Dorothy

 

Dorothy est un curieux film hybride, croisant de nombreux ingrédients qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Et comme souvent c’est cette audace qui paie, et remonte l’intérêt, surtout lorsqu’il s’agit de films de genre établis sur des bases très solides et contraignantes. L’ennui vient plutôt ici d’un dosage très mal ajusté, qui finit par plomber le film pourtant bien parti pour intriguer voire passionner.

La réalisatrice française Agnès Merlet a du goût. Elle choisit la séductrice hollandaise du dernier Verhoeven, et va filmer sur les belles terres d’Irlande. Elle a de plus un talent indéniable lorsqu’il s’agit d’installer une ambiance, par une belle photographie, une mise en scène envoûtante et une juste utilisation de la musique.

 

L’histoire est calquée sur celle de The Wicker Man, avec son protagoniste citadin mettant les pieds sur une île où vit une communauté repliée sur elle-même et ses croyances religieuses. Bien sûr notre héroïne psychiatre possède son traumatisme qui sera croisé avec les symptômes du cas qu’elle vient étudier.

A mi-chemin entre l’Exorciste et l’atmosphère lourdement religieuse d’un Breaking the waves, Dorothy avance cependant à pas trop feutrés. Si bien que le film, après nous avoir rapidement séduit, ennuie avec un trop long surplace, avant une conclusion semblant du coup très précipitée.

 

Flirtant entre le film d’auteur psychologique et le fantastique pur et dur, ce sont les collisions entre ces deux mondes qui procurent les moments les plus savoureux. En ce qui concerne une narration cherchant in extremis les explications dans le passé, les allers-retours avec le présent se montrent peu convaincants. On se raccroche alors aux branches de l’interprétation qui se sort de situations impossibles, en premier lieu la jeune Jenn Murray, et aux beaux yeux d’une Carice van Houten un peu trop perdue.

6,5/10

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