Pandorum

Pandorum est une production de SF qui aimerait croiser The Descent et le jeu vidéo Dead Space. Du film de Neil Marshall Christian Alvart pompe allégrement les bestioles, jusqu’au cri, et la photographie sombre percée par des lumières fluos. Gros cache-misère ici, pour une œuvre tournée dans un garage, sans aucune direction artistique digne de ce nom, donc effectivement, autant ne rien montrer… Pour Dead Space c’est le parcours d’un individu ingénieur un peu paumé dans les entrailles d’un vaisseau que l’on découvre au fur et à mesure avec lui. Comme l’engin en question est composé de trois bouts de grille et deux câbles qui traînent on ne risque pas de découvrir grand-chose. Ou comment un jeu vidéo peut mettre une grosse claque à un film à 40 millions de dollars. En parlant budget, le récent District 9 fout une honte cosmique au look ultra cheap de ce Pandorum.

Comme notre héros ne voit quasiment rien et nous avec, il en est réduit à être guidé par un Dennis Quaid qui cachetonne (assis à parler au micro, deux jours de tournage grand max). Ca ne l’empêchera pas de se casser la gueule toutes les 5 minutes. On ne sait même pas si ça a une quelconque ambition comique mais c’est la seule caractérisation du bonhomme. Ce n’est pas un Mr Muscle, donc il se prend les pieds dans les câbles. Très fin. Pour équilibrer il rencontrera la faune habituel du film de SF, au grand complet pour montrer jusqu’où va l’inspiration : une sous-Ripley, un chinois ridicule avec sa langue qu’on ne comprend pas, et un vieil ermite fourbe, et traître. Le héros et la fille s’en sortent. Evidemment. Et Dennis Quaid… vous l’avez deviné. Ben Foster est le seul qui essaie d’y croire vaguement. Mais le pauvre n’a pas beaucoup de matière…
L’exploration de ce vaisseau devient vite un calvaire pour le spectateur davantage que pour les protagonistes, bien trop nombreux. Au moins c’est une solution pratique pour meubler en champs-contrechamps quand on n’est pas capable de tourner une scène d’action correcte (les deux au compteur sont totalement illisibles). Ou de tourner tout court puisque ce film est presque un cas d’école de tout ce qu’il ne faut pas faire.
Pandorum est un produit de vidéoclub, avec deux ou trois bonnes idées de scénario qui font illusion cinq minutes, le temps de s’apercevoir que toutes les informations passent par des dialogues insipides, et plusieurs fois pour bien nous prendre pour des demeurés. Des bavardages incessants qui finissent par mener à un twist nase, comme pour bien enfoncer le clou, avec un dernier plan aux SFX tellement pourris qu’il fait figure d’ultime glaviot à la face du spectateur égaré. Et bien emmerdé par un tel spectacle, qui donne du grain à moudre aux détracteurs du genre. Inepte.
2501
Rating: 








Tags: 2000-2009, Ben Foster, Dennis Quaid, Nanar
3 Commentaires
Commentaires flux RSS
TrackBack Identifier URI
Laisser un commentaire


IMDb's page for this movie