Le Sens de la vie pour 9,99$

Un film d’animation indépendant est si rare qu’à la vue de l’affiche on ne peut que se réjouir et se rappeler les bons moments d’un Festival du Film d’Animation d’Annecy dont si peu d’œuvres, primées ou non, arrivent dans nos salles. L’animation en volume, en dehors de courts produits artisanalement, semblait l’apanage du studio Aardman ou de l’assistanat par ordinateur. C’est donc plutôt confiant que l’on se rend en salles voir Le Sens de la vie pour 9,99$. Et comme pour les bouquins au même genre de titre fumeux, on se fait royalement escroquer.

Déjà, au moment du panneau « Découverte UGC » on aurait pu sortir en courant de la salle, tellement les exploitants deviennent les fossoyeurs de la diversité cinématographique avec leurs sélection « pour toute la famille only ». Mais non, le pas a été franchi, et devant pareille connerie, le grand moment de solitude pointe, on remet en question son existence, on se demande ce que l’on fait là, assis à supporter ces inepties, la vie n’a soudain plus aucun sens. Douloureuse mise en abyme.

Le Sens de la vie pour 9,99$ compte 6 historiettes d’appartements en forme de leçons de vie. Avec un prégénérique plutôt frappant, narrant la rencontre au dénouement tragique entre un homme et un SDF, le film commence de manière intrigante, couverture alléchante comme pouvait déjà l’être l’affiche. Malheureusement le vide de l’entreprise ne fait pas illusion longtemps : dialogues d’une banalité affligeante, rythme lent de mauvais téléfilm, dialogues aux bons mots agaçants de facilité, artisanat mal branlé de l’animation sous couvert d’indépendance, laideur d’un design jamais pensé, le récit est à se flinguer d’apathie cinématographique.

Le Sens de la vie pour 9,99$ est simplement un film de pseudo auteur caché derrière l’apanage du film d’animation. Procédé qui ne sert à rien ici, dans ces dilemmes entre 4 murs, si ce n’est sur 5 minutes sur les 78 que dure le film (et encore, des SFX bricolés auraient pu faire l’affaire).

Niveau Sens de la vie, on en restera aux Monty Python, qui se prennent évidemment moins au sérieux, mais surtout qui même dans la gaudriole, nous offrent de vrais moments de cinéma, et savent utiliser l’animation à bon escient. Cette oeuvrette cheap sans bon sens animé ni réflexion bien pertinente ne vaut même pas le prix de l’entrée. D’un ennui douloureux on ne peut même pas s’en moquer comme des traits grossiers des bouquins qu’elle prétend détourner.

Rating: ★★☆☆☆☆☆☆☆☆ 

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