Les citronniers

Après la perte de son mari, Salma continue d’entretenir son verger de citronniers, véritable héritage familial, situé sur la ligne verte, frontière entre la Cisjordanie et Israël. Situés de plus à proximité de la propriété du ministre de la défense israélien, les arbres commencent à poser un problème de sécurité nationale.

Eran Riklis, metteur en scène israélien déjà auteur du remarqué la fiancée syrienne revient plus précisément sur un sujet plutôt glissant, à savoir la situation au moyen orient, par le biais d’une histoire fleurant bon la parabole. Comme toujours avec ce sujet, on attend l’auteur au tournant sur l’engagement que prendra le film. Si Riklis se défend d’avoir politisé son oeuvre (en jouant quelque peu sur les mots…), il faudra cependant admettre que le contexte de l’histoire ne peut s’émanciper d’une situation géopolitique inextricable, ce depuis une soixantaine d’années.

Venant d’un cinéaste israélien on pouvait légitimement avoir peur quant à l’objectivité et on comprend assez vite à la vision du film que Riklis souhaite avant tout poser un regard critique sur la politique de son pays d’origine. La peur du patriotisme exacerbé s’efface assez vite à mesure que le film défile sous nos yeux, ce qui est déjà rassurant. Malheureusement, une volonté d’avoir un regard objectif se retrouve vite parasitée par une empathie faussée pour le peuple palestinien et une mise en scène à la symbolique parfois lourdaude (le mur, les arbres, les arbres, le mur, on a bien compris…) quand elle ne tombe pas dans une sorte de guimauve exaspérante.

Le film déçoit en tentant d’éviter le consensuel sans y parvenir. Riklis souligne indéniablement le comportement outrancier de l’administration israélienne, l’endoctrinement de ses soldats, ses relations avec les Etats-Unis et sa paranoïa exacerbée par les tirs de roquettes du Hezbollah mais ne fait aucune allusion au pilonnage du Liban ou de Gaza par Tsahal. Au lieu de cela il se contentera de rendre humain des palestiniens par le biais d’une bluette cousue de fil blanc, pas vraiment crédible et renforcée dans son ratage par quelques effets stylistiques du plus mauvais effet. Non les Palestiniens ne sont pas des monstres, oui un arabe peut devenir le meilleur footballeur du monde (on sent la coproduction française) et l’entreprise consistant à déraciner des citronniers peut facilement symboliser des centaines de civils tombés sous les bombes. Pour couronner le tout on nous ressort le personnage naïf de la femme du ministre qui découvre l’absurdité de la politique de son mari du jour au lendemain.

Restent quand même de bons acteurs (en particulier Hiam Abbass) mais en voulant trop bien faire, Riklis passe légèrement à côté de son sujet et ne parvient donc pas à convaincre réellement…Dommage.

Derf

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8 Commentaires

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Hmmm… Voilà bien un sujet que j’ai définitivement rayé de mes centres d’intérêt historiques (et par conséquent cinématographiques).

Commentaire by 2501 on 1 mars 2009 10:38


vu avec le collège où je travaille…ça a failli être slumdog et finalement et ben….non

Commentaire by derf on 1 mars 2009 16:54


slumdog dans un cadre scolaire, c’était pour te convaincre d’accompagner non ? Wink

ce me fait penser que rue89 a fait un article sur le festival de Rennes qui alliait récemment réalisateurs palestiniens et israéliens, le reflet de la réalité vu par ces deux pôles est très intéressante :

http://www.rue89.com/travelling-89/2009/02/08/a-rennes-cineastes-israeliens-et-palestiniens-dos-a-dos

Commentaire by feilong74 on 1 mars 2009 19:26


Commentaire by derf on 4 mars 2009 19:00


j’aimerais bien savoir comment on fait pour inserer une video qui vient d’ailleurs, que ce soit dans un article ou un commentaire…j’ai essayé plusieurs trucs mais comme d’habitude ça marche pas

Commentaire by derf on 4 mars 2009 19:01


Commentaire by feilong74 on 5 mars 2009 5:26


un grand merci à M. Feilong pour la video….parce que ça va 5 minutes la petite symbolique mièvre à coup de citronniers, voila un morceau écrit en 1985 et malheureusement toujours d’actualité…60 ans d’incohérence ça merite mieux qu’une pov’ parabole…

Commentaire by derf on 5 mars 2009 18:02


…et tant pis si on a le CRIJF au cul…

Commentaire by derf on 5 mars 2009 18:06

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