La Norvège : l’autre pays du slasher

C’est totalement par hasard que je découvre coup sur coup 3 slashers d’un pays pas vraiment reconnu pour ces films de genre (et dont on ne voit d’ailleurs quasiment jamais les films). Un pays bien riche à l’abri de la crise là-haut en Scandinavie, qui aime bien filmer ses montagnes enneigées magnifiques, mais aussi l’hémoglobine. C’est vrai que c’est joli sur du blanc.
Mais bon, à ce rythme-là ils vont finir par massacrer toute la jeune génération, et bientôt adieu les vikings en telemark (snif). Ce serait con, leurs films sont bons.
Le slasher est un genre bien ingrat, l’un de ceux qui trimballe le plus de cadavres insipides derrière une poignée de réussites. Pourtant le jeu de massacre peut être renouvelé de manière assez simple, par exemple en changeant radicalement le lieu des méfaits, sans pour autant renoncer à la typique bande de jeunes à exterminer.
Cold Prey est donc cet improbable slasher scandinave. En effet, ce n’est pas tous les jours que débarque un film norvégien résolument tourné vers l’horreur, sans prétention auteuriste, et surtout sans aucun complexe par rapport à la nation mère du genre. Il suffit de peu de variantes pour satisfaire l’amateur d’hémoglobine, mais surtout il faut y croire et ne pas sentir une ambition purement commerciale dès les premiers plans. Dans le cas présent ceux-ci sont soignés, d’une belle photographie bleutée mettant parfaitement en valeur la froide beauté de la nature où s’aventurent gaiement les jeunes futures victimes, inconscients de la sauce à laquelle ils vont être mangés. Après un grand bol d’air frais ils se retrouvent bloqués dans un vieil hôtel abandonné au coeur de ces montagnes inhospitalières, et les réjouissances peuvent enfin commencer.
Le film a un peu de mal à échafauder des relations entre les personnages, heureusement ces derniers restent attachants et globalement bien interprétés. Le premier meurtre met un peu de temps à arriver mais nous sommes récompensés par une longue agonie en petite culotte – très important pour satisfaire ce public très porté sur l’Eros/Thanatos. D’autant que l’arme du tueur n’est autre qu’un gigantesque… piolet. Parlons-en, de ce boogeyman des cimes. Sorti tout droit d’un vieux film d’alpinisme, il rappelle par sa carrure et son volontarisme muet le Jason des Vendredi 13. Lui aussi possède un passé tourmenté expliqué en deux scènes, mais surtout c’est le grand retour du tueur mécanique et implacable. On échappera ainsi aux sempiternels dialogues d’explication.

Cold Prey bénéficie donc d’un bon décor, d’un impressionnant tueur, mais qu’est-ce qui l’empêche alors d’atteindre les sommets du genre ? Tout simplement car il se repose, même si efficacement, sur les passages obligés du genre, mais surtout se contente trop de hors champ pour les meurtres. Aucun ne sera à la hauteur du premier, et il sera maintes fois frustrant de constater autant de retenue aux moments pourtant clés de ce type de film. Un manque de bons maquilleurs au pays du ski de fond ? Ou simplement une timidité culturelle face à l’hémoglobine ? Toujours est-il que la neige restera bien immaculée. It’s a shame.
Cold Prey n’en demeure pas moins l’un des meilleurs essais européens du genre, et mérite définitivement le coup d’oeil.
Rating: 









Cold Prey 2 commence exactement là où le premier finissait. Le nouveau réalisateur à la barre ne se pose pas 36 questions existentielles et retrouve donc l’efficacité du premier volet, avec une histoire certes basique, mais menée dans les règles de l’art du slasher.
Ce n’est pas trop spoiler que de révéler que le massif tueur au piolet is back pour terroriser une nouvelle bande de scandinaves; hors rescapée du premier, qui fait du coup très Ripley version Aliens. Traumatisée elle passe rapidement pour folle et assiste impuissante à la résurrection du boogeyman montagnard pour l’une des meilleures scènes du film.

Le décor change et c’est à ce niveau que nous sommes perdants par rapport au film original. Un banal hôpital ne permet pas d’instaurer une ambiance marquante ou du moins flippante. Le réalisateur se concentre donc sur le « toujours plus » typique de la séquelle.
Si Cold Prey 2 bénéficie d’une durée plus courte pour aller à l’essentiel, d’un groupe à massacrer plus conséquent, il reste tout de même timoré sur le gore par rapport aux standards actuels, grosse frustration de la série… Malgré tout le rythme soutenu et un final enfin de retour aux sommets permettent de passer un bon moment et d’assurer au film le deuxième flocon du divertissement efficace avec les honneurs.
Rating: 









Décidément, les norvégiens sont fans de slasher. Et se débrouillent plutôt bien avec ce genre verrouillé. Après les deux Cold Prey, voici que débarque un inattendu Dead Snow, qui met en scène le Mal ultimement ultime : des nazis zombies.
Il faudrait sans doute une grande culture de la série Z pour savoir si c’est une première dans l’histoire des méchants de slashers. Toujours est-il que dans une production de cette qualité – à savoir, des bons cadres, des effets spéciaux pas cheap, une photo correcte, etc – on peut affirmer que c’est assez inédit. Et surprenant. Un peu l’effet Des Serpents dans l’avion. « Des nazis zombies dans la neige, chouette concept ! » Et hop, on tourne. Ramenez-vous devant un producteur français avec un tel pitch… Il faudra le séquestrer façon grands patrons pour qu’il vous accorde un centime.

Bon, revenons à nos mout… nazis. Qui prolifèrent apparemment comme des moutons dans les hauts sommets norvégiens. Soit une bande de jeunes partis en vadrouille dans une zone paumée sans réseau téléphonique, la recette classique de la bande à exécuter, plutôt bien menée, surtout si on aime les paysages montagnards, même si la mise en scène n’est pas aussi léchée que sur Cold Prey. Les tentatives du réalisateur pour meubler à grands renforts de batailles de boules de neige sont un peu légères, mais on va dire que ça humanise les personnages. Ce qui n’est pas vraiment utile vu le tournant Braindead que prend le film dans son dernier tiers. Tommy Wirkola abandonne l’idée de faire peur dès qu’il révèle ses nazis au grand jour (au bout de 10 minutes de tentatives de frousse nocturne infructueuses). Mais à partir de ce moment-là, c’est un joli festival d’hémoglobine qui nous attend avec visions insolites d’une armée de nazis courant dans la neige.
Quelques gags efficaces, des situations recyclées du mètre étalon suscité… cependant Dead Snow a un concept tellement barge et fini par être si généreux avec sa bête idée de départ qu’on ne peut qu’en sortir avec le sourire aux lèvres.
Rating: 








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Tags: 2000-2009, Norvège, slasher
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