Le Premier jour du reste de ta vie

Le Premier jour du reste de ta vie est à l’image de son titre : ça sent la bonne formule, mais c’est trop ampoulé et ça ne sonne pas assez juste pour être mémorable. L’honnêteté, la sincérité et toute la bonne volonté du réalisateur Rémi Bezançon, auteur d’un sympathique Ma Vie en l’air, sont prégnantes. Trop. Le pari de la fresque familiale, sujet ambitieux et casse-gueule au possible sur deux petites heures, est loin d’être relevé.

Tout est trop voyant dans Le Premier jour du reste de ta vie. Même la fausse modestie. On choisit une structure en ellipse sur un événement marquant de la vie de chaque membre de la famille, mais tout est joué dans un mode mineur. Et quand ce dernier vient se coltiner la crise d’ado avec tous ses clichés façon concentré, c’est la foire aux « mots justes », à l’identification quasi-forcée, avant même de caractériser correctement les personnages. On reste trop dans l’universel, ces personnages n’ont rien de particulier, Bezançon saute les étapes et les trempent excessivement dans l’archétype. Fleur n’existe pas. C’est l’ado grunge qui la bouffe. Dans tout ce que ça peut avoir de plus énervant dans les raccourcis de film (inter)générationnel. Jusqu’à sentir la mauvaise pub pour assurance vie. Impression renforcée par cette mise en scène étudiée mais d’un goût parfois douteux (ah ce « plan Shining » résumant la première fois… c’est subtil). Au moins l’intention formelle est-elle présente. Néanmoins, là aussi, difficile de trouver un équilibre : les seconds rôles et la figuration sont quasiment absents, la bande originale et les films super 8 sont martelés, les yeux dans le guidon, et pleure public, devant ces modestes gens, c’est nous, c’est vous, tu vas chialer oui ! Limite prise d’otage, mais en douceur.
Alors oui, les Duval nous ressemblent parfois. Heureusement, c’est tellement le but. Mais les Duval nous agacent. Parce qu’ils sont trop figés dans l’universel, ils ont la gueule de ces maisons témoins, où la reconstitution sent le faux à plein nez.
4/10
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Tags: 2000-2009, France, Jacques Gamblin, Rémi Bezançon
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