The House of The Devil

The House of the Devil est un film « à la manière de », reprenant tous les gimmicks d’un genre à une époque donnée, ici, les années 80 et leur fascination pour le Malin. Sauf que loin d’être un simple hommage au sein d’une production calibrée 2009, l’œuvre qui se déroule sous nos yeux semble en tout aspect échappée de cette époque bénie où les films d’horreur avait encore un peu de fraîcheur, une sincérité pas encore pervertie par le tout commercial.

Nous suivons donc Samantha (l’exquise Jocelin Donahue, même les noms sont old school !) jeune étudiante en manque d’argent acceptant un job de baby-sitter, job qui ne va pas se dérouler exactement comme elle se l’imaginait. Un pitch on ne peut plus commun que le réalisateur Ti West va pourtant s’appliquer à exécuter de la façon la plus minutieuse qui soit, comme si l’histoire était racontée pour la première fois, avec donc une foi absolue dans son matériau, qui se double de l’incroyable maniaquerie à vouloir réaliser un film eighties.

C’est cette volonté qui fascine, le spectateur au courant ne pouvant s’empêcher de jouer au jeu des sept erreurs, en vain. Des titres jaunes en images fixes jusqu’au baladeur parpaing en passant par la moindre coupe de cheveux, la musique, la photographie, etc… la reconstitution est bluffante, et touche même une mise en scène cotonneuse, lente (pour les amateurs d’horreur d’aujourd’hui) et lisible. De plus, la présence inquiétante de Tom Noonan (l’inoubliable tueur de Manhunter - 1986) ajoute à cette authenticité.

Il est sûr que le film pourra tromper son monde lors d’une diffusion TV sans avertissement préalable, et que certains croiront découvrir une perle passée inaperçue 25 ans plus tôt ! Les instigateurs de ce drôle de concept ont même poussé le vice jusqu’à distribuer le film en VHS (ultime hommage à ce support périssable, ça c’est un vrai collector).

Mais revenons au film et à sa baby-sitter en péril… à un quart d’heure de la fin ! Si on ne s’ennuie pas dans ce House of the Devil, il faut avouer que Ti West a un sacré culot de repousser à ce point les explicites réjouissantes. Néanmoins quand elles arrivent, elles font d’autant plus mal. La rupture est nette, et le style change aussi, adoptant un montage plus moderne, sans doute volontairement pour marquer les esprits, mais il aurait été plus intéressant de pousser l’imitation jusqu’au bout, car pendant 5 minutes nous revenons quelque peu aux années 2000, avant de retomber dans une conclusion typique de ce genre de récit sur les rites sataniques.

The House of the Devil est donc un spectacle tout à fait particulier, qui retrouve avec brio le confort des récits de notre jeunesse, en même temps qu’une certaine croyance en une histoire minimaliste. La fascination viendra principalement de l’exploit relevé, quasi-hypnotique, de recréer une époque et un genre sans valeur ajoutée substantielle du contexte de production actuelle. Le film de Ti West atteint ainsi une certaine pureté narrative et esthétique du genre, avant que ce dernier soit boursouflé par des gros budgets et le style hérité du clip. Un bon petit moment en somme, dont l’approche à la fois plus respectueuse et plus efficace vaut bien mieux que la majorité de la pelletée de remakes de la dernière décennie.

2501

Rating: ★★★★★★★☆☆☆ 

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3 Commentaires

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tiens ça a l’air rigolo ça, direct dvd je suppose…

Commentaire by derf on 4 février 2010 20:11


ah non j’ai lu en diagonale, direct vhs :o)

Commentaire by derf on 4 février 2010 20:12


:-)

dvd, et même blu-ray j’imagine (blasphème !)

Une honte, comme d’hab, que ça n’ait pas droit aux salles, comme pour Trick or Treat.
Petit lot de consolation, le très bon Esther a cartonné (à son niveau, 600 000 entrées c’est inespéré).

Commentaire by 2501 on 4 février 2010 21:05

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