Kung Fu Panda 2

Kung Fu Panda premier du nom fût une heureuse surprise, malheureusement rattrapée en dvd. Pour une fois le petit écran ne rendait pas justice au spectacle déployé dans cet éééénième divertissement animalier de synthèse. Ce film de Dreamworks, studio longtemps reconnu pour rester à la traine de Pixar en s’enfonçant dans la parodie facile avec sa saga à l’ogre vert, rendait enfin un véritable hommage au genre auquel il s’attaquait avec une pêche d’enfer : la kung fu comedy. Au point d’en faire, au détour de quelques scènes d’action mémorables, et surtout sacrément mise en scène HK et Shaw Brothers style , la plus respectable des productions du studio au croissant de lune.

La suite était forcément attendue, et elle arrive à surprendre, dépassant toutes les espérances du premier opus. En tablant sur la vitesse, et sa maîtrise, non seulement Kung Fu Panda 2 se met au diapason de l’art martial, mais réussi à se transcender à la fois sur l’action et la comédie, pour l’un des spectacles les plus euphorisants vu depuis des mois.

Nous ne sommes clairement pas devant un Pixar. Et pour une fois on serait tentés de dire : tant mieux ! En effet, si le scénario des Kung Fu Panda ne sera jamais leur fort c’est qu’il ne compose pas le vrai sujet de ces films de pur entertainement. Tout comme les films de kung fu d’antan, on vient pour rire et pour s’éblouir de la folie des gestes et des prouesses. Le visuel prime, et quoi de mieux qu’un film 3D pour exacerber les capacités de combattants hors pairs. Le Bigger Faster Louder des seconds opus joue ici à fond à l’avantage d’une intrigue qui mise tout sur une fuite en avant visuelle et sonore ahurissante. Comme au bon vieux temps des Jackie Chan HK, où les cascades s’enchainaient plus rapidement que les rebondissements d’une histoire convenue (mais transcendée par la folie visuelle ambiante).

Les auteurs de Kung Fu Panda 2 ont tout compris à cet esprit HK des années folles, ils la reproduisent en utilisant à très bon escient les armes que la 3D (synthèse et relief) leur procure. Feux d’artifices de couleurs et de plans-séquences impossibles, de trouvailles réjouissantes (le dragon c’est du pur kung fu 90’s) s’enchainent quasiment sans temps mort, le film ne laisse pas souffler un spectateur qu’il met au défi d’une vitesse exhilarante. La mise en scène donne carrément la banane, pas seulement les gags judicieusement disséminés, mais tout l’enchaînement des bagarres et des situations loufoques qui se succèdent comme si le film n’était qu’un gigantesque climax sans fin.

Cette vitesse ne serait rien sans la maîtrise (oui on dirait une pub de pneu, mais y’a du vrai chez les publi-losophes de la route…). Ce qui est un peu au cœur d’une intrigue simple mais efficacement déroulée. La paix intérieure, la recherche des origines, tout ça n’est pas bien nouveau, mais quel enrobage ! La forme est toujours le plus important car elle réussira à transcender n’importe quoi, alors qu’une bonne histoire racontée n’importe comment… Ce bon vieil axiome est ici appliqué avec une joie communicative. Jack Black s’éclate toujours autant dans la peau du nounours noir et blanc, dont l’humour a gagné en efficacité en accentuant son intégration au cœur des scènes d’action. Po est toujours aussi décalé, mais son commentaire sur l’action et son mauvais timing sont eux si bien ajustés que le rire en découle sans passer par des clichés mille fois vus et entendus. Ralentis, accélérations, distances, échelle des plans, tout est utilisé pour à la fois donner une énergie, et la casser subtilement par la maladresse intrinsèque de cet animal incongru.

Comme dans toute bonne kung fu comedy, action et comédie se répondent et se nourrissent jusqu’à provoquer ce plaisir typiquement enfantin de la jouissance d’une chute, d’une baffe, de cette douce violence qui n’entraine aucune douleur mais un flux d’énergie salvatrice (comme dans tout bon Tex Avery par exemple). La technique employée ici transcende les mouvements, les gestes et prouesses de manière idéale : le scope spectaculaire, le montage exigent mais lisible, la 3D relief réellement travaillée magnifiant les paysages et une riche palette de couleurs, tout concourt à un constant éveil des sens, voire même à les mettre au défi, lors de cavalcades tellement virevoltantes qu’on perd pied un instant, grisés non seulement par la vitesse, mais aussi par la constante créativité qui permet au film d’être autre chose que simplement agité.

Au scénario est alors octroyée une portion congrue. Même s’il arrive à se développer dans les scènes d’actions, les moments calmes semblent se compter sur les doigts d’une main. Malgré tout bien exécutés, on se prend au jeu, et on se laisse même un instant gagner par un peu d’émotion quand les passages 2D judicieusement utilisés en flashbacks viennent apporter leurs révélations au milieu de ce feu d’artifices survitaminé. Un autre ride viendra aussitôt mettre fin aux accolades avant que le cliché ne frappe, et c’est le triomphe de la forme sur le fond qui vient encore une fois de sa flamboyance enrichir une histoire vieille comme le kung fu.

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Rating: ★★★★★★★★☆☆ 

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