The Devil Wears Prada

Alors, certes, on peut comprendre que le Diable peut, parfois, s’habiller en Prada, mais visiblement, cela n’a pas suffi. Il aurait, peut-être, fallu qu’il se vêtisse également de Dior, Christian Lacroix et autre Yves Saint Laurent pour que l’on puisse trouver une petite once de sympathie envers ce film.

En effet, rien n’est à sauver dans un long-métrage bourré de situations archétypales et de dialogues insignifiants. Le réalisateur donne rendez-vous au spectateur avec tous les clichés d’un film commercial américain : la jeune naïve qui va grandir, se tromper puis s’affirmer, la relation amoureuse qui bat de l’aile (différentiel relationnel, tromperie, etc) mais qui va finalement se renforcer, la patronne méchante mais qui s’avère humaine quand même un petit peu, la musique pop Virgin Radio, l’image de Paris (et oui, c’est un film qui parle de mode) digne de la carte postale la plus kitsch, morale judo-chrétienne saine et sauve. La mise en scène, quant à elle, n’existe tout simplement pas. Jamais David Frankel ne convoque ne serait-ce qu’une larme de proposition de cinéma. Ce réalisateur gagne à ne pas être connu, c’est certain (pour l’anecdote, il a réalisé, par la suite, Marley et Moi avec le génial Owen Wilson et la cruche Jennifer Aniston, paye ton plan de carrière !). Notons, cependant, un effet de montage sympathique sur une Anne Hathaway qui devient peu à peu une fashionata. Et pourtant, le récit se déroule tambour battant grâce à un joli sens du rythme, notamment au début du métrage. Mais ne soyons pas trop idéaliste, ce rythme s’essouffle au fur et à mesure de la progression du film.

Enfin, le film a comme quelque chose de nauséabond dans sa manière de représenter la gent féminine. Elle apparaît totalement futile, seulement préoccupée par son poids, ses mensurations et sa garde-robe. Le réalisateur veut même nous faire croire qu’Anne Hathaway est grosse, la pauvre bichette portant un taille 6. Il faut quand même arrêter de prendre le spectateur pour un con. Ce qui aurait pu passer pour une gentille petite critique de la génération Cosmo, Biba et autres magazines du genre se transforme en discours proche de la misogynie. En effet, la fin du film nous fait clairement comprendre que malgré sa transformation et sa remise en cause, l’héroïne n’a pas renié totalement un milieu duquel elle s’est pourtant enfuie afin de retrouver son humanité.

Ce qui pouvait passer pour un divertissement calibré Dimanche soir n’est autre qu’une énième foutaise hollywoodienne. Néanmoins, précisons la performance de Meryl Streep qui voulait, à coup sûr, récupérer une ultime nomination aux Oscars.

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