Mirror's Edge

Mirror’s Edge est un O.V.N.I, un Objet Videoludique Non Identifié sorti en 2008 sur Xbox 360, PS3 et PC. Sorte de FPS sans le « S » édité par Electronic Arts et développé par les suédois de chez Dice à qui l’on doit Battlefield 2, il séduit par son univers et les sensations qu’il procure. Et surtout, il démontre avec brio que l’on peut faire du jeu vidéo pour adulte sans forcément devoir charcuter tout ce qui passe devant nos yeux.

Dans un univers inspiré de 1984 d’Orwell où toute forme de communication est surveillée, Mirror’s Edge nous place dans la peau de Faith, un messager chargé d’établir les liens de communication entre les résistants à ce monde aseptisé. Pour cela, Faith se déplace rapidement sur les toits des buildings de cette ville trop propre, tentant d’échapper aux autorités. D’emblée le jeu de Dice est séduisant, retranscrivant admirablement le côté trop clean de ce monde d’un futur pas si éloigné grâce à un game design vraiment intéressant et même si le scénario en lui-même reste difficile à suivre et plutôt accessoire (et pas franchement aidé par des cinématiques à la qualité discutable), il convient parfaitement à l’univers par sa description de complots mettant en scène les puissants, en l’occurrence le maire de la ville.

Dès le début le jeu provoque des sensations inédites par sa jouabilité à la fois proche et éloignée des FPS habituels. Même si la référence est au ras des pâquerettes, le côté yamakazi est formidablement bien rendu par le concept de bodyawarness, soit la conscience du corps. En effet, dès le départ certains détails ne trompent pas et dénotent avec les FPS « normaux » comme la possibilité de voir ses pieds en baissant la tête ou encore la façon qu’a Faith de mettre ses mains sur les différentes parois. Evidemment, la panoplie de mouvements de Faith devra faire l’objet d’un temps d’adaptation conséquent puisque assez inhabituel dans le jeu vidéo.

Mais là où Mirror’s Edge s’éloigne encore plus des FPS, c’est tout simplement par le fait qu’il n’est absolument pas pensé pour cela. Ainsi on vous fera bien comprendre dès le début qu’il vaut mieux fuir qu’affronter les policiers, les désarmer plutôt que les frapper, jeter vos armes plutôt que les garder (car celles-ci vous ralentissent) etc.
Et c’est là que le bât blesse car Mirror’s Edge a clairement les défauts de ses qualités. Pensé comme une course contre la montre incessante (et stressante à souhait), le jeu ne peut exploiter à fond ce concept puisque au final il n’échappe pas à l’écueil « die and retry ». En d’autres termes, on meurt entre trente et cinquante fois par niveaux, souvent parce qu’on ne sait simplement pas où aller (malgré les artifices de gameplay censés nous aider) ou parce qu’on pense qu’il ne faut tuer personne, les développeurs ayant bien insisté au moment de la sortie sur le fait que l’on pouvait finir le jeu sans tuer personne (en vérité, à partir de la 2è moitié du jeu, je me suis mis à buter à peu près tout le monde tellement j’étais saoulé mais le système de shoot est tellement pauvre que je petais des câbles quand même !).

Et pourtant je ne peux m’empêcher de conseiller cette expérience (si vous êtes un minimum patient en tout cas), pour son univers, sa mise en scène, son héroïne et les sensations qu’il procure. Annoncé comme le premier épisode d’une trilogie, son échec commercial rend incertain la sortie des deux opus suivants (Shenmue mon amour…) ou alors avec une radicalité dans l’approche beaucoup moins forte.

Affaire à suivre…

Rating: ★★★★★★★½☆☆ 

Derf

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