Splice

Quelques lignes pour confirmer une fois de plus que Vincenzo Natali est un bien piètre réalisateur.

Alors je vous vois venir ce n’est certes pas le pire des tâcherons. Pas non plus quelqu’un d’antipathique, plutôt un passionné. Et puis les sujets de ses films sont pour le moins intrigants, voire très intéressants sur le papier. Après un Cube savamment bricolé mais très saboté par des acteurs en roue libre, un Cypher pétard mouillé et un Nothing au concept paraît-il non exploité, j’avais malgré tout foi en Splice, de par un buzz festivalier bien alimenté par des délais de sortie salles de plus en plus repoussés… Natali s’attaquant à son idole et légende vivante du fantastique, avec un film de monstre un peu tordu, il y a de quoi se lécher les babines en cette période de disette du genre, où les slashers sortent désormais de l’usine dans l’indifférence générale et où le parangon contemporain se résume par une bande d’ados mormons qui ne savent ni baiser ni jouer au vampire correctement.

Mais n’est pas Cronenberg qui veut. Et quand on récite sa leçon comme un bon p’tit élève appliqué, on se retrouve avec un résultat qui perd tout sens et toute incarnation cinématographique.

Splice donc, où l’histoire d’une manipulation génétique interdite, expérimentation d’un hybride humain par un couple de scientifiques un peu border line. Ces savants bientôt fous, ce sont Sarah Polley et Adrien Brody. On fait pire comme paire d’interprètes principaux. Malgré tout ils semblent tout autant dans la panade que leurs personnages avec leur ménage à trois contre nature. Une fois de plus Natali fait preuve d’un manque de discernement concernant la caractérisation et la direction d’acteurs. Jamais ces deux protagonistes ne seront attachants, ils deviennent même, les minutes passant, franchement antipathiques. Presque un exploit. Et le premier signe d’un film tiédasse, qui ne fait qu’accumuler les clichés du film de monstre version psychologie de bazar et avertissement primaire contre les dangers de la science.

L’image froide peut faire illusion 5 minutes, avant qu’on ne se rende compte du cache-misère, le réalisateur n’étudiant jamais sa mise en scène en fonction de son sujet tout ça sonne creux et plat. S’ajoute à ce manque de point de vue une tendance globale au huis-clos à 2 ou 3 personnages qui rend son film plus cheap qu’étouffant. Au mieux ça se regarde comme un épisode d’Au-delà du réel bien trop long (presque 2h tout de même).

On peut toutefois sauver le monstre du film et son évolution. Delphine Chanéac, qui l’interprète à l’âge adulte, et les techniciens des effets spéciaux on fait un travail remarquable avec cet humanoïde (à deux trois CGI près au stade nouveau-né). Son étrangeté est d’autant plus troublante que ce monstre est proche de nous, comme un lointain cousin. Néanmoins l’histoire brodée autour atteint rapidement le grotesque et le ridicule. L’enchaînement de rebondissements finaux gouverne un film qui part en vrille dans une surenchère inutile.

Chez le maître canadien, chaque chose à sa place et chaque effet calculé en fonction de son sujet engendraient des films à la (fausse) simplicité captivante et fascinante. Aujourd’hui les disciples, les remakeurs et les fanboys ne savent que reproduire des figures creuses qui s’annihilent d’elles-mêmes dans un gros barouf éphémère. C’est un peu la malédiction du talent, il engendre des freaks inintéressants.

2501

Rating: ★★★★★☆☆☆☆☆ 

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4 Commentaires

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j’ai déjà vu cette affiche quelque part…non ?

…bon alors moi en plus j’ai un problème avec adrien brody, je le trouve insupportable dans tous ses films….et delphine chaneac comme ça c’est gâché…j’étais intrigué mais je lacherai pas 8€…

Commentaire by derf on 3 juillet 2010 19:54


J’avais de l’espoir pour ce film, je me disais que ça pouvait être la bonne surprise de cet été, voire la bonne surprise fantastique de l’année, à côté de tous les blockbusters et remakes. Raté.
En attendant, il me semble que le dernier très bon film de genre que j’ai vu est sorti direct en dvd… j’ai (re)nommé Moon. Fortement conseillé.

Pour l’affiche la parenté avec celle d’Alien 3 n’est sans doute pas fortuite.

Tu peux retrouver Delphine dans sa forme humaine dans Incontrôlable et plein de prods TV hexagonales, de Louis la brocante à Julie Lescaut…
Moi en attendant je veux bien devenir son agent parce qu’elle a des problèmes de carrière la miss.

Commentaire by 2501 on 3 juillet 2010 20:34


oooooh oui je connaissais déjà bien delphine chaneac, la cameron diaz du pauvre (attention hein pas pour le physique ! plutot pour la carrière !)…bon je vais essayer de me procurer ce Moon…

Commentaire by derf on 3 juillet 2010 22:05


comme je suis maso je l’ai vu…bon ben quand Frankenstein rencontre La Mouche pour faire un cours sur Freud (crise d’ado, oeudipe, phallus tous les 2m…) avec la pleureuse Adrien Brody (mais sans daryl hannah) le tout avec une mise en scène ringarde ça fait splash, pardon splice…

Commentaire by derf on 9 novembre 2010 10:23

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