper. What else ?

Espérons juste qu’il n’ait pas grillé toutes ses cartouches trop vite, et que cette histoire d’horreur se développe en dehors d’un patchwork best-of.

Reste que je suis intrigué, et séduit au moins par la forme.

Par contre on fait encore des génériques à la Seven, 15 ans après.
Mais c’est bien représentatif de la série : peu originale, mais sacrément efficace.

8 épisodes plus tard… C’est la foire, un sacré bordel horrifico-psychologique, dans une sauce Ryan Murphy très relevée en rebondissements et en portnawak. Si vous arrivez à vous détacher d’une analyse trop réaliste et à supporter des personnages complètement fucked up, y compris un père aussi psychiatre que je suis prêtre, on peut passer de très bons moments avec cette série qui n’y va pas avec le dos de la cuillère, comme on disait jadis.

[youtube FDb4SqqiQag]

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2 BROKE GIRLS – CBS (12 eps)

Ou comment une bonne sitcom c’est comme des bonnes charentaises. En plus vulgos.
Ouah. On fait encore des séries basées sur les différences de classes sociales. Sauf qu’avec l’actualité on a une ex-riche victime de l’économie. Bravo. Quelle inspiration.
La blondasse qui l’incarne est aussi insupportable que Kat Dennings est irrésistible. Je continuerai rien que pour elle, même si le show a tout de la sitcom banal, elle envoie ses répliques avec malice et aplomb, et nous change tellement de toutes ces anorexiques…

Tiens, d’ailleurs, marrant cette guerre des brunes version sitcom avec le New Girl de Zooey. Qui se sortira de la guerre des tranchées de la rentrée TV ?…

10 épisodes plus tard… Très agréable moment de divertissement à l’ancienne, qui finit par trouver son rythme. Une bonne sitcom bien vulgos où Kat Dennings assure comme une bête. Pas exceptionnel mais c’est déjà ça.

[youtube IQLzsZi1tXw]

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NEW GIRL – Fox (13 eps)

Ou comment gérer le rapport amour-haine pour une actrice en roue libre.
Comme entrevu dans les trailers c’est plutôt sympathique. C’est le Zooey Show. Ca passe tout seul.
Mais y’a un tel abattage qu’on dirait un script pondu par un ordinateur qui aurait croisé la personnalité de Zooey avec tous les clichés d’un sitcom. Je sais pas comment dire… Plaisant mais pas très naturel. Balisé quoi. Mais efficace.

Et c’est étrange, ça a dû être tellement ré-écrit qu’on dirait plus un pilote. Ils sont tous supers potes en 2 minutes. On a un peu l’impression de prendre le train en marche.

Bref, à voir sur la longueur sur les grands yeux et les grimaces (et les chants) (et les mimiques) (et les conneries) de la miss me charment ou m’agacent (je sais plus quoi penser de cette actrice en fait…).

A few weeks later… J’ai résisté à la folie surjouée de Zooey (toujours agaçante par moments). La série développe ses personnages masculins (avec un très bon Justin Long en petit ami dépassé) et reste donc regardable.

[youtube 2qqojuj1zoU]

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LUCK – HBO (9 eps)

Ou comment rendre le cheval sexy et les courses hippiques regardables.
C’est chiadé, pour sûr.

Michael Mann style : léché et tremblé en hachedé.
Ca donne un écrin de luxe à ces intrigues équestres.
Les jokeys ne m’apparaissent presque plus ridicules, par exemple.
Presque.

Cela restera sans doute mon problème avec cette série si le rythme ne s’emballe pas. Le milieu hippique je m’en bats les steaks d’une force incroyable (c’est bon le steak de cheval ). Donc plus on sera dans le doc amour du chwal etc, plus je me détacherai du show. Mais ce pilote a l’air de planter assez de graines pour que le drame prenne le pas sur la fiction-docu à la Simon.

Et j’ai été surpris d’accrocher à l’écriture de David Milch, ayant détesté le pilote trop bavard-maniéré de Deadwood (j’y replongerai un jour peut-être… mais c’était vraiment répulsif). Puis le casting est un festival de têtes connues, porté par de solides Nick Nolte et Dustin Hoffman.

[youtube 2M67XCzfr7o]

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PRIME SUSPECT – NBC (13 eps)

Ou comment faire du bon neuf avec du vieux.
Nouvelle série produite par Peter Berg, remake d’une série british.
Un cop show au visuel sec et brut. Héritier de NYPD Blue, efficace. Dans le fond ce sera pas bien original. Mais personnages et dialogues sont plutôt bien ciselés. Avec une Maria Bello en lead presque antipathique.

Pas eu le temps d’aller au-delà du 2ème épisode.

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BLACK MIRROR (3 eps)

Ou comment les anglais sont totally fucked up.
Je triche un peu, c’est anglais. Mais elle vaut d’être mentionnée car c’est le nouveau show du créateur de Dead Set.
3 épisodes indépendants ayant pour thème commun la télévision, ou les écrans ou sens large, et leurs travers.

Le premier, qui met en scène le Premier Ministre anglais face à une situation de kidnapping de la princesse chérie du royaume, a un un pitch hallucinant que je ne révèlerai pas entièrement ici.
Sachez que cela implique des ébats avec un cochon, et que c’est traité avec le plus grand sérieux.
L’histoire est bouclée en 40 minutes et ça vaut vraiment le coup d’oeil !

Le 2ème épisode, que je n’ai pas encore terminé, est plus classique et même convenu par rapport au pilote, dans son croisement TVréalité/prison.

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HELL ON WHEELS – AMC (13 eps)

 

Ou comment nous resservir la même soupe avec le sourire.
Du western basique qui assume ses clichés. C’est pas si mal dans une période dite « crépusculaire » pour le genre. Avec sa cohorte de films méditatifs dépressifs contemplatifs.

Un cowboy taciturne, aussi ténébreux que son passé, en quête de revenge.
Un ancien esclave bien vénère.
Un gros salopard entrepreneur blindé de fric.
La voie ferrée transcontinentale.
Les indiens qui scalpent sans pitié.
La jolie blonde héroïne malgré elle.
Check.
Tout y est.

Alors oui ça paraît pour l’instant assez simpliste, mais c’est aussi direct et efficace. Y’a de quoi en faire si ce n’est the next big show, au moins un bon divertissement du dimanche soir. Le lead est pas mal en plus (l’inconnu Anson Mount, mix entre un Bale et un Caviezel).

Puis ça s’annonce peut-être pas très profond mais je préfère ce genre de retour aux sources à des choses plus luxueuses et flatteuses pour l’esprit mais trop figés dans leur prétention comme certaines des dernières prods HBO (Boardwalk en tête).

3 épisodes plus loin… Même constat. C’est propre, intéressant, sans être vraiment passionnant.

[youtube 78zEDBmHwbU]

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SUBURGATORY – ABC (17 eps)

Ou comment que les banlieusards américains ils sont trop rigolos (mais mieux vaut pas vivre parmi eux…).

Encore une fois un énième show qui joue le choc des cultures avec les banlieues, ici version comédie format de 30 minutes. Ca n’apporte pas grand-chose de nouveau sur le sujet, c’ets trop gentil pas assez acide et critique, mais on passe tout de même un bon moment. C’est ultra léger et ça n’a pas beaucoup d’avenir. A noter, encore une lead rousse, les redheads sont à l’honneur ces derniers temps (et je vais pas m’en plaindre, même si je regarde pas que pour ça, pervs).

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THE PLAYBOY CLUB – NBC (3 eps – annulée)

Ou comment parler de nanas déguisées en lapin comme d’une avancée féministe cruciale.
J’ai vu Amber Heard en bunny 60’s.
(la pauvre avait l’air apitoyé pendant 40 minutes, moins convaincante que son costume…)
Voilà.
Ah si, et j’ai découvert la jolie Laura Benanti.

Pour le reste c’est assez bien emballé, mais ça ne raconte pas grand-chose de captivant.
Pas sûr du potentiel, ça manque clairement de personnalité, et la voix off extatique de « Hef » n’aide pas du tout.

Annulée au bout de 3 épisodes. Un peu dommage, la série n’était pas exceptionnelle mais ne méritait pas d’être rembarrée aussi rapidement.

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A GIFTED MAN – CBS (10 eps)

Ou comment j’ai cru au mélo télévisé réussi.

C’est souvent des shows dont on n’attend rien que vient la surprise. J’ai choppé ça un peu au pif, et ce pilote est l’un des plus accrocheurs que j’aie vu.
Pourtant le pitch fait peur : un neuro-chirurgien new-yorkais successful mais antipathique voit sa vie chamboulée quand son ex-femme décédée commence à s’adresser à lui de l’au-delà. Hmmm, fun.

Mais voilà, c’est simplement bien foutu. Sans aucun doute pas la série de l’année, pas le « next big show », mais une bonne équipe aux manettes pour une histoire bien racontée. Jonathan Demme à la réalisation de ce pilote, y’a pas de hasard. J’ai toujours bien aimé Patrick Wilson, lui qui joue d’habitude le gars sympa trouve un rôle un peu en contre emploi. On retrouve dans la distribution Julie Benz et il m’a semblé reconnaître Noah Wyle (un doute, pas crédité sur imdb… EDIT : nope, c’était pas lui).

Bref, ça peut vite virer au cheesy (comme the Philantropist, remember?), mais j’ai envie de voir le 2ème épisode. C’est déjà ça.

Au 2ème épisode… ça devient trop niais pour moi. Fuck.

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DEATH VALLEY – MTV (12 eps)

Ou comment les zombies-vampires-garous sont parmi nous, et chassés par des flics barrés.

Death Valley s’avère être une assez bonne surprise, avec son détournement de « Cops » californien (interventions et équipe de tournage visible incluse) dans un monde comme le nôtre, à la différence près que zombies, loups-garous et vampires font partie du quotidien.
Le gore est présent et de qualité, et c’est amusant de voir des scènes d’arrestations banales avec des créatures fantastiques (comme un loup-garou appréhendé calmement, tout penaud car surpris à moitié transformé un soir de pleine lune).

Alors certes on commence à saturer sur le genre, mais Death Valley offre 20 minutes de rigolade sanguinolante, on va pas faire la fine bouche (d’autant que j’attends plus rien du tout de Walking Dead, alors c’est parfait pour compenser dans la joie et la connerie).

Le pilote est à peine desservi par un ton et un rythme un peu trop hystériques (gageons que c’est pour en mettre plein la gueule et que la suite sera aussi délirante mais moins bêtement agitée… Ou pas, c’est MTV ).

And now ? L’esprit trop potache du machin ne m’a pas convaincu sur plus de 3 épisodes. Vite saoulant, je suis peut-être trop vieux pour ces conneries pas scriptées.

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PERSON OF INTEREST – CBS (12 eps)

Ou comment le scénariste d’Inception plus le producteur de Lost ça ne peut être que trop bien.
Super soldat meets Minority Report. Avec une machine Big Brother post 9/11 à la place des autistes nageurs.
Pitch et développement bien fumeux. Tout cela peine à éveiller… l’intérêt.
Ca expose, ça explique. Trop. C’est bien du Nolan.
Les transitions vidéo-surveillance font mal à la tête.
Caviezel est monolithique comme d’hab.
Michael Emerson aura bien du mal à faire oublier Ben Linus.
Je me suis pas emmerdé mais j’ai pas été captivé plus que ça…
Du mal à y déceler du potentiel.

Pas continué. Plus persone n’en parle, c’est que ça ne doit pas avoir d’intérêt (ahah).

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HOW TO BE A GENTLEMAN – CBS (annulée)

Ou comment ridiculiser la gente masculine en 3 vannes moisies.

Raté. De A à Z. Sitcom en carton. Pas un (sou)rire en 10 minutes sur une opposition macho-gentleman faisandé. Même en 1985 ce serait pas passé. Poubelle.

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TERRA NOVA – Fox (12 eps)

Il paraît que c’est pire après le pilote.

On n’entend même plus les fans du début qui criaient au jugement hâtif…

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CHARLIE’S ANGELS 2011 – ABC (annulée)

Ou comment… Comment ?!! Charlie’s Angels ? Vraiment ?

Wow wow wow… On tient là le naufrage de la saison !

Entrée en scène, première mission, tellement caricaturale et expédiée qu’on croit au faux départ, au « film dans le film », à la bonne grosse blague… et non. Ce sera comme ça tout le long.
Les dialogues tellement clichés qu’on peut les deviner à l’avance, les actrices toutes plus mauvaises les unes que les autres (même Minka) (à ce point ça faisait vraiment longtemps), Bosley en un top model latino figurant de cocktail party… Ca joue sur des tablettes pendant tout l’épisode, c’est faussement moderne mais surtout ringard avec des afféteries de montage balancées n’importe comment, tourné avec les pieds, bref… Rigolo 5 minutes tellement ça tombe dans tous les pièges du reboot foiré. Même le pilote raté annulé de Wonder Woman avait plus de gueule.

Si ça fonctionne je comprends plus rien…

Quelle idée de passer après McG aussi. FAIL.

Un signe qui ne trompe pas… Charlie a raccroché (Robert Wagner a lâché l’affaire après ce pilote). Lui n’avait pas à avoir honte de sa prestation. Il devait se sentir bien seul…

Série fort justement annulée.

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RINGER – CW (22 eps)

Ou comment Buffy joue 2 fois plus mal.
Deux Buffy pour le prix d’une ! Youhou ! C’est la fête ! Ou pas.
A la troisième chanson sirupeuse (en 15 minutes), j’ai abandonné. Faut dire que c’est (apparemment) pas avec cette histoire de jumelles racontée avec les pieds que la miss va faire redécoller sa piètre carrière.
Pour rire j’aurai pu aller jusqu’au bout de ce pilote mal torché. Parce que niveau clichés, storytelling à la ramasse, interprétation panzer et effets foirés (non mais la scène du bateau avec ses fonds verts d’un autre âge…) y’a de quoi se bidonner. Mais j’ai plus le temps pour ces conneries.
Et pourquoi je regarde une série de CW moi ?
Ah oui peut-être le vieux fantôme de Veronica Mars…

To be continued… Janvier nous réservant aussi son lot de nouveautés.

 

 

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68 Commentaires

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C’est toujours le même en fait depuis 10 ans, le générique dans engrenage ?
Sinon The affair t’en pense quoi ? Le générique pour le coup envoi ^^. J’adore le lieu, les Hamptons sa côte, le jeu des acteurs, la photo, la narration…
Juste peur que cela ne tienne pas sur la longueur.

Comment by feilong74 on 8 décembre 2014 13:09


C’est même pas le même depuis 10 ans. Il l’ont refait, mais ces lettres qui tournent là c’est d’un cheap…

The Affair je suis pas à jour. Mais pour ce que j’ai vu c’est pas mal, malgré quelques longueurs. Et on se demande pourquoi l’intrigue policière est aussi peu évoquée. Mais j’aime bien les acteurs. Et la narration aussi, même si je trouve pas ça totalement réussi (ça fait un peu gadget parfois).

Comment by 2501 on 8 décembre 2014 14:21


Juste pour dire que j’ai été assez déçu au final par la saison 5 d’engrenage. Je suis resté sur ma fin.
J’ai trouvé la trame bien moins intéressante que la saison 4. Cela devient un peu redondant.
On dirait qu’ils introduisent le « en voyant plus grand » pour une saison 6, un « gilou » en mode ripoux serait pas mal aussi.

Comment by feilong74 on 16 décembre 2014 13:57


Intrigue peu ambitieuse, presque plus portée sur la capitaine que sur l’enquête. Du coup il a fallu un gros évènement un peu « cheveu sur la soupe » pour redynamiser tout ça à mi-parcours. Mais j’me suis pas emmerdé, c’est toujours bien joué avec des persos attachants sans en faire des caisses. Et le récit alambiqué justifie toujours bien le titre. C’est sûr que quand on attend 2 ans pour une saison on aimerait un truc plus costaud. Mais au moins il se sont pas perdus en route.

Y’a juste la toute fin qui m’a paru franchement ratée. C’est con c’est sur un plan, grotesque, le truc que tu vois arriver à 2 km et qui en plus est réalisé en dépit du bon sens. Me suis cru dans Julie Lescaut sur les derniers instants, dommage.

Comment by 2501 on 16 décembre 2014 21:05


Je partage complètement l’effet Julie Lescaut dans la scène du planté de baton…

Comment by feilong74 on 17 décembre 2014 9:59


Apriori SyFy annonce une série SF ambitieuse tel BattleStar : Ascension

Comment by feilong74 on 18 décembre 2014 12:48


The affair est vraiment une bonne série mais c’est typiquement le style qui méritait une seule et unique saison pleine, conclue pour garder une certaine cohérance dans la narration et les personnages. Ici le choix de la conclusion de la saison 1 laisse une impression de choix multiple à laquelle on a choisit la plus ouverte pour la saison 2 validée il y a peu par la chaine…
N’est pas là, les limites des séries ? (aussi)

Comment by feilong74 on 26 décembre 2014 9:45


hier j’ai hésité entre la nouvelle saison de shameless et le pilote de 12 Monkeys…
J’ai joué la valeur sûr mais qui a vu 12 Monkeys ? ^^

Comment by feilong74 on 19 janvier 2015 15:30


J’ai tenté, parce qu’il y a du potentiel si c’est (très bien) géré, et rallongé intelligemment.
J’ai tenu 20 minutes. Y’a une jolie blondasse pour jouer la scientifique, mais l’acteur qui incarne Cole a un charisme de flan. Et surtout, alors que le film avait une identité et une atmosphère très marquées, là c’est juste des dialogues interminables en champs-contrechamps et des décors lambda. Ça pue la production au rabais comme Syfy fait la plupart du temps (faut vraiment une équipe de cadors pour aboutir au niveau de Battlestar avec 3 bouts de ficelle). J’ai même pas ressenti l’envie de faire quelque chose d’un peu ambitieux, non c’est juste l’exploitation d’une « licence » connue réalisée à l’arrache.

Comment by 2501 on 19 janvier 2015 17:38


Et merde… Bon, de toute façon il y a de quoi faire niveau série. J’étais juste en manque de bonne SF

Comment by feilong74 on 19 janvier 2015 19:53


Alors pour la bonne SF, y’a un bon film sorti le mois dernier, direct en vidéo : Predestination (avec Ethan Hawke et une petite qui promet).
J’aurai pu faire un article pour le recommander, mais finalement mieux vaut en savoir le moins possible sur l’intrigue, ou même le sujet.

Vraiment vraiment chaudement recommandé, lancez-vous sans même regarder un trailer, c’est un des meilleurs films de l’année dernière.

Et pour revenir sur les séries, la reprise de Shameless est comme d’hab un régal. Et ça a l’air moins sombre que l’année dernière.

Comment by 2501 on 19 janvier 2015 20:38


Après 2 épisodes de mise en place avec leur quota de scènes bien satisfaisantes, le 303 de Banshee envoie du très très lourd. L’un des sommets bourrins de la série.

Comment by 2501 on 27 janvier 2015 14:24


Bon j’ai du raté un truc avec Prédestination : Super ambitieux, belle photo, belle interprétation, mais ce scénario autour des mécaniques de voyages dans le temps vu et revu m’a vraiment laissé sur ma fin.

Sinon niveau qui envoi du lourd, le troisième épisode de Shameless est pas mal non plus !

Comment by feilong74 on 4 février 2015 16:05


Arf, dommage pour Prédestination.
Pourtant comme tu dis y’a tous les bons ingrédients. Je pense que t’as pas adhéré au côté trop tordu de l’affaire. La boucle temporelle est quand même bien gratinée. :)
Le film est tellement bien raconté que j’ai marché. T’auras au moins découvert une actrice qui promet.

T’as aimé le 3ème eps de Shameless ? Prépare toi pour le 4ème :

Ah putain c’était génial !
Qui a dit que les personnages heureux étaient chiants et sans intérêt ?
On jubile devant le bonheur de Fiona et on se régale du very bad trip de Frank. Exceptionnel ce que cette série arrive à faire en 5ème saison.

Comment by 2501 on 4 février 2015 19:30


Vu le quatrième hier, comme ils arrivent toujours à mettre leurs personnages dans un nouveau contexte à chaque fois c’est vraiment prodigieux !

Comment by feilong74 on 5 février 2015 11:16


Bon, dans les rares nouveautés de janvier (en attendant les retardées Fargo et True Detective), je retiens 2 shows, 2 comédies : Galavant et Man Seeking Woman.

Galavant, format court (8 x 20 min), comédie musicale médiévale et bien drôle, façon Monty Python (en moins trash). Voilà, ça chante donc ça parlera pas à tout le monde, mais faut tenter, parce que c’est rythmé et vraiment marrant par moments, avec des personnages très très bons (le Roi notamment).

Man Seeking Woman, c’est juste INDISPENSABLE. Ça faisait longtemps que j’avais pas ri aux éclats devant une série. Vraiment.
Le postulat de départ est super simple (un loser qui se fait larguer cherche à reconquérir la gente féminine), mais le traitement totalement surréaliste ose TOUT.
Dans Man Seeking Woman, Hitler est toujours vivant et sort avec ton ex (et y’a que toi que ça dérange apparemment), on te fait sortir avec des trolls (littéralement), on convoque la Salle des Opérations Militaires pour envoyer un sms amoureux, bref, tout prend des proportions absurdes et hilarantes.

Comment by 2501 on 6 février 2015 10:49


Ok noté !
Moi je suis plus dans la continuité que dans la nouveauté : Lilyhammer, Shameless, the Americans, banshee… et en plus j’ai du retard sur d’autres (fargo, rectify,masster of sex…)
Mais pour une comédie bien lourde, ça fera un bon duo avec Lilyhammer.

Comment by feilong74 on 6 février 2015 17:29


dining room

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Rétrolien by dining room on 23 avril 2015 14:49

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