(500) jours ensemble

(500) jours ensemble annonce la couleur dès un préambule délicieusement rancunier : ce ne sera pas une comédie romantique comme les autres. Marc Webb veut parler d’amour avec une histoire dont on sait qu’elle se terminera mal, quoiqu’il arrive, puisque sur le mode, curieusement assez inédit au cinéma alors que si fréquent au quotidien, de l’amour non partagé. Et pour son premier film il y parvient avec une aisance étonnante, scrutant les rapports amoureux avec un œil nouveau, sans tomber ni dans la mièvrerie habituelle, ni dans la sinistrose.

500 jours. Depuis celui où il a posé les yeux sur elle jusqu’au moment où il la laissera s’en aller. Webb choisit les hauts et les bas et mélange le tout, rendant le récit puzzle surprenant avec ses allers-retours (faussement) aléatoires. Ludique, le film l’est aussi par une mise en scène vive et inventive sans être artificielle, avec notamment un malin usage du split-screen, ou de la comédie musicale. Des scènes surtout qui vont au bout de leur idée, dans une générosité communicative. Cette nouvelle révélation du cinéma indé échappe à la vague récente qui voyait de jolies petites histoires minées par une mise en scène absente (Juno et Little Miss Sunshine pour ne citer que les plus évidents).
Surtout, le temps de quelques séquences disparates, le réalisateur sait « sonner juste », en évitant la vignette isolée et clichée. Il le doit en grande partie à son couple vedette. Là aussi on pourrait craindre un côté branché superficiel, avec l’électron libre Zooey Deschanel (Weeds, Terabithia), et le très hype Joseph Gordon-Levitt (Mysterious Skin, Brick).

Mais le film inverse les rôles. Et prend le point de vue masculin. Les identités sont brouillées, les rapports plus hasardeux. Elle est presque trop froide en individualiste forcenée qui ne croit plus en l’amour, prenant les sentiments comme ils viennent au jour le jour. Mais ses grands yeux bleus rendent finalement assez bien l’abîme entre fantasme idéalisé et cruelle réalité. Lui excelle dans le rôle du jeune homme sensible rongé de doutes, maladroit mais décidé à vivre une grande histoire. Ils vont se tourner autour, passer par toutes les étapes classiques – mais biaisées par ces deux personnalités marquées – pour finir sur une conclusion très éloignée des sempiternelles niaiseries d’un genre pas vraiment gâté par Hollywood.
(500) jours ensemble est magistralement charmant. Un bon antidote au dernier Sandra Bullock en somme. Un film sur le thème le plus touchant et le plus banal à la fois, par un réalisateur clairement décidé à donner son point de vue. Ca sent le vécu, mais aussi le talent. Au point que même le plus réfractaire au genre n’a qu’une envie, y retourner. Preuve que le bonhomme a transcendé son sujet.
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Tags: 2000-2009, Comédie, Joseph Gordon-Levitt, Marc Webb, Romance, Zooey Deschanel
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