Iron Man 2

Iron Man fût la bonne surprise super-héroïque de l’année 2008. Son retour 2 ans plus tard est donc forcément attendu, le premier film ayant réussi à imposer un ton décontracté et un casting atypique marquant la consécration populaire de Robert Downey Jr. Le réalisateur Jon Favreau devait au moins corriger un petit défaut, des scènes d’action rares et pauvres, tout en ne succombant pas à une surenchère traditionnellement nocive aux numéros 2.
L’humour est toujours au rendez-vous et l’on se réjouit dès les premières minutes d’un Robert Downey jr qui jubile, comme un poisson dans l’eau. On sent que le casting s’amuse, qu’il y a une alchimie certaine, aussi parce que le réalisateur a commencé avec des comédies et qu’il se met lui-même en scène en maladroit garde du corps de Tony Stark. Du coup même le remplacement de Terrence Howard par Don Cheadle passe sans véritable problème dans le flot constant de bons mots et de péripéties. Ce qui fonctionne moins par contre c’est l’accumulation de nouveaux personnages. A commencer par le duo de méchants, bien faiblard entre un Mickey Rourke russe caricatural et un marchand d’armes concurrent bien fade face à l’extravagance de Tony Stark. Toutes leurs scènes sont les plus faibles du film, et l’on se souvient alors de la devise d’Hitchcock au sujet des bad guys… La belle Scarlett… vient faire la belle Scarlett. 6 mois d’entrainement pour jouer des cuisses 30 secondes dans un couloir, on appelle ça du buzz hollywoodien typique. Et l’on peut encore rajouter les interventions de Nick Fury / Samuel L. Jackson, venu préparer le terrain des Avengers, en cerise sur un gâteau bien trop garni. La relation avec Pepper Pots est par conséquent rapidement court-circuitée, pour laisser place à une introspection bien trop superficielle (Stark qui s’autodétruit) au milieu de toutes ces rencontres et de cet humour instaurant une distance avec toute cette histoire.

Le film fait l’effet d’un gros mille-feuilles qui n’approfondit jamais chacune de ses parties. Le seul à en sortir à peu près indemne c’est Robert, heureux de faire le show. Si on le suit dans son cinéma quasiment aussi égocentrique que celui de Stark, on peut s’amuser.
Car le reste n’est que narration de série enchaînant les dialogues en champs-contrechamps, encore une fois beaucoup plus nombreux que les scènes d’action. Favreau conscient de ses lacunes avait pourtant embauché le virtuose de l’animation Genndy Tartakovsky (Samurai Jack, Clones Wars 2D) au storyboard de ces dernières, mais peu de changement depuis le premier opus. Quelques bonnes idées et plans archi-icôniques n’empêchent pas de se sentir une fois de plus sévèrement lésés sur le pur spectacle de ces machines d’acier qui se foutent sur la gueule… pendant 30 secondes avant de conclure prématurément. La mise en place est souvent plus longue que l’action elle-même. Frustrant.

En aucun cas une suite catastrophe ni même bâclée, Iron Man 2 ne se démarque pas de son modèle. Sans l’effet de surprise orignal et à cause d’une narration de série TV enchainant les personnages plus que les enjeux, le film se contente de divertir ceux qui sont venu plus pour la comédie que pour l’action, sans pour autant confirmer le potentiel en transcendant le personnage. On sent le cahier des charges bien (trop) rempli, le résultat est très oubliable malgré l’engouement des comédiens.
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Tags: 2010, blockbuster, Don Cheadle, Gwyneth Paltrow, Jon Favreau, mickey rourke, Robert Downey Jr, Sam Rockwell, Samuel L. Jackson, Scarlett Johansson, Super-héros, USA
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