Sales gosses ! – Part 4 : Quien puede matar a un nino ?

Les enfants diaboliques ou menaçants au cinéma ne datent pas d’hier. Symbole d’innocence par excellence, nos chères têtes blondes ont été abondamment exploitées par le cinéma de genre, retournant perversement contre nous notre progéniture pour notre plus grand plaisir de spectateur parfois faussement outré. Du Village des damnés à Rosemary’s baby en passant par le Damien de La Malédiction, la recette fût maintes fois éprouvée avec succès. Un film espagnol demeure par chez nous bien méconnu, mais mériterait amplement de rejoindre les œuvres précitées.


Quién puede matar a un nino ? (1976) – on se demande encore où sont « les révoltés » et « l’an 2000 » du titre français digne d’un bis rital 80’s – est l’oeuvre aujourd’hui culte d’un cinéaste espagnol ayant exercé une grande influence sur toute la nouvelle génération de réalisateurs hispaniques (Del Toro, Amenabar, Balaguero, Bayona, etc…). Et on comprend pourquoi devant le radicalisme typiquement 70’s du film, partant du pitch malin suivant : et si les enfants se rebellaient soudain contre les adultes qui leur en ont tant fait baver ?

En transposant l’action dans une île isolée et désertique, Narciso Ibanez Serrador construit très efficacement un huis clos diurne en extérieur, où chaleur et lumière omniprésentes étouffent les personnages, comme la perspective horrible, absurde, quasiment inconcevable, de se faire massacrer par des enfants, devenus seuls maîtres de ce village immaculé. Le couple d’anglo-saxons en vacances parvient rapidement à attirer la sympathie du spectateur (il faut cependant arriver à dépasser l’illogique langue espagnole de la vo), grâce à la science de la mise en scène de Serrador, qui par petites touches naturalistes nous emmène subtilement, graduellement, de la banalité vers l’horreur. On peut d’ailleurs constater que la tendance réaliste du genre dans les films de l’australien Greg MacLean, ou encore dans Open Water ou Black Water – mettant aussi en scène des touristes – est un revival des 70’s.


On ne doute donc pas que le film fût précurseur – ce que la jaquette et les bonus du dvd Wild Side ne manquent pas de surligner – mais l’assurance de Serrador de tenir un sujet brûlant rend le film parfois un brin trop théorique et démonstratif, avec notamment un générique présentant longuement, images d’archives et chiffres à l’appui, combien les enfants sont les premiers à souffrir des guerres (et qu’ils vont nous le faire payer, tatata !). Le seul parti pris un peu lourdingue d’un film qui aujourd’hui encore a un impact certain, même émoussé par des dizaines d’œuvres ayant depuis repris ses grandes lignes.

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Rating: ★★★★★★★½☆☆ 

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