The Box

Le cas Richard Kelly est on ne peut plus intriguant. Et pas seulement parce que c’est le plus convaincant des fils spirituels de David Lynch. Son premier film, et meilleur à ce jour, le coup d’éclat Donnie Darko, est le genre de pépite indépendante qui mérite son statut culte comme aucune autre. Néanmoins, sa director’s cut sortie après coup en dvd était calamiteuse, l’overdose d’explicatif ruinant une grande partie du mystère qui fait le charme de l’œuvre. Après le paradoxe temporel vient le paradoxe artistique. Confirmé avec le délirant et ambitieux Southland Tales, prototype du film-monde malade, où le cinéaste se regarde filmer un peu trop tôt dans sa jeune carrière, comme s’il fallait prouver avec faste, par un chef-d’œuvre indiscutable, que le premier film n’était pas un one shot.

The Box est un film de commande, seule solution pour rassurer les financiers après ses contes monstrueux. Il s’agit, comme pour les personnages, d’un test pour Richard Kelly. A savoir, comment va-t-il se débrouiller pour faire déraper l’œuvre de studio vers son propre univers. Le film se présente comme une bonne occasion de ne plus perdre pied.

Semble-t-il revenu plus sage d’une expérience qu’on imagine très difficile, le réalisateur prend le malin parti de l’adaptation d’une nouvelle de Richard Matheson au postulat étrange, qu’il pourra à loisir développer pour obtenir deux heures de film. Une boîte mystérieuse permet en appuyant sur un simple bouton de gagner un million de dollars. La contrepartie : un inconnu mourra. Dur de résister pour un jeune couple en difficulté financière, joliment campé par Cameron Diaz et James Marsden. Ce point de départ mènera à un enchaînement d’évènements dont on devine aisément ce qui provient du cerveau de Richard Kelly.

The Box ressemble d’abord à un épisode de la 4ème dimension, cette fameuse ambiance fantastique réaliste qu’affectionne particulièrement le réalisateur, pour virer dans sa deuxième heure vers une SF philosophique qu’on pourra trouver un peu simpliste. Niveau réalisme, on note la part autobiographique du père travaillant pour la NASA, comme son propre père, la description appliquée d’une vie de couple, et le soin de la reconstitution des années 70, qui fait pas mal penser à Zodiac. Kelly a compris que le genre fonctionne par contrastes, et qu’il faut souvent l’ancrer dans le réel, apporter une épaisseur aux personnages, pour que les glissements fantastiques fonctionnent.

On trouverait presque le temps long, et l’auteur un peu trop prudent, jusqu’à une scène déclic, celle de la bibliothèque, qui mettra en mouvement jusqu’à la fin ce petit monde mystérieux, dont on se délecte du décalage simple et direct. Pris séquence par séquence ces éléments sont séduisants, mais le problème de The Box intervient sur la logique générale, qu’on peut facilement trouver branlante, mécanique, un peu trop maligne pour nous émouvoir totalement. Le tout fascine beaucoup moins que la structure d’un Donnie Darko, mais le récit se suit avec intérêt, Kelly témoignant une fois de plus de réels talents de metteur en scène, sans en faire trop.

La greffe a pris, on a presque tout compris, mission réussie. On attend la prochaine expérience avec impatience.

2501

Rating: ★★★★★★★☆☆☆ 

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2 Commentaires

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Personne n’a aimé Donnie Darko ici ?
Nan parce qu’en ce mois de novembre bien tristoune, y’a que The Box pour l’instant pour remonter le niveau.

Vivement Avatar…

Commentaire by 2501 on 20 novembre 2009 11:58


Vu et je me suis fait chier. Vraiment. Difficile même de finir tout simplement le film. La fin je l’avais après 15 minutes de film. Ca part dans tous les sens pour pas grand chose ou alors j’ai manqué quelque chose….
4/10 pour moi.

Commentaire by feilong74 on 23 décembre 2009 15:12

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