Soul Kitchen

Fatih Akin, après nous avoir offert son sous-estimé  De l’autre côté , revient avec un nouvel OVNI cinématographique. Mais cette fois-ci il s’attaque à un nouveau registre, la comédie. Au vu de ses précédents films, on était en droit de se poser des questions quant à la faculté du réalisateur à réussir un tel pari tant il se sent à l’aise dans le drame…

Un restaurateur un peu paumé est englué dans sa petite vie entre son petit resto qui ne marche pas beaucoup mais qui lui demande pourtant énormément de temps, et sa petite amie qui va partir pour la Chine et qui donc aimerait le voir plus souvent… Après avoir posé ces bases, le film démarre alors son rythme effréné faisant entrer en scène une succession de personnages hauts en couleur: le frère qui sort de prison et qui demande un job mais sans vouloir travailler, la serveuse un peu artiste qui veut rester libre et ne pas s’engager, le chef un brin caractériel et susceptible, l’ancien pote de collège qui veut racheter son boui-boui, etc… Chacun apporte au héros de nombreux évènements qui ne le (nous) laisseront jamais respirer. Le gros point fort de cette série de personnages étant qu’ils sont tous différents sans pour autant jamais tomber dans la caricature.

Et puis que dire du fameux « soul kitchen », le nom du restaurant, qui provient à la base de soul-music mais qui se détache petit à petit de la connotation musicale pour nous entraîner vers la traduction anglaise du seul mot « soul », tant le réalisateur parvient à lui donner une réelle âme en le montrant comme un lieu intimiste par moments et en le transformant plus tard en un resto-concert explosif, voire en club echangiste.

Les différentes scènes s’enchaînent à merveille avec un humour décalé qui ne tombe jamais dans le vulgaire ou le pipi-caca comme le veut la mode du côté américain (Apatow en fer de lance). Seules deux ou trois d’entre elles seront un peu plus difficiles à avaler (celle de l’enterrement ou celle de la vente aux enchères par exemple) mais on ne saurait trop lui en vouloir tant il souffle sur cette oeuvre un grand brin d’inventivité et beaucoup de légèreté qui nous feront sortir de la salle le sourire jusqu’aux oreilles.

Pari réussi Monsieur Akin!!!

toriyazaki

Rating: ★★★★★★★½☆☆ 

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