Lovely Bones

Peter Jackson signe un retour pour le moins étonnant, avec un sujet que personne n’attendait, Lovely Bones étant à mis chemin entre le (mélo)drame et le fantastique. Exercice difficile et risqué, on sent qu’ il a envi ici de se renouveler et de surprendre son public en tentant ce défi osé, un peu à la manière de son remarquable Créatures Célestes en 1994. Tiré du roman d’Alice Sebold « La nostalgie de l’ange », le film relate l’histoire d’une jeune fille assassinée qui, depuis l’au-delà, observe sa famille sous le choc de sa disparition et surveille son meurtrier, ainsi que la progression de l’enquête.
Le premier sentiment est que la mise en scène est irréprochable, et les doutes que l’ont avait à ce sujet se dissipent aussi rapidement qu’ils n’ avaient aucune raison d’être. On se laisse séduire par la jeune adolescente Susie, interprétée de belle manière par Saoirse Ronan que l’on avait découvert dans City of Ember, par sa famille, sa ville, jusqu’au crime annoncé. Peter Jakson fait alors le choix d’ éluder le viol de la scène, pourtant décrit et ressentit comme tel par la voix off de Susie. On y retrouve cependant la même tension interminable qui conduit au crime de Créatures Célestes.

La suite malheureusement, laissera sur la bas côté son lot de spectateurs. A cause d’une part, au rendu de l’entre deux mondes, très coloré, à mis chemin de Terry Guilliam ou de The Fountain, où ère l’âme meurtri de notre défunte adolescente. Et d’autre part, à cause de l’absence de sentiment, les personnages du père (Mark Wahlberg) ou de la mère (Rachel Weisz) étant aussi fades que mal interprétés (dirigés ?). Seuls la grand mère (Susan Sarandon) et surtout le tueur (Stanley Tucci) arrivent à transcender leur personnage. Par ailleurs, le rythme créé par cette double dimension et ces allers retours incessants casse tous simplement le peu de sentiment qu’il pouvait émerger de l’ensemble. Seul quelques trop rares enchainements
(bateaux en bouteille, baiser de fin)
arrivent à fonctionner. Le reste n’étant qu’une simple enquête policière et vengeresse comme tant d’autres. Et que dire de l’utilisation de la chanson « song to the siren » que l’on aurait préférer entendre seulement dans Lost Highway et ce, à tout jamais…
Darren Aronofsky avait lui réussi cette difficile jonglerie dans The Fountain, ne perdant finalement certain spectateur que sur la fin. Mais les sentiments étaient au moins bien présents tout au long de son film. Lovely Bones de Peter Jackson restera donc qu’un exercice transitoire, réussi en parti mais qui n’est définitivement pas une œuvre majeur du réalisteur.
Rating: 








Feilong

Tags: 2010, Fantasy, Mark Wahlberg, mélodrame, Peter Jackson, Rachel Weisz, Saoirse Ronan, Susan Sarandon, USA
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