Inglourious Basterds

Une chose est sûre, après Boulevard de la mort, les têtes pensantes de la distribution se décident à ne pas traduire le titre du nouveau Tarantino. C’est ainsi que le sixième film du réalisateur de Reservoir Dogs, Inglourious Basterds, arrive sur nos écrans.
Sera-t-on un jour déçu par un film de Quentin Tarantino ? Pas sûr…ici, dès les premiers noms au générique on sait où on va. Typographie, couleur, musique, tout porte la marque Tarantino. L’ancien gamin qui louait des vidéos se retrouve à commencer son sixième long métrage en filmant La Grande Illusion à la manière de Sergio Leone en apportant sa patte, certes redondante, de dialoguiste hors-pair pour un résultat d’une classe incroyable.

Dès les premières minutes Christophe Waltz (prix d’interprétation à Cannes) impressionne dans une scène qui fait naturellement penser à la confrontation Walken-Hopper de True Romance matinée d’Eric Von Stroheim. On a encore un petit festival de références mais moins d’auto-references que dans son précédent, contexte oblige.
Tarantino construit son film et c’est devenu une habitude sous forme de chapitres, à la manière d’un Pulp Fiction, afin de nous prouver une chose : il aime ses personnages et va les développer. Il faut dire aussi que le casting impeccable (souvent pensé à l’écriture) participe aussi à la chose. Brad Pitt nous la rejoue à la Fight Club, menton en avant, Mélanie Laurent et Diane Kruger sont parfaites et on se demande même comment Tarantino fait pour aussi bien diriger ses acteurs avec la multitude de langues parlées dans le film (au moins 3). Le choix compliqué de ne sous-titrer que ce que le personnage principal de la scène comprend renforce l’empathie pour des personnages certes caricaturaux mais toujours aussi attachants. Et tant pis pour les gens qui s’y essaieront en version doublée !

La musique dans son ensemble comporte cette fois moins de tubes pop, encore une fois contexte oblige. Mais la bande originale doit regorger d’extraits d’autres films, et comme d’habitude encore, le montage audio est pensé au millimètre.
Il faut cependant être réaliste, le réalisateur de Kill Bill peine à se renouveler. L’ambiance générale de ses films a toujours été la même, même si Jackie Brown apportait une touche de nostalgie peut-être un peu plus adulte. Mais peut-on vraiment reprocher à Tarantino de faire du Tarantino ? Son nom même n’est-il pas devenu un adjectif ? Woody Allen a mis trente ans avant de faire autre chose que du Woody Allen…Laissons encore ce geek cinéphage prendre sa caméra et filmer ce qu’il a envie de voir, c’est-à-dire ce que l’on a tous envie de voir : A LOT OF NAZI SCALPS !!!
Derf
Tags: 2000-2009, Brad Pitt, Christoph Waltz, Diane Kruger, Mélanie Laurent, Quentin Tarantino
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