Les chèvres du Pentagone

Les Chèvres du Pentagone, c’est le film de gauche classique qui prend la forme, évidente dès l’affiche, de la comédie, jouant sur le terrain de réussites telles que MASH ou les Rois du désert. George Clooney est toujours dans ces coups politiquement incorrects, ou… plutôt devenus maintenant très corrects (oscarisé pour Syriana, par ex). Il est ici entouré d’une pléiade d’acteurs dont on n’a même jamais rêvé qu’ils puissent un jour être réunis dans un même film : Ewan « Trainspotting » McGregor, Jeff « The Dude » Bridges, et Kevin « Keyser » Spacey. Le film traite à partir de faits réels ( !) d’une armée parallèle de soldats américains développant des superpouvoirs parapsychologiques, à la Jedi : tuer avec un regard (un animal), déchirer des nuages, passer à travers les murs, devenir invisibles, maîtriser un ennemi par la pensée, etc… Un sujet avec un potentiel (de) dingue(s), mais qui demeure pourtant totalement anecdotique…

Il n’y a pas de mystère devant un tel gâchis. Si l’on alterne amusement et ennui poli selon les séquences, c’est avant tout parce que c’est le cas typique du film qui se repose sur ses atouts… en oubliant l’essentiel. Le scénario met en parallèle le développement de ce corps d’armée particulier dans un flashback 70’s, et des péripéties en Irak, où un journaliste raté accepte de suivre ce type de guerrier psychique un peu illuminé pour enfin arriver à sortir un papier.

Le récit se contente alors scolairement d’enchainer les séquences amusantes sans doute piochées dans le livre de Jon Ronson – journaliste à l’origine de la découverte de ces faits hallucinants – avec une structure mécanique qui n’implique jamais le spectateur au-delà du gag du moment. Humour un peu béta qui fonctionne avant tout grâce à l’énergie des comédiens. Bridges nous refait le Dude chez les troufions, Clooney est impeccablement azimuté, et Ewan « Obiwan » McGregor médusé devant ces pseudo pouvoirs de Jedi produit un contrepied rigolo. Sur la longueur, cet empilage de scènes pêche de plus en plus d’autant que la réalisation fonctionnelle ne cache pas une mise en scène totalement absente.

La pauvreté du spectacle se révèle alors rapidement, étrange sentiment alors que les ingrédients semblaient tous là pour nous embarquer sans réserve, et nous offrir les nouveaux Rois du désert. Comme quoi négliger la forme revient à négliger le cinéma, et qu’un bon film ne dépendra jamais que d’un bon sujet et d’un bon casting.

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Rating: ★★★★★½☆☆☆☆ 

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