Equilibrium

La route pour l’enfer est pavée de bonnes intentions, tel
pourrait être l’adage qui résumerait le mieux l’impression qui se dégage après
la vision d’equilibrium.
En 2070 les émotions n’existent plus, annihilées par
l’absorption de prozium, une drogue mise au point par les autorités. Preston,
un des cadres du gouvernement casse sa dose du matin et découvre alors le monde
du ressenti, des émotions. Evidemment avec un pitch pareil on pense tout de
suite à 1984. A la vision du film on pense en plus directement à Matrix. Et
c’est là qu’est un petit peu le problème.

Le discours du film est plus qu’honorable et intéressant
avec son parti « ecclésiastique » et son refus d’un ordre établi
visant à faire le parallèle avec la situation actuelle d’endoctrinement des
masses (voire d’endormissement) par le système en place relayé par des medias
plus que filous. La première partie du film fonctionne plutôt bien, Preston
découvre un autre monde, le vrai monde, pas celui qu’on lui impose. La photo du
film participe intelligemment à ce procédé avec ses teintes grises qui se
transforment, se colorent au fur et à mesure de la découverte des émotions.
Ainsi on assiste à quelques scènes réellement poétiques comme celle du
« grattage » de fenêtre. Quelques scènes avec les enfants parviennent
même à rendre le film assez perturbant !
Malheureusement le film pêche par son manque de subtilité et
surtout ses influences bien trop marquées. 1984 évidemment, on y reconnaîtra le
« parti », même si Wimmer a la bonne idée d’y insuffler une
connotation religieuse en plus ainsi qu’un Big Brother à peine déguisé. Bien
entendu beaucoup d’œuvres de science-fiction ont pris ou prendront exemple sur
l’ouvrage d’Orwell et Terry Gilliam en a même fait une adaptation non
officielle avec son Brazil. Mais quand en plus le futur réalisateur
d’Ultraviolet (aie aie !) lorgne honteusement et sans complexe sur Matrix
ça devient carrément gênant.

L’art martial inventé pour l’occasion, une sorte de kung-fu
à base de flingues, est encore une fois une excellente idée sur le papier qui
se transforme vite en une sorte de successions de postures (et jusqu’au dernier
plan) qui renvoient souvent à Bioman et coupent donc tout le charisme qui
faisait le charme des hommes, eux aussi adeptes du manteau long en cuir, de
Matrix.
Si l’on ajoute quelques travers scénaristiques que l’on
devine bien avant l’heure, on obtient donc un film qui, sur une excellente idée
de départ, ne pourra s’imposer comme un standard de la science-fiction, un film
tout juste sympathique qui mâche un peu le travail du spectateur ou le bon
côtoie sans arrêt le mauvais.
Derf
Tags: 2000-2009, Christian Bale, Dominic Purcell, Kurt Wimmer, Science Fiction, Sean Bean, USA
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