Wanted

Wanted est l’improbable rejeton de Matrix et Fight Club, version blockbuster pour adolescents. Si l’influence Fincher est la moins maîtrisée, avec cette voix off interpellant le spectateur peu convaincante, la légèreté et l’humour sauve le film d’un trop-plein d’arrogance faussement politiquement incorrect. Son fond MTV fuck you attitude à la noix passe rapidement au second plan. Sur le plan formel par contre, avec ses affrontements défiant la gravité, Wanted est bien plus performant.

Responsable dans son pays natal d’un diptyque Nighwatch/Daywatch paraît-il bien indigeste mais remarqué, le russe Timur Betmambetov tente d’injecter une énergie nouvelle dans une histoire d’élu, d’initiation et de congrégation de tueurs tout ce qu’il y a de plus cliché (et un peu débile). Dans l’univers de films d’action influencés par le jeu vidéo, où le héros joue désormais sur son environnement au point de dépasser tout réalisme, le réalisateur survolté s’amuse comme un petit fou, et c’est avant tout cet enthousiasme que l’on sent au détour de chaque séquence qui donne tout son sel au film. Allié au fait qu’il croit malgré tout en son histoire, avec la juste distance pour provoquer un humour efficace.

Dès qu’il s’agit d’action il ose beaucoup, souvent à la limite du ridicule mais la moisson de bonnes idées est suffisamment conséquente pour effacer les petits accrocs d’épate qui tombent à l’eau (l’équilibre était inverse dans le nawak Shoot ’em up). Les gunfights se montre tout à fait convaincants, n’hésitant pas à afficher l’hémoglobine nécessaire, et les acteurs ont eux aussi l’air de prendre leur pied à incarner ces figures héroïques surhumaines. La nouvelle gueule James McAvoy a un registre suffisamment large même s’il n’a rien d’un action man ordinaire, et Angelina Jolie, malgré une fâcheuse silhouette d’anorexique, explose de charisme toutes les scènes où elle apparaît (apparemment elle voulait pas le gaspiller pour Lara Croft).

Si Wanted pète un petit peu plus haut que son cul de gentil film estival dans un épilogue à la morale vaseuse, cela n’enlève en rien une capacité à captiver l’audience grâce à une invention visuelle à peine parasitée par-ci par-là par ses excès, dans un montage hystérique pour une scène de poursuite un peu ratée par exemple. Timur Betmambetov ne sera sans doute jamais un auteur comme les entertainers plus novateurs qui l’influencent, mais il est au moins un fin technicien qui sait livrer un produit foutraque et généreux. Avec un peu plus de maturité, il arrivera peut-être à jouer l’épate autrement qu’avec les jouets des autres.
6,5/10
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Tags: 2000-2009, Angelina Jolie, James McAvoy, Morgan Freeman, Science Fiction, Timur Bekmambetov, USA
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