[REC] 2

[REC]2 ou comment pisser sur un joli succès d’estime et public. Et ce n’est pas les américains qui vont cette fois fouler de leurs grosses manières financières un concept intéressant. Car même Quarantine, le remake yankee plan par plan, scandaleux à l’époque, est plus respectable que ce gâchis sans nom. On assiste ici à une entreprise d’autodestruction qui montre bien le manque total d’inspiration d’un duo de petits malins trop fiers de leur joujou initial pour s’empêcher de livrer une suite dégénérée et inutile. Bravo messieurs.

[REC] 2 aimerai nous faire le coup hypertrophié d’Evil Dead 2 ou d’Aliens, mais rien que les citer est une insulte à ces jalons du cinéma de genre. Ce ne sont pas 3 péquins armés qui vont faire illusion longtemps. Le scénario est un foutage de gueule d’adolescent rentre-dedans, pour l’action chouette (quoiqu’il n’y en a finalement pas beaucoup plus que dans le premier volet !!), pour la narration, au secours… Le concept est aussi repris sur l’air de la surenchère : une caméra par troufion, et une portée. Cette dernière a une utilité très réduite qui cache mal le fait que les deux zouaves ne voulaient pas rester 90 min avec les frontales en qualité webcam. C’est dire la solidité du dispositif. Plaza et Balaguero se tirent dès le départ une balle dans le pied en jouant trop le relais des caméras. En ajoutant le montage au cœur même du film, ainsi qu’un relais artificiel entre différents protagonistes, ils annulent tout l’effet de réalité tant chouchouté dans leur premier essai.
A cela s’ajoute une caractérisation totalement absente, et des protagonistes tous plus détestables les uns que les autres à hurler comme des cinglés. Interprètes comme réalisateurs aimeraient nous livrer un grand huit mais c’est l’orientation contraire même du principe de filmage initial hyper restrictif. On ne croit jamais à ce qui arrive, et le comique n’est pas assez assumé pour amuser. On se demande juste ce qui leur est passé par la tête pour nous balancer une demi-heure des pires adolescents vus sur un écran depuis longtemps, et un curé salement antipathique pour tous les dialogues calmes et explicatifs du semblant d’intrigue démoniaque. Oui, spoiler. Mais c’est un service, pour vous éviter de souiller le souvenir du premier en vous infligeant ça.

La Ripley de télé réalité fait son comeback (comme c’est étonnant !), et en tant que pur élément scénaristique de dernière minute sera potiche dans la dernière ligne droite. De la dentelle ce script. A tel point que même le spectateur venu prendre seulement un gros ride d’horreur finira par se sentir salement insulté. Quitte à faire dans la surenchère autant abandonner un filmage qui ne sert absolument plus à rien ! Les deux compères ont rapidement trouvé leurs limites… mais aussi celles d’une « réalisation vérité » qui va vite s’étouffer d’elle-même, à nous proposer un effet pseudo réalisme avec de moins en moins de rigueur. [REC] et Cloverfield ouvrait donc l’ère du film youtube. Si même les instigateurs parviennent à nier leur coup d’éclat, on n’a pas fini de subir des home movies cheaps dans la décennie à venir…
2501
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Tags: 2000-2009, Espagne, Horreur
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