Le ciel est à nous

Oui alors j’en entends déjà dans le fond se dire « oh la la mais ce film on l’a déjà oublié (ou on le connaît même pas) et de toute façon c’est du sous Tarantino » etc. etc. C’est vrai qu’avec ce premier film réalisé en 1997, Graham Guit, passé depuis à un cinéma plus « auteurisant » surfait abondamment sur la déferlante Pulp Fiction comme beaucoup de metteurs en scène de cette époque (salut à toi Guy Ritchie…) et pourtant le résultat s’avérait très frais et agréable.

Entre 1995 et 2000 on parlait d’une nouvelle nouvelle vague de jeunes réalisateurs français plutôt énervés et intéressants dont les représentants les plus illustres s’appelaient Kassovitz, Kounen ou Dupontel et dont Graham Guit faisait plus ou moins partie bien que moins connu, rompant avec le classicisme à la française et plutôt dans la continuité d’un cinéma à la Luc Besson (époque Nikita/Léon) clairement abreuvé d’œuvres américaines assez bad ass.

Le ciel est à nous prend donc sans surprise comme protagonistes des malfrats à la petite semaine, pas vraiment pros, pas vraiment débutants, carrément caricaturaux mais tellement jouissifs à écouter, servis par des dialogues truculents pour une histoire finalement banale mais très bien mise en valeur par la mise en scène nerveuse de Guilt.

Influence oblige, Guilt nous sert des plans iconiques ou complètement pompés ailleurs (le fameux plan de l’intérieur du coffre est bien présent),  un montage musical « in » le tout avec une distribution d’acteurs peu connus à l’époque (hormis Romane Borhinger) qui pour la plupart étaient des habitués de ce genre de cinéma, on pense notamment au grand François Levantal qui, s’il reste aujourd’hui malheureusement abonnés à de pauvres rôles dans des séries, offrait aux metteurs en scène sa gouaille et sa dextérité, nunchakus, couteaux ou flingue à la main pour des séquences complètement folles.

Au final, on a beau se dire que c’est complètement pompé sur Tarantino, on reste sous le charme de ces dialogues percutants, de cette mise en scène à l’époque inhabituelle en France et même de cette naïveté romantique tout à fait bienvenue. Et 13 ans après, on revoit le film avec autant de plaisir et on fini quand même par se demander qui est là pour remplacer cette nervosité que tous ces réalisateurs ont logiquement oublié, prise de bouteille oblige.

C’était l’époque où le cinéma français essayait, même si sous influence, de se ré-inventer et où l’on avait une alternative aux comédies grasses, pas drôles et larguées sociologiquement ou aux longues réflexions psychanalitiques sur comment je vais introduire mon pénis dans ton vagin.

Aller je suis méchant, en cherchant bien on trouve des comédies romantiques plutôt regardables dans le Paysage Cinématographique Français…

Rating: ★★★★★★★☆☆☆ 

Derf

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5 Commentaires

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jamais sorti en DVD au passage…

Commentaire by derf on 6 septembre 2010 21:39


Et ben, je l’avais complètement zappé celui là, d’ailleurs il ne m’a laissé aucun souvenir mais je sais que je l’ai vu… :eek:

Commentaire by feilong74 on 7 septembre 2010 9:03


Le gros problème du film, c’est pas cet effet sous-Tarantino, c’est quand même Romane Bohringer.

Commentaire by teub on 7 septembre 2010 9:18


En effet derf, vu et oublié.

Le Graham s’est un peu fait oublier lui aussi depuis quelques temps.

Y’a largement plus détestable dans notre PCF, mais bon, c’pas une grosse perte non plus.
J’lui préfère un Mabrouk El Mechri (regardez Virgil !) qui a une touche à lui (un peu 70′s, à la narration efficace), et qui va bientôt tounrer son 3ème film avec Sigourney et Bruce.

Commentaire by 2501 on 7 septembre 2010 9:24


Merde, apparemment Romane Bohringer aurait le syndrome Samuel Le BIhan…

Commentaire by derf on 7 septembre 2010 9:37

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