Le monstre est vivant

Larry Cohen n’est peut-être pas un nom qui dit quelque chose à tout le monde et pourtant il est l’instigateur de plusieurs films jamais vraiment cités comme des références mais qui ont souvent le mérite d’avoir un côté poil à gratter assez réjouissant. Créateur de la série Les Envahisseurs, il est aussi à l’origine avec son acolyte William Lustig de petites séries B horrifiques bien sympathiques et non dénuées d’un certain discours pertinent sur la société comme la série des Maniac Cop (« vous avez le droit de garder le silence…Pour toujours ! ») ou encore Uncle Sam. L’homme est aussi très fort lorsqu’il s’agit de trouver des pitchs accrocheurs (Phone Game, c’était lui et il fallait quand même oser le coup du film entièrement localisé dans une cabine téléphonique).

Voilà pour la présentation du garçon qui ici, en plus d’avoir encore un pitch de départ original, réalise le premier opus d’une franchise qui connaîtra deux suites. Le monstre est vivant, sorti en 1974, raconte donc comme son nom l’indique l’histoire d’un nouveau-né pas vraiment comme les autres qui massacre tout ce qu’il croise. Si on peut voir le film comme une série B un peu fauchée (ne cherchez pas d’effusions de sangs ou de longs plans gores…), il n’en est pas pour autant complètement dénué d’intérêt.

Soyons réalistes, la mise en scène de Cohen ne restera pas dans les annales et si des maladresses narratives et autres ellipses bizarres empêchent la garantie d’un plaisir de visionnage continu (en d’autres termes il arrive qu’on s’emmerde méchamment…), Cohen place quelques petites réflexions bien sympathiques. Sur la famille d’abord avec une variation sur le thème de Frankenstein et la culpabilité de géniteurs issus de la bourgeoisie mais aussi sur les liens du sang et l’instinct maternel, ou comment un costard-cravate passe du refoulement à la culpabilité pour finir dans l’acceptation et l’amour d’un être que tout accable.

Le scénariste des Maniac Cop ne s’arrête pas là et profite de son sujet judicieusement trouvé pour approfondir le thème de la génétique, certes déjà bien présent dans le cinéma de genre depuis les années 50, mais en profite aussi pour glisser une petite quenelle aux lobbies pharmaceutiques, ce qui n’était pas très courant pour l’époque et néanmoins assez clairvoyant.

Sur une musique un poil trop emphatique de Bernard Hermann, Larry Cohen signe donc un film loin d’être indispensable mais qui, grâce à deux ou trois scènes choc et quelques réflexions bien pensées mérite qu’on s’y attarde. A noter qu’un remake devrait sortir d’ici peu…

Derf

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2 Commentaires

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spéciale casse-dédi à ma reum qui l’a vu au ciné à l’époque et qui s’en est toujours pas remise…

Commentaire by derf on 12 septembre 2009 22:08


Ah tiens ça fait longtemps qu’il m’intrigue ce Larry Cohen.
Pas très connu mais revenant toujours dans les discussions sur le cinéma d’horreur un peu pointues.
Bon j’en ai toujours pas vu. Je commencerai peut-être par celui-là.

Commentaire by 2501 on 13 septembre 2009 0:47

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