Max et les maximonstres

Le même jour que la tornade Avatar sort comme une contre-programmation le nouveau film de Spike Jonze, adaptation d’un célébré livre pour enfants. Max et les maximonstres a les attraits d’un cinéma indépendant avec les moyens d’un film de studio, à savoir pas moins de 80 millions de dollars de budget. Le résultat est à la fois un film commercial de par son matériau d’origine succesfull depuis les années 60 – donc garantie de succès pour des financiers au raisonnement binaire – et un film personnel, dans la tête de Spike Jonze.

Cet entre-deux se retrouve dans l’angle choisi pour traiter cette histoire enfantine, où Max, enfant isolé révolté contre sa maman, va devenir roi d’un univers imaginaire dont les créatures seront la reproduction de ses sentiments exacerbés. Pitch idéal pour de gros morceaux d’enfance avec sensibilité et émotion ? Sauf que si l’une est présente grâce à une adaptation proche du livre d’un comportement enfantin tout à fait crédible qui touchera les plus jeunes et rendra nostalgique les autres s’ils ne sont pas définitivement devenus des adultes aigris, l’émotion et ce lien direct que le cinéma peut apporter n’existent pas, à cause d’un univers clos et hermétique. La trop courte partie initiale dans le monde réel ne nous permet pas de connaître suffisamment Max.

Ce qui fonctionne symboliquement dans un livre pour enfants ne peut marcher dans un film où le cinéaste s’escrime à poser une patte réaliste sur tout ce qu’il touche. Max et les maximonstres c’est l’anti-stylisation à outrance. Les décors sont rachitiques la photographie maronnasse et les monstres au design plutôt laid jacassent plus qu’ils n’agissent. On rajoute là-dessus une musique ânonnée par une chanteuse hype et l’on obtient un peu le cliché du film bobo… Avec sa touche indé un peu forcée, son univers follement original mais pas le moins du monde accrocheur, et son esthétique moche mais tout de même séduisante par son côté low profile. Tout ça dans un film à 80 millions. On finit par ressentir une certaine hypocrisie derrière ce projet, ou du moins un truc qui ne colle pas. Une pose arty plus importante que le fond du film, extrêmement simple, difficilement compatible avec les prétentions d’artiste de Jonze. Formellement le réalisateur porte d’ailleurs plus d’intérêt dans les défis techniques de ces grosses bestioles que dans la mise en scène, alignant les tableaux du bouquin sans se soucier de créer un lien avec le spectateur.

Max et les maximonstres s’avère au final un spectacle froid, ennuyeux, un peu vain, qui fonctionne sur certaine belles idées dans le rapport à l’enfance, mais échoue totalement sur l’indispensable empathie que requiert un tel conte. On finit presque par détester ce petit garçon, par avoir des envies de lui foutre une grosse fessée pour qu’il rentre chez sa mère fissa. Nous sommes loin de l’immersion naturelle et directe de Ponyo, œuvre faussement simple qui nous apparaît d’autant plus miraculeuse devant ce genre d’entreprise creuse et triste.

2501

Rating: ★★★☆☆☆☆☆☆☆ 

tagsTags: , ,

Pas de commentaire

rssCommentaires flux RSS transmitTrackBack Identifier URI

Pas de commentaire. Sois le premier

addLaisser un commentaire




Markup Controls