Burn After Reading

Après une période de comédies peu inspirées, les frères Coen étaient une fois de plus parvenus à nous étonner avec le noirissime No Country For Old Men. Si le film tant célébré à sa sortie n’adaptait pas idéalement le livre de Cormac McCarthy en minorant le rôle du shérif et en escamotant un peu trop son final, il témoignait d’une maîtrise terrassante de la mise en scène et offrait un thriller implacable et marquant. La même année les frangins nous reviennent avec un film plus léger au casting 4 étoiles. Pleins d’espoir après leur récente réussite on se réjouissait d’un retour si rapide. On avait tort.

Burn After Reading se voudrait un pastiche du genre espionnage. Ou une énième variation sur le mode losers et imbéciles heureux au pays du dollar. Ou alors simplement un divertissement alerte et léger prétexte à s’amuser entre acteurs de grande classe façon Ocean’s. Au final on ne sait pas trop ce qu’est vraiment cette nouvelle oeuvre des frères Coen. On se rend juste compte de la vacuité d’un long-métrage qui sent non le « film mineur » (excuse des grands auteurs pour livrer de temps à autres une oeuvre peu impressionnante mais au moins attachante) mais juste le produit bâclé. C’est simple, le résultat ressemble à une pâle copie de leurs précédentes comédies. Sans densité. Sans idées. Sans mise en scène. Sans personnages touchants ni hilarants. On est à vrai dire plutôt désarçonnés devant cet enchaînement de séquences fadasses qui ne mènent nulle part et tentent à peine de jouer de leur absurdité pour générer un niveau de lecture intéressant (à part le chef de la CIA intervenant trop peu pour commenter une action incompréhensible). Les acteurs font leur numéro sans étinceler outre mesure. Si l’on se réjouit de voir Pitt en sportif imbécile ou Clooney accentuer ses tics de jeu jusqu’à la grimace, cela reste des performances pas vraiment au service d’un script minimum, fausse histoire d’espionnage avec McGuffin, qui ne suscite jamais l’intérêt. Tout simplement parce que la mise en scène ne vient jamais combler le vide intersidéral de l’écriture.

No Country était sec mais millimétré et magistralement maîtrisé dans sa moindre parcelle formelle; Burn After Reading est son exact opposé, un traitement téléfilmesque platement exécuté, qui ne transmet rien par le langage cinématographique. Si en plus on rajoute une musique dramatique qui ne colle absolument jamais à l’atmosphère du film, et des génériques bêtement calqués sur les tics d’espionnages les plus éculés avec vues satellites et titrages bipants à la Ennemi d’Etat (seuls éléments visuels que ce sont permis les frangins en post-prod pour emballer le machin à la va-vite façon pastiche explicite) on se retrouve franchement dépités devant un film non seulement raté mais donnant surtout l’impression d’un je-m’en-foutisme assez agaçant de la part de tels cinéastes.
4/10
2501
Tags: 2000-2009, Brad Pitt, Comédie, Ethan Coen, Frances McDormand, George Clooney, Joel Coen, John Malkovich, Polar, USA
10 Commentaires
Commentaires flux RSS
TrackBack Identifier URI
Laisser un commentaire


IMDb's page for this movie