The Hurt Locker (Démineurs)

C’est quasiment inespéré. Après un an d’attente, le nouveau Bigelow est arrivé ! Véritable patate chaude pour les distributeurs, The Hurt Locker doit, pour avoir l’honneur de toucher nos écrans, être rebaptisé « Démineurs« … Entre le téléfilm pourri façon M6 et l’adaptation improbable d’un jeu bien connu des glandeurs PC, c’est sûr que c’est un titre vendeur… Bref, passons, miss cojones is back, et The Hurt Locker, condensé de tension et de suspense, se doit d’être apprécié sur grand écran.

Le film sur la guerre en Irak, on en a soupé. On sait les américains plutôt réactifs par rapport à leur histoire récente, on ne peut pas en dire autant par chez nous, alors qu’on est les premiers à faire les grandes gueules sur la liberté d’expression et autres fondamentaux qu’on a du mal à mettre véritablement en pratique. Redacted de De Palma venait mettre une sorte de coup de boule expérimental final au conflit, et l’on se demandait vraiment ce que m’on pouvait rajouter sans radoter. Kathryn Bigelow fait le meilleur choix possible, éviter toute question politique, et livrer comme à son habitude un film sur des sensations fortes. Mais attention, pas question de faire du spectacle hollywoodien sans fond avec des images douloureuses encore d’actualité. La réalisatrice adapte son style au propos et troque sa caméra ample et fluide contre un filmage à l’épaule de circonstance. Pas d’effet de mode ici, The Hurt Locker suivant façon chronique les activités on ne peut plus périlleuses d’un petit groupe de démineurs.

Le film est l’exemple type qu’une pure fiction peut se construire à partir d’un style réaliste. Découpe en autant d’actes que d’interventions sur le terrain, la curieuse structure n’est pas sans rappeler l’accumulation de scènes dialoguées du dernier Tarantino, et son style frontal la mini-série Generation Kill, traitant aussi la guerre d’Irak. Pourtant, jamais il ne semble se répéter, malgré les situations redondantes du quotidien de ces soldats, grâce à une mise en scène toujours subtilement différente. On peut notamment citer le gunfight le plus lent de l’histoire du cinéma, mais pas le moins tendu ! Et félicitons aussi la cinéaste pour sa science du casting, qui réussit à surprendre plus d’une fois le spectateur, en mettant en avant les têtes peu connues.

The Hurt Locker est un diamant brut qui fait la part belle aux montées d’adrénaline de son personnage principal. « La guerre est une drogue » en simple préambule, et le comportement quasi kamikaze du lieutenant James (formidable Jeremy Renner) est là pour le démontrer. Loin du film thèse, Bigelow dans une forme renouvelée reste fidèle à ses thématiques, avec ses personnages border line accros (au sport extrême dans Point Break, au virtuel dans Strange Days), et ses scènes d’action au cordeau. Après deux derniers films peu convaincants elle nous revient plus en forme que jamais, avec un film qui va droit à l’essentiel, tout en procurant des sensations on ne peut plus fortes.

Sèche et intense, l’expérience est mémorable, tout comme l’image marquante de cette tenue de protection, donnant des airs de cosmonautes malhabiles à ces américains perdus. Quand les enjeux sont flous, et que repousser les frontières est devenu obsolète, ce « jeu » de trompe-la-mort est peut-être la vision la plus juste d’un conflit absurde pour ces soldats sacrifiés.

2501

Rating: ★★★★★★★★☆☆ 

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11 Commentaires

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Strange Days en approche !!!!!!!!!!!!!!!!! Bon on en est encore loin mais laissons la technologie poursuivre son oeuvre :

Gender Swap – Experiment with The Machine to Be Another from BeAnotherLab on Vimeo.

Comment by feilong74 on 23 janvier 2014 13:04


Ah ah ah, ça fait bien bricolage ce machin : « je vois des nichons mais je les sens pas… fuck, c’est comme le porno en fait. »

Et sinon, les nymphos du danois ça donne quoi ? ^^

Comment by 2501 on 23 janvier 2014 15:34


J’ai eu comme un coup de mou….. Je me suis préféré The Americans…

Comment by feilong74 on 23 janvier 2014 20:30


LVT ça fait longtemps qu’il fait plus bander de toute façon.

Tant que tu vas voir le Scorsese… :o

Comment by 2501 on 24 janvier 2014 10:21

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