Wolfman

Comme on pouvait s’y attendre du gentil faiseur Joe Johnston, Wolfman est un film carré, sans aspérité, tout juste sauvé par une volonté de spectacle old school, respectueuse d’un certain héritage du genre.
Au contraire d’un Van Helsing gonflé aux hormones numériques, la simplicité de ce film de loup-garou fait du bien, de prime abord. Peu de fonds bleus, donc un univers concret, peu de flou numérique dans la reconstitution de l’Angleterre victorienne, contrairement au Sherlock Holmes au même moment sur les écrans. Deux conceptions du blockbuster s’affrontent là, mais le résultat est similairement tiède. Johnston ne prend pas assez de risques, n’apporte pas suffisamment de valeur ajoutée pour que son film soit mémorable.

On a donc à faire à un sous Sleepy Hollow. Prenez le Burton et enlevez lui une bonne partie de son ambiance gothique, affadissez les enjeux, simplifiez les personnages jusqu’à l’archétype un peu gonflant, et voilà le résultat : un produit jamais ennuyeux mais au final peu ambitieux et sans saveur. Rien n’impressionne suffisamment, à peine émergent un passage à l’asile inspiré mais trop bref, et une Emily Blunt dont l’histoire d’amour est un peu trop sacrifiée pour qu’on y croit vraiment.
Hopkins est à sa place habituelle, et Del Toro a un peu de mal à en imposer en costume et perruque. La musique plombe le spectacle dans une soupe ininterrompue indigne du talent passé du compositeur Danny Elfman.

Aussitôt vu, aussitôt oublié, malgré son inclinaison gore, ce Wolfman est bien trop inoffensif pour apporter une pierre au mythe du loup-garou.
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Tags: 2010, Anthony Hopkins, Benicio Del Toro, Emily Blunt, Horreur, Hugo Weaving, Joe Johnston
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