Dead Set

Dead Set est une mini série de cinq épisodes en provenance de Grand Bretagne et, si elle n’invente pas grand chose en termes d’ambiance et de mise en scène, a au moins le mérite d’apporter quelques très bonnes idées et de ne pas se cacher de ses (excellentes) références.

L’histoire se déroule en Grand Bretagne donc, autour du prime de Big Brother pour l’élimination de l’un des candidats. Problème : à l’extérieur les morts ont la fâcheuse tendance à revenir à la vie ce qui va perturber un peu le cours de l’émission…

Clairement influencé par le cinéma (d’avant) de George Romero et les récentes modernisations du mythe du zombie (28 jours/semaines plus tard), Charlie Brooker propose une série bien nerveuse avec une vision inédite pour un tel format. Sa meilleure idée a clairement été de remplacer le centre commercial de Dawn of the dead ou le complexe militaire de Day of the dead par le studio d’enregistrement du loft story anglais en le reproduisant apparemment très fidèlement et en allant même jusqu’à embaucher la présentatrice réelle du programme et quelques autres guests ou célébrités relatives qu’a pu générer le show de télé réalité.

Avec un tel matériaux de base, une idée à la fois simple et géniale, on imagine tout de suite le rôle parabolique que peuvent prendre les infectés/zombies prenant d’assaut le studio d’enregistrement. La mise en scène emprunte beaucoup aux 28 jours/semaines plus tard ainsi qu’au remake de Dawn of the dead tandis que la puissance évocatrice des lieux renvoie immanquablement aux propos de Romero.

Si Brooker cite d’ailleurs allègrement et peut-être un peu trop le pape du « living dead » (« they’re coming to get you Barbara ! »), il a le mérite de reprendre intelligemment le travail de son aîné en ayant digéré correctement la modernisation du mythe par ses compatriotes et surtout en abordant la bizarrerie audiovisuelle et sociologiquement intéressante qu’est le principe de télé-réalité. Tout est là, les candidats judicieusement castés, l’influence du jeu sur leur comportement et leur psyché, le producteur insupportable, l’avidité, le narcissisme, bref tout ce que vous détestez dans la télé réalité va être réduit en bouillie par une bande de bouffeurs de chair fraîche !

Complètement décomplexée au niveau du gore, la série prend par moment des côtés très malsains à tel point que l’on a du mal à croire que ce soit une production pour la TV. Même si elle passe par des péripéties pas toujours très étonnantes en étant très fidèle aux films dont elle s’inspire, elle transcende cette fidélité avec un côté ultra pessimiste (qui a dit « donc réaliste ?! ») avec une fin sans aucun compromis.

Une très bonne surprise télévisuelle qui on l’espère en restera à ses 5 épisodes et ne tombera pas dans le piège qu’elle dénonce : l’avidité.

Derf

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