The Brothers Bloom (Une arnaque presque parfaite)

Injustement sacrifié sur l’autel des sorties techniques estivales, The Brothers Bloom confirme tous les espoirs mis en Rian Johnson depuis le coup d’essai remarqué de Brick. Un premier film certes un peu surestimé qui mixait non sans ambition film noir et teen movie, avec de belles fulgurances formelles que l’on retrouve aujourd’hui dans un surprenant récit d’aventures rocambolesques.

Cette « Arnaque presque parfaite » – titre VF passe-partout qui ne fait pas honneur à la singularité du film – suit les pérégrinations de deux frères spécialisés dans les tours sophistiqués, et comme tout film du genre, construit son récit sur les modes du faux-semblant et de la manipulation. Au point de s’y perdre un petit peu dans sa dernière partie alambiquée, qui laisse petit à petit gagner le drame sur la comédie.
Car The Brothers Bloom est avant tout une comédie. Surréaliste, enjouée, absurde, réjouissante. Le ton rappelle sans aucun doute le cinéma de Wes Anderson, un Adrien Brody sorti tout droit du Darjeeling Limited aidant au rapprochement. Cependant Rian Jonhson possède une mise en scène moins rigide, moins conceptuelle, un côté plus ouvert, même si bien sûr moins affirmé que son compatriote plus expérimenté. Les idées formelles s’enchainent sans se répéter, certaines si brillantes qu’on chope la télécommande pour un replay sourire aux lèvres. La narration ménage aussi ses surprises puisque structurée de manière à ne jamais savoir à l’avance qui va se faire berner.

Allergiques à toute forme d’originalité, passez votre chemin, The Brothers Bloom est la comédie douce-amère de cette année, la bonne surprise du même tonneau que l’excellent Bons baisers de Bruges de l’année dernière.
Un fantastique quatuor vient confirmer la douce et enthousiasmante folie de l’entreprise : Brody et son jeu toujours un peu autre, la séduisante rugosité de Mark Ruffalo, un sensationnel numéro muet de Rinko Kikuchi, et last but not least, une Rachel Weisz qu’on n’avait jamais vue aussi pétillante et charmante, dans le rôle d’une excentrique richissime veuve un peu trop isolée. Chacune de leur interprétation est un régal qui vient compenser des situations très BD parfois pas assez élaborées. Johnson pousse loin les gags (les hobbies de Penelope !), mais désamorce certaines scènes attendues par une facétie d’un des protagonistes.
Malgré cela, ce Brothers Bloom est suffisamment singulier et rafraîchissant pour laisser un souvenir indélébile dans l’esprit de tout cinéphile un peu curieux qui n’aurait pas abandonné ses derniers neurones aux divertissements décérébrés dopés aux SFX. Le genre d’œuvre à la fois personnelle et populaire de plus en plus rare qui mérite le plus large soutien.
2501
Rating: 









Tags: 2000-2009, Adrien Brody, Comédie, Mark Ruffalo, Rachel Weisz, Rian Johnson, Rinko Kikuchi
Pas de commentaire
Commentaires flux RSS
TrackBack Identifier URI
Pas de commentaire. Sois le premier
Laisser un commentaire


IMDb's page for this movie