Astérix aux Jeux Olympiques

Il est vrai qu’adapter cinématographiquement la saga des Astérix était une bonne idée. La célèbre bande dessinée se prête fort bien au langage du cinéma autant dans ses cadres, ses dialogues, ses récits, ses décors que ses références. Il faut bien noter que chaque album traverse le monde, propose de nombreuses scènes collectives ou plus intimes, joue énormément sur l’action et provoque pas loin d’une franche rigolade à chaque bulle. Il faut également noter que Goscinny et Uderzo apparaissaient comme des grands fans de Septième Art. En un mot, tout était réuni pour réaliser de grands films populaires. Après un premier épisode globalement loupé et un deuxième estampillé Canal +, plus drôle et finalement assez réussi, voici le troisième volet qui se propose à nos yeux.

Alors qu’Astérix et Obélix contre César et Astérix et Obélix : Mission Cléopatre possèdent une véritable identité (l’humour à la papa pour le premier ; l’humour nouvelle génération pour le second), cet Astérix aux Jeux Olympiques brille par son motif de l’absence qu’il arrive à conjuguer au pluriel.

Absence de scénario tout d’abord. Il faut remarquer que les auteurs ont pris des libertés avec l’œuvre originale pour aller vers quelque chose de plus simple et sûrement de moins compliqué à filmer. Les péripéties s’enchaînent sans queue ni tête dans une logique de micro séquences où les bons raccords sont aux abonnés absents et qui donnent une bien belle opinion de la profession de monteur. Les dialogues sont consternants de bêtises, d’enchaînements de clichés et il faut bien être extrêmement indulgent ou en énorme gueule de bois pour n’esquisser ne serait-ce qu’un bête sourire tant les gags sont paresseux.

Absence de représentation ensuite. Les deux (????) réalisateurs n’ont visiblement pas de projet sur ce qu’ils sont en train de faire ni aucune idée de ce qu’est un enjeu cinématographique. Tout est incroyablement moche, autant les cadres que les mouvements de caméra. Mais ce qui est plus beau que tout, c’est bien l’utilisation des décors, autant réels que les map paintings, qui sonnent invariablement faux. Notons également de superbes (!!!!) effets spéciaux qui savent s’incruster parfaitement à l’écran. Naaan, bien sûr, je rigole, les SFX sont tout aussi laids que le reste de la mise en plastique, archi visibles et à peine digne d’une production Z. Les costumes entrent également dans cette logique car ils sont au niveau d’un carnaval pour CE1 où le thème principal serait le papier crépon.

Absence ensuite d’acteurs. Evidemment, ils ne sont pas dirigés du tout, ce qui provoque comme conséquence un énorme cabotinage de l’ensemble du casting quand certains arrivent à être juste totalement nuls. Et pourtant, ne plus voir Christian Clavier sur un écran aurait pu provoquer un réel soulagement. Hélas, Clovis Cornillac est aussi irritant que son prédécesseur. Mais que dire de ce défilé de caméos à la fin du film ? Il faut, bien sûr, y voir une volonté de faire rire. Oh regarde, ya Schumacher. Vroum, vroum ! Vouah, Zidane, il est trop fort ! Et 1, et 2 et trois 0 (en effet, cela pourrait être la conclusion du film !!!). Yeah, TiPi, c’est la family ! Mais cette débauche d’énergie n’est telle pas vaine à la vue de ce qui nous a été proposé durant l’intégralité du métrage ? De toute façon, on s’en fout, ce n’est pas drôle…Eux aussi en font des caisses !

Absence enfin d’intelligence. Les réalisateurs proposent un manque de respect affligeant envers ses spectateurs. Le film est d’une bêtise tellement puissante qu’il prend chacun de nous pour un crétin débile. Finalement, ce long-métrage pourrait viser à être une œuvre d’utilité publique dans sa mission de rabaisser le spectateur dans ses retranchements les plus bas et de lui ôter toute connexion neuronale. Et dire que certains peuvent trouver ça familial et populaire. Désolé, mais être populaire ne signifie pas être populiste. Et le cinéma français l’a déjà démontré.

La conclusion du film est simple. En étant méchant, nous pouvons dire que c’est l’un des pires films de l’histoire de l’humanité. En étant gentil, rarement un tel sentiment d’homogénéité n’a transpiré à l’écran. Et une question se pose : où est passé le budget ?

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