Poseidon

Les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis n’ont pas amené avec eux que guerre et polémique autour de la version officielle, en effet ceux-ci ont aussi permis de rappeler à tous que le cinéma constitue un formidable outil de propagande et d’endoctrinement des masses. Roi du film catastrophe à base de bateaux (Le Bateau, En pleine tempête), le cinéaste allemand Wolfgang Petersen était l’homme de la situation pour ce remake du film de 1972. Un allemand pour une propagande américaine, pourquoi pas…

Ce Poseidon se présente comme une succession de scènes catastrophes irréalistes au possible (tout le monde reste 10 minutes en apnée en mouvement…) mais au demeurant assez efficaces et il faut reconnaître qu’on en a pour son argent. Quelques scènes teintées de claustrophobie ou sous l’eau sont même très réussies. Si l’on prend partie d’oublier ce côté irréaliste finalement inhérent au genre on peut presque dire qu’on passe un bon moment.
C’était sans compter sur une galerie de personnages servant une soupe Patriot Act à donner des nausées. De l’ancien maire de New York accessoirement ancien pompier en passant par l’ancien Marine obligatoire sans oublier le riche homme d’affaires subtilement gay (attention à ne pas choquer les républicains) et le gosse parfait, tout y passe. Si l’on pouvait reprocher bien des choses à Titanic (trop long, trop mièvre), on était obligé de constater que son aspect « lutte des classes » était plutôt intéressant. Mais Poseidon ne fait pas dans la dentelle. Lutte des classes il n’y aura pas puisque de toute façon tout ce qui est pauvre et/ou immigré n’a même pas lieu d’exister. Il faut voir pour croire cette mise à mort du petit grouillot, passeur d’immigré de surcroît (en gros le Mal à l’état pur dans un pays refermé sur lui-même) dans une des scènes parmi les plus choquantes du film. Sacrifions les pauvres pour sauver les riches, le tout sans aucun état d’âme. Mettons en valeur les riches en insistant sur l’incompétence des pauvres et/ou des noirs, des mexicains etc. etc. A vomir…
Si l’on peut accepter que les méchants des films d’action soient souvent en provenance des pays en guerre avec les Etats-Unis, les chefs d’oeuvre du genre dans les années 80 fonctionnant souvent sur ce principe, on atteint avec ce Poseidon un degré de puanteur que l’on n’avait peut-être pas atteint depuis Invasion U.S.A.. Même Roland Emmerich et Michael Bay n’arrivent pas à un tel niveau : Bravo Wolfgang !
Derf
Tags: 2000-2009, catastrophe, kurt russell, wolfgang petersen
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