Invictus

Cela devient une habitude de commencer notre année cinéphile avec une réalisation de Clint Eastwood. Mais il faut le dire tout de suite, Invictus n’est pas une œuvre majeur du grand réalisateur. Pourtant, la première demi-heure laisse présager l’un des plus grands films politiques sur une nation étrangère que le cinéma américain n’est jamais connu.

Mais l’analyse que Clint nous propose par la suite, vire assez rapidement dans une naïveté et un patriotisme primaire (pour faire meilleur écho outre atlantique ? ) : Il semble avoir fait un choix, celui de ne pas faire un documentaire analytique sur Nelson Mandela, sur le contexte politique et social de l’Afrique du Sud post apartheid à notre grand regret mais sur un événement sportif le représentant dans l’ensemble. Invictus (invaincu, poème de l’écrivain William Ernest Henley et le préféré de Nelson Mandela) fait en effet référence à la coupe du monde de rugby de 1995, symbole de la fin de l’apartheid et de la naissance de la nation arc en ciel, métaphore de l’absolution et de l’ambition de  Nelson Mandela pour tout son peuple.

Pour le public américain, cette immersion, dans un sport qu’ils ne connaissent pas, leur expliquant un contexte politique d’un pays qu’ils ne connaissent (intéressent) pas,  doit prendre tout son sens et doit être encore beaucoup plus forte. Par ailleurs, jamais un sport aux Etats-Unis ne fera se lever d’un seul homme le pays tout entier. Pour le public Européen, cet exotisme sera de toute manière moins fort, on se sent regarder finalement un documentaire sans beaucoup d’analyse (et on regrette vite la première heure).

Néanmoins, Invictus reste un excellent film. L’interprétation de Morgan Freeman est convaincante, à tel point que l’on regrette le titre du film biographique «Madiba ». Celle de Matt Damon l’est tout autant, le confirmant une nouvelle fois comme l’un des grands talent de sa génération. Enfin, Clint Eastwood est un grand sage du cinéma et même si la profondeur de ses propos n’est pas au rendez vous cette fois-ci, la mise en scène est encore une fois de plus de haute volée, les séquences contemplatives ont toujours un sens, jamais de superflus, et ceux qui y voient des longueurs, avant les frasques sur le rugby (où l’on sent qu’il se fait plaisir, un peu trop longtemps), n’ont rien compris à son génie.

Feilong

Rating: ★★★★★★★½☆☆ 

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4 Commentaires

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J’étais le premier à me réjouir d’un nouveau Eastwood, même pas un an après Gran Torino.
Mais je crains le didactisme et les bons sentiments… ce que nombre d’avis confirment…
Je passerai sans doute mon tour cette fois, de peur qu’il soit un peu dépassé par le « grand sujet ».

Commentaire by 2501 on 17 janvier 2010 12:08


Je garderai en effet de ce film une première heure très convaincante!!!
Quant à la suite, on sait pertinemment que le sport au cinéma n’a jamais été une grande réussite… (à part peut-être « l’enfer du dimanche » qui traite évidemment d’un sport très américain)

Commentaire by toriyazaki on 27 janvier 2010 17:25


t’as pas vu white men can’t jump ou quoi ??? ;o) … oui bon d’accord ya le facteur nostalgie qui entre en compte mais franchement, après l’avoir revu récemment, c’est quand même un bon p’tit film ! Et Rocky bordel ? Sinon en français ya le coup de tête avec dewaere

Commentaire by derf on 27 janvier 2010 18:11


d’un point de vue purement sportif, Rocky c’est nul… tu regardes un match de boxe et ensuite tu regardes Rocky tu rigoles…
sinon dans le coup de tête il n’y a pas trop de scenes de foot si je me rappelle bien
et pour les blancs ne savent pas sautés je parlais de vrais sport ;-)

Commentaire by toriyazaki on 27 janvier 2010 21:27

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