Harry Potter et le Prince de sang-mêlé

Retour à l’école avec Harry, un rendez-vous annuel habituel qui perd de son attrait pour les non fans, mais qu’on ne saurait bouder face à une concurrence de blockbusters décérébrés. Toujours dans l’espoir de voir avancer l’intrigue d’une successful saga, et aussi pour tenter de comprendre le phénomène encore un peu mystérieux de ce gloubiboulga fantastique, on va voir ce Prince de sang-mêlé en ayant à l’esprit que le même réalisateur avait commis le précédent opus dont on ne se rappelle quasiment rien, sinon l’ennui procuré.
Cet épisode commence bien mieux, Davis Yates semble à la fois retrouver des pantoufles confortables, et s’améliorer dans la mise en images d’un univers désormais archi connu. Depuis le sommet du 3ème chapitre par le surdoué Cuaron on sait que la série navigue en eaux bien troubles, c’est donc fort logiquement que le film enfonce le clou de l’ambiance sombre, limite dépressive, le gris en couleur dominante. Le rythme se fait languissant, et nos ados sont titillés par leurs hormones. Etrange mélange entre noire intrigue sous-jacente, et légèreté des émois amoureux maladroits. Mais le teen movie se prolonge au delà du raisonnable et laisse des miettes à la narration principale, qui ne trouvera jamais souffle et puissance, jusqu’à un climax raté, seul évènement notable du métrage.
Le problème avec ces Harry Potter c’est que les tomes fonctionnent trop indépendamment, en ne faisant pas assez appel aux évènements passés. Quid de l’ordre du Phénix par exemple ? De plus les amourettes sont juste sujet à gags, et sur 2h30 le temps se fait long long long…
Harry Potter se révèle de plus en plus comme une saga bouffant à tous les râteliers où les personnages ne sont que rarement réellement incarnés. On peine à s’attacher à eux quand on ne connaît pas les romans. C’est là que la matière littéraire forcément plus fournie doit jouer un rôle pour colmater les gros vides narratifs et émotionnels des versions cinéma (par exemple, la signification Prince de sang-mêlé nous restera étrangère, à nous pauvres profanes). La fin de ce 6ème film ne se donne même pas la peine de faire le pont vers le 7ème (coupé en deux = encore plus dilué ? au secours), avec juste une réunion neuneu des 3 héros devant une jolie carte postale. Restent quelques plans joliment composés à admirer, si l’on n’a pas fermé l’oeil avant le générique…
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Tags: 2000-2009, David Yates, Harry Potter
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