Brüno

Sacha Baron Cohen reprend la formule comédie documenteur qui lui a si bien réussi avec Borat, autant artistiquement que financièrement d’ailleurs, fait plutôt rare dans le monde du divertissement. Le trublion du Kazakhstan avait soufflé un vent de mauvais goût, une véritable tornade qui renouvelait un genre éculé. Place à Brüno, présentateur autrichien d’une émission de mode, caricature gay qui va une fois de plus confronter les américains à leurs peurs les plus profondes.

Sacha Baron Cohen sait y faire pour prendre des risques en vue de nous faire assister médusés aux scènes les plus audacieuses et les provocantes. Brüno va encore plus loin que Borat, souvent avec des séquences à forte connotation sexuelle, comme ce contact par-delà la mort très explicite avec un chanteur de variété. Il faut voir cette scène de « air fellation » s’étirer plus que de raison pour le croire. L’homme va au bout du show, avec une délectation certaine dans le mauvais goût trash. La projection test du pilote de son émission face à un panel halluciné est aussi un sommet, mais marque les limites de ce film qui les 3/4 du temps se contentera de montrer du cul au détriment de situations plus travaillées. Faiblesse d’autant plus flagrante que l’acteur prend malheureusement son précédent coup d’éclat comme modèle scénaristique. Même voyage aux Etats-Unis pour rencontrer la gloire, même assistant martyrisé, même coup de blues, etc…

Une fois les présentations faites avec le nouvel énergumène, comme toujours brillamment incarné, on est sur des rails, dans une narration un peu trop mécanique qui a du mal à fonctionner. On peut alors prendre le film comme un enchaînement de sketchs, sa courte durée empêchant tout ennui. Brüno reste extrêmement drôle, c’est l’essentiel, et provoque cette même jubilation euphorique et incrédule. Les réactions des spectateurs entre dégoût et hilarité incontrôlée en témoignent.

Effet de surprise et efficacité en moins, l’histoire ne marquera pas autant que sur Borat. Le plus regrettable dans ce nouveau méfait demeure la présence trop encombrante d’un montage multi-angles qui gâche la crédibilité du dispositif. Devant le manque de plans-séquences se pose trop souvent la question du vrai et du faux, altèrant l’impact des gags. Et à vouloir pousser le bouchon encore plus loin, les séquences les plus crédibles sont aussi les plus courtes (voir le voyage express au Moyen-Orient).

Avec Brüno Sacha Baron Cohen tombe un peu dans la formule mais son talent d’interprète et son audace, intactes, parviennent à maintenir le film à un niveau de rire largement au-dessus de la moyenne. 

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Rating: ★★★★★★★☆☆☆ 


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