Paul

Paul, curieux titre pour une comédie de science-fiction écrite et interprétée par les auteurs de Shaun of the dead et Hot Fuzz, Nick Frost et Simon Pegg. Paul, c’est le patronyme d’un extraterrestre correspondant au descriptif le plus communément admis du « p’tit gris » de Roswell. Normal puisque toutes les infos connues sur les ET (jusqu’aux ingrédients des plus grands films de SF, excellent gag) viennent de cet alien échoué en 1947 dans la fameuse zone 51. Quand dans sa fuite il croise le chemin de deux geeks rosbeefs débarqués du Comic Con, c’est le début d’une course poursuite blindée de gags référencés.

Confronter le geek à son fantasme ultime, l’ET, voilà la principale bonne idée de Paul, qui, dans sa première partie où les scènes rocambolesques et les vannes fusent, tient agréablement la route. La structure de road movie en forme de poursuite est souvent payante, permettant au film de multiplier les situations comiques, d’éviter le surplace narratif d’un pitch limité et de composer de nombreux seconds rôles réussis. Kristen Wiig en folle de Dieu convertie à l’évolution (et aux jurons), les suits du FBI à la rigidité débile et surjouée, et une voix bien connu de tous les fans de SF, contribuent grandement à la tenue d’une histoire un peu trop engoncée dans l’humour graveleux.

Oui, il ne faudra pas attendre une grande ambition à partir de ce pitch alléchant. Le film est réellement drôle, mais au niveau pipi-caca-cul-geek, l’alien étant le glandeur vulgos ultime. On est dans le rigolo qui carbure à la quantité. Résultat, quelques gags tombent à plat, mais c’est sans conséquence puisqu’il y en a trois à la minute, et que le timing est souvent efficacement réglé. La thématique alien (étranger) des anglais sur le sol américain est bien vue mais aurait dû être plus développée. Toujours est-il que le geek acteur de ses propres fantasmes héroïques est en train de s’installer dans le cinéma américain. Néanmoins, qu’est-ce qui fait qu’on a malgré tout un sentiment de trop peu ?

Greg Mottola (les sympathiques Supergrave et Adventureland) n’a clairement pas les épaules pour donner du relief à ces aventures, au service des anglais sans proposer quoi que ce soit de son côté. Il aurait fallu un vrai réalisateur aux commandes, et pas juste un passe-plats, pour accéder au niveau supérieur qui rendrait le film moins anecdotique. Leur réalisateur jusque-là attitré, Edgar Wright, manque clairement au duo Frost/Peg, parti diriger Scott Pilgrim (avec le Michael Cera de… Supergrave).

C’est en grande partie pourquoi le récit de Paul flotte un peu trop, et la forme ne vient jamais compenser les quelques moments creux, notamment sur une conclusion trop facile et mal torchée. Paul est cependant le parfait véhicule pour que l’humour de Frost & Pegg envahissent les USA… Tiens, la voilà la mise en abyme pour donner un poil de cul profondeur à ce gentil divertissement.

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Rating: ★★★★★★☆☆☆☆ 

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