Uncharted

Uncharted est une série de jeux d’action développée par Naughty Dog pour le compte de Sony et donc exclusive à la Playstation 3. En deux épisodes, la série est devenue une incontournable de la PS3, empruntant tout ce qui s’était fait de mieux aux jeux d’action l’ayant précédé pour un résultat hollywoodien qui, avec son héros chercheur de trésor, s’inspire forcément d’un certain Indiana…A quelques jours de la sortie très attendue du 3e épisode, revenons un peu sur le chemin parcouru par Nathan Drake jusqu’ici.

 

Uncharted : Drake’s Fortune

Naughty Dog est un studio plutôt connu des vieux de la vieille du jeu video. C’est à eux que l’on doit notamment Crash Bandicoot, best seller de la Playstation 1 et, après leur rachat par Sony, Jak and Daxter, best seller de la Playstation 2, tous deux des jeux de plate forme aux nombreuses qualités. Et en 2007 le studio frappe un grand coup avec Uncharted, l’exclusivité PS3 qui devra faire vendre des consoles à la pelle.

La description d’Uncharted est simple : action, plate-forme, Indiana Jones et mise en scène spectaculaire. Voila les 4 ingrédients sur lesquels la série aura fait sa renommée. N’y allons pas par quatre chemins, le jeu est très plaisant. Cependant ce premier épisode n’atteint pas la virtuosité dont la série fera preuve par la suite, la faute à un léger manque de personnalité et de décomplexion.

Uncharted n’est certainement pas une révolution. Si l’on affine la définition de son genre, on peut dire qu’il appartient à la catégorie des TPS (Third Person Shooter), un type de jeu qui prend ses racines dans Tomb Raider (vite fait), qui se developpe avec Max Payne, qui découvre la mise en scène et le fun non-stop avec Resident Evil 4 avant d’exploser avec le bourrin Gears of War et sa nuance de gameplay qui fera toute la différence.

Au plan de l’action, Uncharted envoie donc de sérieuses réminiscences des deux jeux cités plus haut. En effet, Uncharted essaie d’emprunter à Resident Evil 4 son action sans cesse renouvelée et sa mise en scène spectaculaire tout en incorporant ce qui faisait défaut à la série de Capcom, la possibilité de tirer en se déplaçant d’une part et surtout le système de couverture qui explosait quelques mois plus tôt avec Gears of War. Cependant Uncharted a les défauts de ses qualités. Alors que la plupart des FPS maniacs crachaient sur le gameplay « rigide » de Resident Evil 4, Naughty Dog croit donc corriger le problème. Or le système de couverture amène avec lui un paradoxe : on ne tire pratiquement jamais en se déplaçant dans Uncharted ! On se retrouve alors avec une succession de gunfights « je me mets à couvert et je tire » qui s’avèrent bien vite assez ennuyeux car dénués de stratégie ou de trouvaille originale.

Enfin pour son côté plate-forme/recherche/énigme le titre de Naughty Dog renvoie forcément à Tomb Raider , un Tomb Raider casualisé à outrance. De plus, le jeu qui fit connaitre la surpoitrinée Lara Croft s’inspirait déjà fortement de la trilogie Indiana Jones, tout comme Uncharted. Malheureusement, en ce qui concerne Uncharted et son héros masculin, la comparaison tourne vite à son désavantage, la faute justement à un Nathan Drake bien trop lisse (sorti des blagues graveleuses qui font sourire une demi-seconde) là où Indiana Jones avait beaucoup de l’antihéros. Finalement, Nathan Drake voyage comme Indiana Jones, subit des péripéties dignes de John Maclane mais possède l’aura de Ken de Barbie…

Et pourtant Uncharted reste un bon jeu. Il a été la vitrine technologique de la PS3 avec une qualité graphique impressionnante (les effets d’eau notamment), une animation hors pair et, même s’il est en dent de scie, un côté cinématographique époustouflant. En somme, une bonne façon de se faire la main avant la claque que sera le deuxième épisode.

 

Uncharted 2 : Among Thieves

Sorti deux ans après le premier opus, cette suite en reprend les ficelles…Mais cette fois sans aucun complexe pour un résultat « bigger than life » !

Il existe un énorme fossé entre Uncharted et sa suite et ce sur plusieurs points. Tout d’abord la beauté graphique du jeu lui vaudra l’appellation de « plus beau jeu sur une console de salon » (sans aucun doute aux côtés de God of War 3 sorti quelques mois plus tard). Dénué du moindre aliasing (dont souffrait pas mal son prédécesseur), Uncharted 2 est une débauche d’effets visuels, de mise en scène spectaculaire, et d’environnements très travaillés aux couleurs toujours très bien choisies (là où le premier avait peut-être tendance à être trop flashy).

D’autre part, les gars de Naughty Dog ont apporté un soin tout particulier à la progression et à la narration du jeu. Là où le premier épisode laissait un arrière gout de plan plan avec ses séquences alternées de gunfights toutes identiques et de plate-forme au level design moyennement inspiré où seule une pauvre séquence en jet-ski (déjà vue dans Resident Evil 5 de surcroit) nous sortait de notre torpeur, Uncharted 2 enchaine les surprises et les séquences d’anthologie. Ainsi les gunfights, même si quelques uns sont encore un peu rébarbatifs, amènent stratégie, dynamisme et verticalité d’un level design beaucoup plus inspiré. Comment ne pas avoir la mâchoire inferieure qui ne touche pas le sol lorsque l’on vit cette confrontation d’un homme seul contre un hélicoptère de combat (Rambo 3 ?) , le tout sur le toit d’un train lancé à pleine vitesse dans les montagnes tibétaines ? Ou bien encore lors du prologue du jeu, prétexte à une narration non linéaire un poil plus osée durant laquelle Drake escalade un wagon de train suspendu dans le vide dans un environnement enneigé du plus bel effet ?

Toujours gérée en streaming (pas de « stage », pas de coupure, pas de chargement…et les jeux proposant une telle avancée ne sont pas si nombreux que ça), la progression dans Uncharted 2 est un prétexte à une explosion des rétines tous les quarts d’heure, une variété de tous les instants servie par un gameplay légèrement amélioré et/ou simplifié par rapport au premier épisode. On pense notamment à l’abandon heureux de la six-axis pour l’amélioration et aux phases de plate-forme pour la simplification (en termes de difficulté et non de level design).

Reste quelques infimes bémols, déjà présents dans le premier épisode : un scénario bateau et des personnages peu travaillés, avec la blonde de service (la gentille), la brune de service (la moins gentille…) et consort, un système de combat au corps à corps complètement raté heureusement très peu exploité et des ennemis frustrants (2 balles dans chaque jambe et ça continue d’ avancer, avec des zombies ça passe mais là…). Mais franchement ceci n’est que chipotage pour une des œuvres videoludiques les plus spectaculaires et épiques qu’il nous ait été donné de voir avec un certain God of War 3.

Même si elle n’invente clairement pas grand-chose, la série Uncharted a su prendre tout ce qu’il y avait de meilleur chez ses concurrents en le boostant à coup de dynamisme, de graphismes grandioses et de mise en scène de folie. A quelques jours de la sortie du troisième épisode, on espère que la trilogie sera bouclée avec autant de panache que pour ce deuxième épisode, et à la vue des trailers, ça sent encore le grand spectacle !

[youtube HxyaUaH-sL8]

Uncharted : Drake’s Fortune :

Rating: ★★★★★★★½☆☆ 

Uncharted 2 : Among Thieves :

Rating: ★★★★★★★★★☆ 

Derf

 

 

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2 Commentaires

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Si c’est pour ça que le 4 est retardé, c’est vraiment des enculays chez Sony. :o

Comment by 2501 on 9 avril 2015 18:55

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