Goal !

Pour tout fan de football, ce film est l’une des aberrations les plus énormes qu’il sera donné de voir. Sous-titré en français, naissance d’un prodige, on se demande bien de quel prodige il s’agit.
Le récit commence par une famille mexicaine qui quitte son pays natal pour entrer illégalement aux Etats-Unis. Des années passent, et le jeune garçon, Santiago Munez, se trouve être un surdoué du football qui joue dans une petite équipe d’amateur dans la banlieue de Los Angeles. Il va être remarqué par une ancienne gloire des Magpies, Newcastle United, célèbre club anglais.
On passera facilement sur tous les clichés qui innervent le film, du père qui se plie en quatre pour nourrir sa famille, »subtil » discours sur la condition des immigrés mexicains, sur la grand-mère qui se sacrifie financièrement pour l’aider à accomplir son rêve, sur l’acceptation finale du père qui a compris que son propre destin n’est pas celui de son fils, sur les difficultés de l’apprentissage de Santiago dans le monde rude de l’Angleterre, sur la star du football, hautaine au premier abord, puis en quête de rédemption, sur les parties dévergondées des célébrités, sur les amours naissants pour aller au cœur du problème : la représentation du football.

Jena-Luc Godard lui-même, qui sait pourtant manier une caméra, disait qu’il était dur de filmer un match de football. Danny Cannon, réalisateur de films pitoyables, n’a pas réussi à rendre compte du football. Il a, tout simplement, oublier que ce qui est essentiel dans le football, c’est l’espace. Le film n’en rend pas compte car ne proposant aucun plan pour prendre note de la tactique, du glissement des intervalles, de l’aspect collectif du sport. Goal ,n’est, finalement qu’une ode à l’individualisme. De plus, Santiago, ou plutôt l’acteur, est nul, et donc pas du tout crédible. Il ne fait que regarder son ballon, a une course d’élan d’une souplesse de rhinocéros et une frappe de balle aussi puissante qu’un bébé de trois ans. Où le prodige ? Surement pas sur le terrain. Ou en fait, si, il est sur le terrain mais de manière tout-à-fait impromptu : il tente des gestes que même Maradona, Zidane et Pelé réunis n’auraient pas tentés. Enfin, quid de la présence des corps, de leurs articulations dans cet espace ? Danny Cannon ose quelques plans mais ils sont autant mis en valeur que de vulgaires plans de coupe.
Mais, plus que cette représentation du sport, le film se révèle, finalement, être d’un vide intersidéral sur la forme. On passe ainsi de couleurs chaudes et sursaturés de jaune pour les épisodes californiens à des couleurs froides et sursaturés de bleu pour les moments anglais. Il en est de même pour la musique : de la musique latino à la pop anglaise. Pour l’originalité, on repassera……
Enfin, quelques considérations sur l’état actuel du football. Le fait qu’il aille à Newcaste United, en Angleterre, la patrie du football, n’est pas scandaleux. Les Magpies sont l’un des clubs les plus populaires du monde. Le problème est que le film n’est pas au point sur le football mexicain. Très peu de footballeurs mexicains viennent jouer en Europe car au Mexique, les clubs sont très puissants et populaires, le championnat est très relevé et leur équipe nationale est constituée majoritairement que de joueurs évoluant dans leur championnat local. Le film passe du coup pour européaniste, sorte de colonialisme à l’envers où ce sont les personnes des pays du Sud qui viennent au Nord pour renflouer les caisses des clubs.
Au final, Goal ! est juste une bonne bouse à la gloire d’un sport qui ne mérite pas de tels saccages. Platini, sors-nous de là !!!
Tags: 2000-2009, Danny Cannon, USA
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