Clones

Jonathan Mostow aura mis du temps à se remettre d’un Terminator 3 très critiqué. Il avait pourtant choisi une bonne solution en ne se confrontant pas à la technologie de T2 mais plutôt par la voie du remake old school, plus physique, moins digital. La réussite était mineure car assez stérile narrativement, mais au moins diablement divertissante. Avec Clones l’artisan Mostow trouve un acolyte de la vieille école en la personne de Bruce Willis. Ces deux là semblaient faits pour se rencontrer, et le sujet de ces pseudo-clones devenus soudainement faillibles un parfait substitut pour nous venger d’un Die Hard 4 calamiteux. Intentions fort louables… mais résultat oubliable.
Clones est encore un mauvais titre français remplaçant le littéral et donc adéquat – mais moins vendeur – Substituts.
Le film a des airs de reprise des dernières aventures d’un John McLane vieillissant. Willis contre la technologie, et le film contre la nouvelle génération de blockbusters numériques se font écho et donnent de l’intérêt à ce qui apparaît vite davantage comme une série B dopée qu’un gros film de studios. Le sujet marque vite sa limite puisque Mostow est plus intéressé par le corps de l’acteur que par cette technologie qu’il relègue vite au rang d’abomination. Il n’y a qu’à voir cette production design immonde qui plonge le film dans une esthétique ringarde de crash test dummies ambulants ultra photoshopés.
Qu’importe si ce qu’on attendait de lui, c’est-à-dire un film carré nerveux et brut de décoffrage, était vraiment présent. A défaut on se retrouve devant une enquête mollassonne où le spectateur a constamment de l’avance sur ces pantins, et des scènes d’émotions qui ne fonctionnent pas puisque l’univers créé est traité presque avec mépris. Les scènes d’action trop éparses et souvent rapidement avortées n’aident pas l’implication dans un film où l’on sent constamment les intentions mais rarement leur incarnation : tu l’as vu mon sujet en or de la mort qu’il anticipe trop bien ? et mon Willis qu’il est vieux qu’il assume et les jolies balafres sur sa barbe de trois jours ça titille pas la nostalgie qui die hard ?
Bref, on n’y croit guère, et l’on finit par regarder d’un ennui poli ce pourtant court (85 min) long-métrage qui paraît durer autant que ses concurrents. On voit clairement les intentions, mais le tout ne vit pas à l’écran. Bilan facile et triste : Clones est à l’image de ces substituts. Et le film de finir d’être ringard sur toute la ligne. On sort en se demandant qui pourra insuffler un peu de vie à la carrière de Bruce…
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Tags: 2000-2009, Bruce Willis, Jonathan Mostow, Radha Mitchell, Science Fiction
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