Lascars

L’été commence bien avec un « film de banlieue » pour une fois hautement réjouissant. Loin de jouer la ghettoisation facile et la private joke de la racaille, ce Lascars a tout de la meilleure came comique, n’oubliant pas que son sujet est un contexte et un prétexte à des situations et des personnages hauts en couleurs. Les deux réalisateurs parviennent à provoquer l’hilarité sans tomber dans la facilité, avec il faut dire une bonne connaissance de leur sujet, mais aussi un entourage de talents indéniables.
Réjouissons-nous, la banlieue sied bien à l’animation (et au pauvre cinéma français).

Lascars est l’adaptation pas forcément évidente d’une série de deux saisons qui se présentait sous la forme de petits modules d’une minute. La bonne nouvelle c’est que le travail d’écriture a été sacrément soigné, pour offrir une vraie intrigue sur 90 minutes, même si celle-ci est portée par les portraits d’un nombre de personnages important. Mais ces protagonistes étant le principe-titre de la série, on aurait tort de reprocher au film son côté chronique des vicissitudes de la cité, d’autant qu’au final tout se tient et que le film ne souffre d’aucune longueur. Il s’expose par contre aux comparaisons entre les personnages et certains en pâtissent légèrement, sans pour autant handicaper le film. Le duo doublé par Omar & Fred n’est pas toujours au top et le producteur de porno aurait pu être un peu moins fade.
Pour le reste, Lascars déroule les péripéties de Tony Merguez, archétype du mec qui se la joue sans en avoir les moyens (donc bien sympathique) et de José Frelate, son potos DJ un peu plus responsable mais pas moins barré. Le film enchaîne à un rythme trépidants les emmerdes et ose les situations les plus graveleuses (tordantes tentatives de drague du caïd Zoran, avec en apothéose la scène de la webcam et son pétage de plomb très… expressif).

L’intrigue est sans grosses surprises, restant dans les sentiers balisés du deal foireux et de la galère entre poste de police (aaah la danse des poulets, grand moment) et gros bras revanchards. Pas grave, tant la galerie de personnages arrive à nous tordre de rire quasiment non stop. Le film réussit à largement dépasser la série sur le fond comme sur la forme. La réalisation est à tomber par terre pour un film dont on devine le budget serré. Le design percute, le mélange 2D/3D dynamise et est presque digne des réussites des japonais du Studio 4C (c’est franchement beau !), et la musique porte le tout vers un sommet de divertissement comique comme on en avait pas vu depuis longtemps dans notre consensuel cinéma.
Même si on ne sent pas forcément concerné par la culture hip hop, on ne peut résister à cette boule d’énergie qui ne marche jamais à la frime, mais plutôt aux délires bien dosés et finalement à la tendresse pour ces bras cassés des cités. Sans morale aucune (ce qui est plutôt rare !), ces Lascars donnent la pêche, et l’espoir qu’un cinéma populaire mais sans concessions peut exister en France.
2501
Rating: 








Tags: 2000-2009, Animation, Diane Kruger, France, Vincent Cassel
16 Commentaires
Commentaires flux RSS
TrackBack Identifier URI
Laisser un commentaire


IMDb's page for this movie