Ultraviolet

Equilibrium avait fait illusion à sa sortie, assez carré et efficace pour qu’on lui pardonne la lourde influence matrixienne, se présentant comme une petite réussite de la série B d’anticipation, portée il faut le dire par la carrure de Christian Bale.
Kurt Wimmer nous revient avec cet Ultraviolet et le résultat est cette fois pour le moins… extrême.
A nouveau du totalitarisme, à nouveau une super-héroïne, à nouveau l’univers futuriste froid et aseptisé, on peut pas dire que le monsieur se renouvelle. Mais à l’inverse de l’ultra fade Aeon Flux avec lequel il entretient pas mal de points communs, Ultraviolet redéfinit le nanar de SF, façon pub l’Oréal dopée aux hormones numériques bon marché.

Dès les premières minutes et sa voix off ridicule indigne des séries de notre enfance (« je vis dans un monde que vous ne pourriez pas comprendre », ah oui merci, on avait remarqué, déjà visuellement c’est… dites madame, ça va être comme ça tout le film ?). Un premier degré à mourir de rire qui promet pour la suite. Le spectateur est donc d’abord interloqué par cette esthétique PSOne première année, et la photo aux couleurs baveuses N64, avant de se rendre compte de l’avant-gardisme de la chose. Plusieurs paliers viennent d’être franchis dans le nanar sans avertissement préalable. Et ça calme.

Voilà ce que Matrix (et une surdose de publicités) peut engendrer. Un film sur une super pétasse cyber-vampiro-top-modelo-pas contente, forcément traumatisée et trop forte en guns et kung-fu (du coup elle mélange), qui change de tenues et de couleurs de cheveux selon son environnement (trop super kiffant!) qui va se battre pour… bref, le principal est résumé tant on se contrefout de l’histoire qui essaie vainement de prendre forme devant nos yeux ébahis (ou torturés, selon le degré de lecture).
Ultraviolet et ses poursuites en moto virtuelle aux SFX pas finis est sans doute le film d’action préféré de Paris Hilton (ça devrait être inscrit sur la jaquette). La miss Jovovitch n’a jamais été aussi à l’aise (malgré les 2 minutes d’intrigue hommage – hum… – à Gloria) avec pour compléter le casting le gosse tête à claques d’Hollywood, celui de la Peur au ventre (on nous gâte).

Niveau mise en scène, notre cinéaste de l’extrême ne manque pas d’ambition : un prix Uwe Boll pour la séquence « l’héroïne évite les balles pendant que la caméra fait des zooms dans des lunettes, au coucher du soleil ».
Mais peut-être que cet Ultraviolet est un film de SF ayant pour cible uniquement les tops models et la population féminine les admirant ?
En attendant de répondre à cette question essentielle, profitons du spectacle généreusement offert, car le pauvre Wimmer n’est pas près de nous pondre une suite. Mélange de sérieux wachowskiesque et d’une ambition visuelle qui va dans le mur à chaque seconde, cet Ultraviolet est un nanar que l’on n’attendait pas, et le plaisir pris à sa vision mérite amplement un 9/10.
Trop d’la balle.
9/10
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Tags: 2000-2009, Cameron Bright, Kurt Wimmer, Milla Jovovich, Nanar, Nick Chinlund, Science Fiction, USA
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